décembre 1, 2021

Strawberry Fields – Link

Auteur: Link

Editeur: TheBookEdition.com

Genre: Romance, Steampunk

Résumé:

En Talégalle, pays de la Terre des Brumes, malgré la menace de conflit avec l’empire voisin, une partie de la population prospère grâce au commerce des soieries.
Mais la pauvreté fait également rage : gangs de voyous dominent dans les grandes villes tandis qu’en campagne les orphelinats sont surpeuplés.
Le destin d’Axelle, Quentin et Kimberley, trois orphelins du foyer de Saint-Jéthel sera intimement lié aux soubresauts de l’histoire taléganne.

Avis:

Ce roman est très inégal. Chaque partie n’est pas aussi prenante et intéressante que d’autre. Le début est pourtant enchanteur : on est plongés dans un univers nouveau et riche, style steampunk, où la religion est importante et où les inégalités riche-pauvre sont éprouvées. L’auteure nous décrit quelques technologies, notamment celles utilisées par des pays ennemis, et ces machines sont effrayantes et violentes en combat. Le reste de la civilisation semble vivre plutôt dans un monde médiéval. Cette dualité, ce côté steampunk, est agréable à lire et est encore trop rare dans la littérature de l’imaginaire.

Strawberry Fields est une histoire d’amour qui n’a pas d’autre enjeu que le bonheur des deux protagonistes et dont les à-côtés restent peu intéressants. Le rythme est lent et l’on s’ennuie plutôt facilement car l’on s’attache peu aux personnages principaux. La narration est souvent trop descriptive et pas assez centrée sur les émotions et les sentiments des héros, ce qui leur donne beaucoup moins de profondeur. Le lecteur est observateur et ne ressent pas toujours la détresse éprouvée par les amoureux. Sur la fin de l’histoire, les retrouvailles des deux jeunes gens sont tout de même touchantes et on partage avec eux leur douleur face aux pertes qu’ils subissent. Il est dommage que ce sentiment ne perdure pas tout au long du récit et qu’il ne finisse par apparaître que sur les dernières pages.

L’auteure donne trop de détails sur le paysage, les machines, les vêtements et cela casse souvent le rythme de l’histoire. Certaines explications sont clairement intéressantes, notamment celles qui nous décrivent certains métiers d’antan, par exemple. Seulement, cela est mal dosé. Souvent, les actions et dialogues ne nous sont pas montrés directement et sont racontés à la voix passive, ce qui donne moins de vivacité aux passages contés. Certaines parties sont bien plus soumises à ce fait que d’autres. Les dialogues entre Axelle et Quentin, les deux amants, sont pourtant magnifiques. On y voit tout l’amour qu’ils portent l’un pour l’autre et le lecteur se sent touché par tout ce qu’ils dégagent. Leurs jeux sur les mots sont adorables et leur sont propre. Il est dommage que ces sensations ne soient pas ressenties également en-dehors des dialogues.

Certains personnages secondaires les accompagnent jusqu’à la fin. Le lecteur suit ainsi d’autres histoires de vie qui ne le touchent pas vraiment, notamment celle de Kimberley, une étrange jeune femme perturbée qui nous reste trop lointaine étant donné tous ses soucis mentaux. On ne parvient pas vraiment à s’attacher à elle et on ne la comprend pas. D’ailleurs, les autres personnages ne cherchent pas à la comprendre non plus et préfèrent canaliser ses émotions pour l’apaiser, plutôt que de chercher une solution pour la soigner.

Quentin subit de lourdes épreuves, entre la vie dans un gang et la vie de soldat, alors qu’Axelle est plus tranquille, même si ce qu’elle ressent est douloureux, loin de son âme sœur, et que l’éducation qu’elle reçoit n’est pas du tout ce dont elle espérait. Malgré la dureté de la vie de Quentin, on ne s’inquiète pas pour lui, tant on est certains qu’il finira par retrouver celle qu’il aime. Le suspense est quasi inexistant. Axelle a vécu une enfance plus triste et plus dure, et le lecteur la plaint. Cette jeune femme que l’on voit grandir a une belle âme mais on n’en apprend pas tellement sur elle et c’est vraiment dommage tant elle recèle de traits intéressants, comme celui qui lui fait rejeter sa condition féminine. Quentin écrit bien et est un vrai poète. C’est un jeune homme plein de ressources et d’idées qui sait se sortir de situations inextricables. Les deux jeunes gens auraient mérité de plus amples descriptions de leurs caractères pour que l’on s’y attache davantage, surtout vis-à-vis de leurs émotions pour que l’on s’identifie à eux.

L’intrigue principale, l’histoire d’amour, n’est quasiment jamais délogée de son piédestal. Quelques sous-intrigues ont fait leur apparition mais, juste après avoir commencées, ne sont pas continuées, notamment l’histoire autour de Sœur Emmanuelle et son envie de ne pas vivre seulement pour la religion. Ces à-côtés auraient donné une force supplémentaire à l’intrigue qui s’avère finalement sans saveur et sans intensité. Une scène qui aurait pu être étonnante nous est totalement cachée, telle la bataille dans le noir entre Arya et la gamine abandonnée dans Games of Thrones (saison 6), ce qui est clairement frustrant. Ce face à face entre Axelle et son ennemie jurée, celle dont elle parle souvent et dont elle a peur, était un moment attendu par le lecteur et quand il arrive il est totalement gâché, car non développé.

A la fin de chaque chapitre, l’auteure a joint des dessins, des articles, des lettres, et autres supports de l’histoire qui sont parfois utiles et parfois non. De plus, certaines lettres ne sont pas faciles à lire à cause de la police choisie. Ces ajouts sont intéressants et vraiment bien imaginés. Il est dommage qu’ils ne servent pas toujours le récit. L’écriture est belle et poétique et l’auteure a fait des recherches importantes sur l’utilisation de l’argot. Certains personnages le parlent exclusivement et de nombreuses annotations nous permettent de les comprendre. Le maniement de l’argot est brillant, non vulgaire et parvient même à nous enchanter.

Strawbery Fields manque de profondeur et d’intrigues supplémentaires pour donner davantage d’enjeu à cette histoire d’amour. Certains passages de fin sont inutilement tristes et on ne comprend pas en quoi ils sont réellement utiles à l’histoire. Axelle et Quentin auraient mérité davantage de développement pour que le lecteur se les approprie plus. On est face à une histoire de vie, pas commune certes, mais qui n’étonne pas vraiment et qui lasse quelque peu. L’univers est riche et apparaît plus complexe que ce qui est montré. Le lecteur ne parvient pas toujours à s’intéresser aux conflits politiques, étant donné qu’ils n’impactent pas vraiment l’histoire d’amour, et n’amènent aucun suspense. Ce roman plaira aux lecteurs dont les histoires de vie fascinent mais ne comblera pas les attentes des liseurs déjà bien coutumiers de ce genre d’histoire et qui en attendent bien plus encore.

Note : 10/20

Par Lildrille

Lildrille

Passionnée d’imaginaire et d’évasion depuis longtemps, écrire et lire sont mes activités favorites. Dans un monde souvent sombre, m'évader et fournir du rêve sont mes objectifs. Suivez-moi en tant qu'auteure ici : https://www.facebook.com/ChloeGarciaAuteure. Et en tant que chroniqueuse aussi là : https://simplement.pro/u/Lildrille.

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