décembre 4, 2021

Le Crime de l’Orient-Express – Agatha Christie

Auteur : Agatha Christie

Editeur : Livre de Poche

Genre : Policier

Résumé :

Alors qu’il rentre de mission et compte s’arrêter quelques jours à Istanbul, Hercule Poirot est rappelé d’urgence à Londres. On est en hiver et à cette époque de l’année, l’Orient Express roule habituellement quasiment à vide. Pourtant, sans l’aide du directeur de la compagnie, Hercule Poirot n’aurait pas trouvé de place à bord, comme si tous les voyageurs s’étaient donné rendez-vous dans ce train ! Dès la première nuit, un homme est assassiné. Le train est immobilisé par la neige qui empêche l’assassin de s’enfuir. Dans les wagons isolés du reste du monde, Hercule Poirot, au sommet de son art, mène l’enquête. Et ce ne sont pas les pistes qui manquent!

Avis :

L’avantage avec certains auteurs et romans, c’est que l’on sait immédiatement où on met les pieds (ou les yeux, en l’occurrence). Pas en termes de prévisibilité, mais de qualité. L’aura de certaines œuvres suffit à illustrer tout un pan de la culture littéraire. Dans le cas présent, le genre policier et toute la richesse qu’il a à offrir à ses lecteurs. Parmi les histoires les plus célèbres de la reine du polar, Le crime de l’Orient-Express reste sans aucun doute l’une des plus marquantes et des plus remarquables qui soient. Et ce n’est pas tant le cadre du mythique train que la subtilité de l’intrigue qui, encore aujourd’hui, bluffe par une parfaite maîtrise de tous les éléments factuels et narratifs qui composent le récit.

Il est vrai qu’Agatha Christie connaissait déjà le succès au moment de la sortie du présent ouvrage (1934). D’ailleurs, Hercule Poirot en est ici à sa neuvième enquête. Toujours est-il que les bases sont disposées rapidement, non sans quelques idées sous-jacentes derrière la tête. À la manière des wagons qui se mettent en branlent les uns après les autres, la progression trouve sans difficulté son rythme de croisière. Comme d’autres romans de la romancière, l’enjeu étant de démasquer le coupable et de découvrir le mobile, si possible avant le petit enquêteur belge. Un jeu cérébral qui n’est pas sans rappeler une démarche similaire quand on parcourt les histoires d’Arthur Conan Doyle.

Et pour cela, la trame peut paraître relativement redondante aux yeux de certains. En effet, il s’agit d’une succession de rencontres avec les différents occupants de la voiture de l’Athènes-Paris. Moins formel et rigoriste qu’on pourrait le croire sur les codes stylistiques du genre, on dispose de peu de descriptions (hormis physiques) et d’une omniprésence des dialogues. Fort heureusement, ceux-ci sont toujours pertinents et font montre d’une grande subtilité pour dépeindre le caractère de chacun par le simple choix des mots et expressions employées. De plus, on découvre constamment un point de vue différent pour illustrer la nuit du crime.

On peut ainsi tenter de démêler le vrai du faux tout en replaçant le rôle de chacun au moment de l’assassinat. De menus détails en révélations, les hypothèses se font et se défont au gré de nouveaux faits qui, en apparence, peuvent paraître incohérents par rapport aux précédents. Bien entendu, il n’en est rien. Le suspense emprunte de bien curieux détours pour maintenir notre attention, et ce, malgré une structure (trois parties et très peu de chapitres) volontairement dense. La tension monte donc crescendo au fil des reconstitutions (pratiques ou cérébrales) de notre trio d’enquêteurs et des échanges avec les suspects.

Sans en dévoiler la teneur et encore moins de quelconques indices susceptibles d’y aboutir, le dénouement est proprement stupéfiant. Même en étant versé dans le policier ou le thriller, bien malin est celui qui est capable de trouver la finalité de l’intrigue à la première lecture. Si la surprise s’atténue un peu à la redécouverte de l’ouvrage, elle n’en reste pas moins plaisante. Cela permet aussi de distinguer de nouveaux éléments pour parvenir à cette conclusion. Certainement l’une des plus originales et des plus audacieuses qui puissent exister dans le domaine.

Au final, Le crime de l’Orient-Express demeure un grand classique de la littérature policière qui ne prend pas une ride. En plus du contexte et de la présence d’Hercule Poirot, le livre est un modèle de suspense et de maîtrise. Essaimant ses indices sans trop en faire ou sans trop brouiller les pistes, le récit et les faits se découvrent progressivement. Il en ressort un moment de lecture court et néanmoins incontournable pour ceux et celles qui apprécient les intrigues bien ficelées. Une véritable référence en la matière qui éclipse quelques errances sur la forme. Ce qui prouve aussi qu’une (très) bonne histoire se suffit à elle-même, sans autre artifice que la qualité de ses protagonistes, ses tenants et ses aboutissants.

Note : 19/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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