décembre 2, 2020

The Bacchus Lady

Titre Original : Jug-Yeo-Ju-Neun Yeo-Ja

De : E J-Yong

Avec Yuh-Jung Youn, Chon Moo-Song, Yoon Kye-Sang, An A-Zu

Année: 2018

Pays: Corée du Sud

Genre: Drame

Résumé:

So-young, est une dame âgée qui, faute d’une retraite suffisante, doit arrondir ses fins de mois en devenant une “Bacchus Lady”, terme élégant pour désigner une prostituée. Ses clients se font rares. Ses habitués prennent de l’âge, comme elle, et sont confrontés à d’autres problèmes liés à la sénescence (cancer, maladie d’Alzheimer, sentiment de profonde solitude…). Ses conditions de travail devenues difficiles, mais aussi sa rencontre avec une vielle amie, et l’irruption inattendue d’un petit garçon dans sa vie – un Philippin dont la mère effectue un court séjour en maison d’arrêt – vont l’obliger à réfléchir à son avenir et à certaines options professionnelles qui s’offrent à elle.

Avis:

Réalisateur coréen d’une cinquantaine d’années, E J-yong est assez peu connu par chez nous, alors même que le réalisateur vient de fêter ses vingt ans de carrière cette année. Vingt années d’une carrière bercée dans le drame, genre de prédilection du cinéaste qui aujourd’hui, avec « The Bacchus Lady« , présente son neuvième film.

J’aime le cinéma coréen dans tous ses styles et chacun des films qui arrivent jusque dans nos salles de cinéma est pour moi un petit événement en soi que j’essaie de m’empresser d’aller voir. « The Bacchus Lady » n’a donc pas échappé à cette règle, d’autant plus que le sujet m’intéressait beaucoup.

Mais tous les films coréens, et plus généralement les films, ne peuvent pas faire mouche et c’est malheureusement le cas de ce premier film que je découvre de E J-yong. Et si le réalisateur nous offre au départ un très beau portrait de femme, tout comme il offre un joli portrait de vie (si je puis dire), très vite son intrigue « lourde à encaisser » fait sombrer ce film dans le mortifère.

So-young est une vieille femme que la vie n’a pas beaucoup gâtée. So-young est aujourd’hui à la retraite, mais n’arrivant pas à boucler les fins de mois, So-young n’a trouvé d’autre moyen que de se prostituer. Un jour, par un concours de circonstances, la vieille femme se retrouve à devoir s’occuper d’un enfant dont la mère est en prison…

Comme je le disais plus haut, « The Bacchus Lady » est une déception, et je dirais même que c’est une amère déception, car si le film a de jolis points pour lui, notamment ses cinquante premières minutes qui sont un petit bouleversement, très vite ce constat retombe et l’intrigue finit par partir ailleurs, là où l’on n’avait pas envie, et le film en deviendra ennuyant et terriblement mortifère.

Alors avant de s’arrêter sur les côtés désagréables de  » The Bacchus Lady« , comme je suis un éternel optimiste, j’ai envie de vous parler des bons côtés, car le film est loin d’être mauvais.

La première chose intéressante dans « The Bacchus Lady« , c’est la façon dont son réalisateur parle de la Corée et des personnes âgées à travers son personnage principal. « The Bacchus Lady » soulève plein de problèmes comme la vieillesse, l’autonomie, le regard de la société et des générations plus jeunes sur ces personnes-là. « The Bacchus Lady » parlera aussi de la fin de vie, de la peur qu’elle peut évoquer, tout comme un certain espoir pour d’autres. Le réalisateur osera même aller vers des sujets plutôt tabous comme la sexualité des personnes âgées. Autant de sujets qui sont beaux et intéressants. Des sujets qui seront pour la plupart traités avec bienveillance, respect et humilité.

Bref, on aurait adoré que le film de E J-young continue dans cette lancée-là, surtout qu’en prime, il est interprété par une actrice remarquable, Yuh-jung Youn. Mais voilà, après une première partie sublime, l’intrigue change de cap et s’enlise dans quelque chose de terriblement mortifère. Oubliant son sujet principal, E J-young nous entraîne dans un film où les suicides se succèdent les uns à la suite des autres, nous présentant des personnages parfois très mal amenés. En fait, l’intrigue nous demande d’être touchée par des personnages qu’on ne connaît pas et l’on a bien du mal à y croire. On reste là, impuissant et ennuyé devant ces vies qui s’en vont sans que l’on s’y attache vraiment.

De plus, alors que la mise en scène est belle, quand E J-young arrive sur ces scènes-là, il a tendance à les étirer jusqu’au bout d’elles-mêmes, si bien que le temps finit par être long, très long et c’est tellement dommage, car le réalisateur casse en très peu de temps tout ce qu’il avait fait de bon auparavant. Et même s’il se rattrapera avec une triste mais jolie conclusion, l’ennui est plus qu’installer et rien n’y fera.

« The Bacchus Lady » est donc une déception, d’autant plus forte que le film avait beaucoup d’ingrédients pour être excellent et qu’il avait très bien commencé. Après, comme je le disais, « The Bacchus Lady » est loin d’être mauvais, il détient une belle ambiance, de bons sujets, notamment quand il aborde la prostitution de cette femme ou encore l’image des vieilles personnages dans une Corée moderne qui évolue et des acteurs incroyables. Je ne peux donc conseiller ou déconseiller « The Bacchus Lady« , et le mieux sera de se faire son propre avis.

Note : 10/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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