mai 16, 2021

Downsizing – Un Problème de Taille

De : Alexander Payne

Avec Matt Damon, Kristen Wiig, Christoph Waltz, Hong Chau

Année : 2018

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie

Résumé :

Pour lutter contre la surpopulation, des scientifiques mettent au point un processus permettant de réduire les humains à une taille d’environ 12 cm : le « downsizing ». Chacun réalise que réduire sa taille est surtout une bonne occasion d’augmenter de façon considérable son niveau de vie. Cette promesse d’un avenir meilleur décide Paul Safranek  et sa femme à abandonner le stress de leur quotidien à Omaha (Nebraska), pour se lancer dans une aventure qui changera leur vie pour toujours.

Avis :

Alexander Payne, auteur adulé derrière The Descendants et Nebraska, revient cette fois avec une comédie dramatique, sur fond de science-fiction. Porté par Matt Damon, Kristen Wiig et Christoph Waltz, Dowsizing offre un postulat de départ passionnant qui manque cependant de développement.

12cm pour un sujet finalement classique

Alexander Payne avait trouvé la bonne idée : un film de science-fiction dans lequel les êtres humains se font réduire à une taille de 12cm pour lutter contre le réchauffement climatique. A cette taille, la consommation est réduite, les déchets également. Avec ce postulat de départ, le potentiel du film est intéressant, et le cinéaste le met à profit dans sa première partie. La transformation est simple et efficace, une danse épurée en blouse blanche qui verra la réduction des personnages. Mais une fois Matt Damon haut de ses 12cm, le film perd de sa saveur. Alexander Payne ne laisse aucun moment d’adaptation à son personnage, donc au spectateur, qui ne parvient pas totalement à discerner les différences de ce petit monde. Le cinéaste ne joue pas assez sur les rapports de taille et sur la confrontation des deux mondes. Pourtant, lorsqu’il s’engouffre là-dedans, cela est forcément drôle ou impressionnant (la rose, les confrontations entre petits et grands, l’explosion, etc…). Les effets visuels sont délaissés au profit de l’histoire, pas franchement innovante. Ainsi le Downsizing devient un prétexte, un simple contexte de l’histoire, mais n’apporte fondamentalement rien de plus à l’intrigue. Pour autant c’est un parti-pris choisi par le cinéaste qui se sert de cette idée de science-fiction non pas comme base du film, mais comme outil pour raconter son histoire.

Des parallèles en tout genre pour une histoire intime

Grâce au Downsizing, Alexander Payne s’amuse à créer des parallèles en tout genre. Matt Damon interprète un personnage classique, un homme normal, un petit peu pathétique comme dirait Dusan (Christoph Waltz). Paul Safranek est un conquistador maladroit en manque d’assurance à la découverte d’un nouveau monde. Ce protagoniste n’aura de cesse d’aller plus loin dans cette histoire, de monter les échelons pour découvrir toujours plus, jusqu’à peut-être la finalité de l’humanité elle-même. Le rapport de taille est également une manière de montrer la perte de repères du personnage. Paul Safranek perd sa femme, son boulot, sa condition, parce qu’il décide de se faire rétrécir. Ce processus est symbolique de sa chute personnelle et professionnelle au sein de la société.

Une société critiquée dans Downsizing. Alexander Payne n’oublie pas de montrer que le changement de taille ne règle pas les inégalités. Même à 12cm du sol, les gens ne sont pas logés à la même enseigne, certains vivent dans la pauvreté, dans des HLM à l’extérieur de la ville. A 12cm ou à 1m80 sur sol, c’est la même merde : c’est en gros le sujet principal d’Alexander Payne. Le cinéaste incorpore à tout ça une histoire d’amour métisse relativement classique qui permet au personnage de répondre à ses questionnements personnels qui résonnent avec les grandes questions de l’humanité face à la fin du monde. Mais finalement, pour un cinéaste qui sait d’habitude si bien gérer les émotions humaines, Downsizing manque de souffle, surtout avec ce postulat de départ. L’idée de rapetisser le monde à 12cm n’est pas totalement exploitée et sert de faire valoir à une histoire classique. Le problème ne vient pas de ce parti pris très louable d’utiliser un contexte particulier pour parler de notre société, mais du sujet lui-même, trop classique. Une romance paresseuse, une présentation de la société calquée sur la société normale, et un message écologique relativement naïf. Downsizing manque paradoxalement d’originalité pour totalement convaincre.

Une comédie dramatico-romantique sobre, qui préfère le rapport humain et les questionnements personnels, plutôt que les effets spéciaux et la fin du monde. Downsizing est au moins un film qui a une âme.

Note : 14/20

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Par Aubin

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