octobre 21, 2021

Cameron Black – L’Illusionniste Saison 1

D’Après une Idée de : Chris Fedak

Avec Jack Cutmore-Scott, Ilfenesh Hadera, Lenora Crichlow, Justin Chon

Pays: Etats-Unis

Nombre d’Episodes: 13

Genre: Policier

Résumé:

Cameron Black est le plus grand illusionniste au monde. Du moins, c’est ainsi que les gens le considéraient, avant que son plus grand secret ne soit exposé et que sa carrière soit détruite. Pire encore, Cameron a de bonnes raisons de croire que ce n’était pas un accident. Il met donc ses compétences sur la tromperie et l’illusion au service du FBI, pour lequel il devient consultant, afin d’aider les fédéraux à attraper les criminels les plus insaisissables.

Avis :

La magie est généralement au centre de séries où le fantastique et la fantasy sont prétextes à exploiter des pouvoirs innés ou acquis. C’était le cas avec Once upon a time, Legend of the Seeker ou, plus récemment, The Magicians. Il est néanmoins plus rare que la pratique de la prestidigitation donne lieu à des histoires à part entière. On peut évoquer de nombreux biopics sur la vie d’Houdini ou encore Le prestige de Christopher Nolan. Pour l’intégration de la magie dans un cadre « réaliste » et inventif, il faut se tourner vers Insaisissables dont la subtilité du scénario mêlait les compétences de magiciens à un objectif spécifique au cœur de l’intrigue.

Bien que l’on se trouve de l’autre côté de la loi, Cameron Black – L’illusionniste semble user du même principe pour étayer son concept. À savoir, employer la magie en la sortant du contexte d’un spectacle. Toutefois, la scène et l’effet de surprise occupent une importance particulière pour l’ensemble des affaires. En l’occurrence, la présente série vise à résoudre des enquêtes menées par le FBI dont les faits défient l’entendement. Disparition d’un avion au sol, vol d’un vitrail au nez et à la barbe de tous, escamotage d’une œuvre d’art dans un musée ultra-sécurisé… La grande particularité de chaque histoire tient autant au modus operandi des criminels qu’à la singulière manière de démonter l’écheveau de leur plan.

La construction des épisodes fonctionne comme un véritable tour de magie où l’on détourne l’attention du spectateur par quelques subterfuges. Par la suite, la progression des investigations permet de découvrir l’envers du décor en démystifiant les procédés mis en œuvre. Tout est question de perception et d’interprétation pour flouer le public. D’ailleurs, les premiers épisodes commencent par un tour de magie relativement classique, exception faite du pilote où le spectateur est directement convié à participer. Une initiative audacieuse et suffisamment bien menée pour amuser et interloquer sur la façon dont le lien est réalisé entre les deux côtés de l’écran.

D’impasses en faux-semblants, la majeure partie des affaires criminelles jouent même un rôle dans le développement du fil rouge. À la manière d’un puzzle, les pièces se mettent en place pour dessiner un plan suffisamment nébuleux pour entretenir le suspense. Il est vrai que l’on n’échappe pas à quelques scories, voire même à des digressions où les derniers épisodes de la saison s’éloignent quelque peu du concept initial pour se focaliser sur des enquêtes plus classiques. Pour autant, la complexité sous-jacente des enjeux et des motivations a le mérite d’apporter une touche plus personnelle qu’une simple jalousie professionnelle.

Si quelques débuts d’explications sont donnés pour ouvrir l’histoire à d’autres pistes narratives, celles-ci ne seront malheureusement jamais exploitées. L’arrêt brutal de la série laisse l’intrigue inachevée et, comble de la frustration, délaisse dans son sillage un dénouement qui suscite plus d’interrogations qu’escompté. Un choix de production regrettable dont l’idée de base et le personnage décalé de Cameron Black aurait pu s’imposer comme le successeur de The Mentalist. Les occurrences entre les deux séries ne se limitent pas seulement à un protagoniste ambivalent passablement excentrique, mais à des techniques de manipulation ingénieuses et intelligentes pour parvenir à ses fins.

Au final, Cameron Black – L’illusionniste est une série policière qui avait (presque) tout pour plaire et se démarquer d’une masse trop conventionnelle et assez frileuse outre-Atlantique. Force est de constater que la production ne lui aura pas laissé le temps d’exprimer tout son potentiel avant d’y mettre un terme avec un dédain clairement affiché envers les spectateurs. On retiendra néanmoins des enquêtes dynamiques et suffisamment adroites pour se laisser prendre à quelques tours de passe-passe grandeur nature. Illusions et manipulations jouent ici un rôle fondamental pour piéger les coupables et fournir des résolutions assez jouissives, ne serait-ce que sur le détournement de certaines compétences propres aux magiciens. « Tel est pris celui qui croyait prendre » pourrait en être le leitmotiv.

Note : 15/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=ZjCu-Q-BZtI[/youtube]

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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