octobre 25, 2021

Frères de Guerre

Titre Original : Going Back

De : Sidney J. Furie

Avec Casper Van Dien, Jaimz Woolvett, Bobby Hosea, Joseph Griffin

Année: 2001

Pays: Canada

Genre: Guerre

Résumé:

Un groupe de marines retourne au Vietnam avec de nouvelles recrues pour affronter leurs souvenirs tragiques de guerre.

Avis :

Dans le domaine du septième art, et plus particulièrement du film de guerre, l’évocation de la guerre du Vietnam rappelle immanquablement Apocalypse Now, Full Metal Jacket ou encore Platoon. Trois références intemporelles qui n’ont de cesse d’inspirer les plus grands réalisateurs, mais également les plus opportunistes. Le sujet a aussi bien donné lieu à des incursions notables qu’à des productions beaucoup trop modestes pour faire la différence. Avec la carrière fluctuante qu’on lui connaît (l’homme est responsable de Superman 4), Sidney J. Furie alterne entre les projets pour le cinéma, la télévision et les DTV. Avec Frères de guerre, il propose une vision tardive qui sent bon le réchauffé.

Dès les premières images, il est difficile de ne pas faire le rapprochement avec le film d’Oliver Stone, le côté anthologique en moins. Bien que l’on soit immédiatement plongé au cœur de l’action, les batailles s’enchaînent sans trop démontrer de cohérence. On se retrouve au cœur de la guerre avec pour seul repère le contexte délétère que l’on connaît du conflit. Rapidement, on se rend compte que la structure ne donne pas lieu à une énième redite au fin fond de la jungle ou le long des rizières. La trame principale prend place plus de deux décennies après la fin de la guerre. On accompagne alors des vétérans dans ce qui s’annonce comme une sorte de pèlerinage.

Le procédé à user de flashbacks pour faire progresser l’histoire n’est pas nouveau et permet même de construire l’intrigue sur deux niveaux temporels différents. Dans une certaine mesure, la méthode avait déjà été employée dans Outrages. Or, ici, il n’est pas question d’un crime de guerre ni du viol et de l’assassinat d’une jeune vietnamienne, comme le dépeignait le métrage de Brian de Palma. On se retrouve avec une escouade qui respire le mal-être et dont le stress post-traumatique leur fait connaître des hauts et des bas. Pour autant, ce ne sont pas les horreurs de la guerre qui en sont responsables. Enfin, pas dans des proportions qu’on a déjà pu observer chez d’autres metteurs en scène.

Le prétexte est donc de revivre les événements du passé sous couvert d’un pseudo-documentaire qui se veut réaliste. En l’occurrence, l’appréciation tient plus du voyeurisme, car elle capte les errances et les déboires de leurs protagonistes. Hormis le capitaine Ramsey interprété par Casper Van Dien, les autres intervenants sont beaucoup trop effacés pour partager leur détresse. Entre les rancœurs, les remords, l’absence de perspectives d’avenir et l’apitoiement sur soi-même, on nous sert une palette d’émotions dégoulinantes de pathos sans y apporter un véritable fond. Par ailleurs, les causes de leur désarroi relèvent plus de l’incompétence et de la mécompréhension que d’un fait choquant.

Quant aux flashbacks, ils entrecoupent l’histoire pour tenter de dynamiser l’ensemble. Cela fonctionne sans panache, car les batailles restent assez surfaites. Hormis des cris et de rares blessures apparentes, on se contente de tirer à tout-va sans trop savoir où les balles finissent. Il y a bien une ou deux séquences intéressantes, comme l’inspection de la jungle après le bombardement d’un B-52 où les jeux de contraste et de couleurs confèrent un côté crépusculaire à la scène. Pour autant, cela reste trop peu et trop furtif pour faire la différence. De même, on regrette cette diabolisation constante de l’ennemi à qui l’on offre tout juste un visage humain. En revanche, la condescendance des soldats américains à leur égard répond présente à l’appel.

Au final, Frères de guerre accuse près de quinze années de retard. Sorte de sous-Platoon sans identité, le film de Sidney J. Furie se veut beaucoup moins subtil, notamment dans ses élans patriotiques et sa complaisance à l’égard des civils « ennemis ». La tonalité dramatique manque de profondeur, tandis que les batailles s’apparentent à un recyclage bâclé de ce qui a été réalisé auparavant. Une violence édulcorée, un enchaînement des actions à la traîne et peu vraisemblable… De même, le documentaire censé être le point de mire du scénario n’est qu’un prétexte que l’on oublie bien vite. Sans être un ratage total, on a surtout droit à une impression de déjà-vu persistante où la trame se veut très simpliste dans sa manière de présenter des personnages torturés sous couvert de l’absurdité d’un tel conflit.

Note : 09/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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