mai 11, 2021

Tremors

De : Ron Underwood

Avec Kevin Bacon, Fred Ward, Finn Carter, Michael Gross

Année: 1990

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur, Comédie

Résumé :

La petite communauté quelque peu marginale de la ville de Perfection est soudain menacée par un monstre sorti de terre, espèce de ver géant doté d’une force phénoménale, de multiples tentacules et capable de se mouvoir à grande vitesse…

Avis :

La comédie horrifique est un genre très compliqué à manipuler, car il faut trouver un bon équilibre entre l’humour et les passages qui doivent susciter de la peur. Bien des films s’y sont essayés avec désarroi et on tombe bien souvent dans une surenchère de blagues potaches, faisant passer le film pour un vulgaire pastiche et non pas pour une comédie qui doit faire peur. Les vraies réussites se comptent sur les doigts d’une main et on les doit à des réalisateurs de talent, tels que Le Bal des Vampires de Polanski ou encore Shaun of the Dead d’Edgar Wright. Si on prend en exemple ces deux films, on se rend compte que si l’humour est présent, il y a tout de même des passages qui font peur, ou qui créent de la crainte, au milieu de situations loufoques servant à dédramatiser le propos. A ces deux films réussis, on peut rajouter Tremors, un film que l’on qualifiera d’animalier, avec une pointe d’humour relativement sympathique et un duo d’acteurs qui fonctionne à merveille.

Pour la petite histoire, Tremors se passe dans la toute petite ville de Perfection, perdue au milieu de nulle part. Deux ouvriers qui en ont marre de leur condition décident de partir rejoindre la ville pour trouver une vie meilleure. Le problème, c’est que la région est sujette aux séismes et que des relevés sont assez inquiétants. C’est alors que la petite ville se fait attaquer par des créatures géantes se déplaçant sous le sol et se repérant aux vibrations. Les deux ouvriers vont alors tout faire pour sauver cette petite bourgade. Jusque-là, le pitch est assez classique, mais il faut le remettre dans son époque, c’est-à-dire au tout début des années 90. Une année permissive, où les comédies horrifiques ont pullulé durant les années 80 sans jamais vraiment marquer le spectateur. Tremors va faire mentir tout cela en proposant un spectacle à la fois drôle et attachant. Ron Underwood va trouver un parfait équilibre entre l’humour et les moments plus stressants afin de livrer un métrage de grande qualité qui marche toujours plus de trente ans plus tard.

La première chose qui frappe quand on regarde ce film, c’est la présentation de deux personnages pour lesquels on va ressentir une profonde empathie. La raison est tout simple, les deux gars sont des protagonistes simples, bons et serviables malgré leur côté un peu branleur. Ils n’ont pas une once de méchanceté et on sent rapidement que ces deux gars sont gentils, la vie ne leur ayant pas fait de cadeaux. Sur ce constat assez simple, le réalisateur va tisser des liens avec les douze autres habitants de la ville. On aura donc le couple féru d’armes à feu, la mère célibataire avec sa jeune fille, l’adolescent débile, le vendeur faisant tout pour gagner de l’argent, une jeune étudiante en géologie et quelques personnages jetables qui se feront rapidement dévorer. Avec cette palette, le cinéaste met en avant une petite ville autosuffisante, dont le rythme de vie est simple et sent l’entraide. En fait, toute cette atmosphère plutôt joyeuse va permettre de se sentir proche des habitants et de craindre pour eux.

L’humour est très vite mis en avant dans ce métrage. Le duo Kevin Bacon/Fred Ward fonctionne à merveille car il y a une relation très complice, presque père/fils qui se dégage. Kevin Bacon est le plus insouciant et le plus intelligent des deux, alors que Fred Ward est plus le papa protecteur, qui ne sait pas grand-chose en culture générale mais qui possède un grand cœur. Certains passages entre eux seront très bon enfant, comme lorsque le tuyau d’évacuation leur pète à la gueule, et les comiques de situation seront bien trouvés, n’en faisant jamais trop, mais juste assez pour maintenir un rythme intéressant. L’humour sera aussi présent dans les réactions des personnages, comme le vendeur qui voit l’arrivée des vers comme une chance de se faire de l’argent en proposant des photos avec le cadavre. Le moment est plutôt amusant, mais il est surtout mis en arrière, permettant de lire deux niveaux de lecture, un plus grave pour trouver des solutions contre ces créatures, et un autre plus léger où certains personnages s’en foutent royalement. Le plus amusant, c’est qu’en général, ceux qui ont un mauvais fond ne durent pas vraiment longtemps dans ce métrage.

D’un autre côté, les passages effrayants sont aussi assez efficaces. Les attaques des vers sont plutôt bien amenées, avec quelques plans sympathiques, comme lorsque la terre se retourne, montrant la vitesse des bestioles. On sera aussi agréablement surpris par le design des créatures, dont ces langues en forme de serpent qui sortent d’une gueule béante. L’allure des monstres est bien trouvé et appuie le côté mystérieux, voire préhistorique, de ces vers des sables. Le seul petit point noir que l’on peut trouver là-dedans, c’est l’animation des monstres qui reste un peu bancal, même si l’absence d’effets numériques est un plus non négligeable. On regrettera aussi le manque de gore, mais d’un autre côté, Tremors est un film presque familial, où les séquences d’action se transforment en séquence de bravoure et d’entraide et à quelque part, le métrage peut presque se voir comme un divertissement familial. Bien évidemment, certaines morts sont plutôt virulentes, mais c’est surtout du côté des vers, notamment sur la fin, lorsque le dernier se jette dans le vide et s’écrase au sol.

Au final, Tremors a beau avoir plus de trente ans, il reste un film d’excellente qualité, trouvant le bon équilibre entre humour et horreur. Si cette dernière est relativement édulcorée, elle reste bien prégnante avec la présence de monstres hideux et rampants. L’humour quant à lui fonctionne à merveille, notamment grâce à Kevin Bacon et Fred Ward, mais ce qui frappe le plus dans ce film, c’est cette notion d’entraide qui passe au-dessus de tout, et c’est peut-être la seul fois où l’on peut voir un film d’horreur avec des personnages profondément bons. Bref, Tremors premier du nom est un vraiment un film à voir.

Note : 16/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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