décembre 4, 2021

Le Club Vesuvius – Mark Gatiss

Auteur : Mark Gatiss

Editeur : Bragelonne

Genre : Steampunk

Résumé :

Une immersion étourdissante dans le monde fascinant de la haute société edwardienne – et de ses bas-fonds. Plongez dans cette aventure de Lucifer Box, portraitiste de talent, dandy, bel esprit, mauvais garçon… et le plus irrésistible des agents secrets de Sa Majesté. Où il découvre qui s’amuse à assassiner les meilleurs scientifiques du royaume – tout en déterminant la façon la plus seyante de porter un oeillet blanc à sa boutonnière.

Avis :

Proche de l’uchronie, le steampunk est un genre pour le moins particulier et original qui n’hésite pas à triturer les fils d’une époque pour y apporter un peu (ou beaucoup) de fantaisie. Celle-ci s’accompagne généralement par une bonne dose d’humour, des péripéties emportées et des personnages hauts en couleur. Sous l’angle de la légèreté et du divertissement, ils sont également l’occasion de découvrir des plumes talentueuses. Avant d’être écrivain, Mark Gatiss est connu pour son travail sur de nombreux scénario pour le grand et le petit écran. En plus d’être le créateur de la série Sherlock, il donne la réplique à Benedict Cumberbatch et Martin Freeman dans la peau de Mycroft Holmes.

Il aura fallu plus de dix années pour que ce premier tome des aventures de Lucifer Box traverse la Manche et nous daigne d’une sortie française. D’emblée, on remarque un style simple et sans fioriture qui ne s’attarde que très peu sur le travail littéraire. L’idée n’est pas d’effectuer une laborieuse et redondante description d’un Londres alternatif, mais d’emporter le lecteur dans un univers baroque, librement inspiré de l’époque victorienne. En cela, les repères temporels demeurent flous. Tout juste peut-on deviner certaines allusions au début du XXe siècle grâce aux anecdotes bien placées du personnage principal.

Celui-ci s’apparente à une sorte d’alter ego d’Oscar Wilde. Individu aux mœurs décadentes, il se prend rarement au sérieux et reste ouvert à tous les plaisirs de la vie. De la bonne compagnie (femmes ou hommes) à la consommation de drogues et d’alcool, on serait tenté de l’assimiler à une version bienséante d’un Dorian Gray au service secret de Sa Majesté. Pour autant son allant et sa sincérité parfois déconcertante en font un personnage à part entière auquel on s’attache rapidement. D’ailleurs, la plupart des allusions humoristiques proviennent de Lucifer Box. Jeux de mots, situations cocasses et patronymes de ses pairs aussi invraisemblables que farfelus… Crétacé Nonhomme reste une première !

Le fait qu’il endosse la double casquette de dandy et d’espion accentue les contrastes de son caractère. Le résumer à un James Bond victorien est réducteur. Néanmoins, son comportement et la manière d’appréhender des événements stressants le rapprochent grandement de son homologue fictif. En ce sens, l’histoire demeure relativement courte (à peine 300 pages) et dynamique pour adopter une progression fluide et sans heurt. De la capitale britannique aux rues napolitaines, le changement de cadre permet de varier l’action, même si l’on souhaitait davantage d’éléments qui tiennent de la fantasy, du fantastique ou, en l’occurrence, du steampunk.

Sur ce point, il est vrai que l’intrigue se révèle avare. Il faut patienter jusqu’à la dernière ligne droite pour espérer y trouver son compte. Pour le reste, on suit une enquête composée d’énigmes et de mystères en tout genre. Disparitions, morts inexpliquées et société secrète viennent ponctuer l’esprit de débauche général et les frasques de Lucifer. Pour peu, il serait enclin à faire passer le plaisir avant sa mission ! Toujours est-il que la résolution du problème demeure assez facile et attendue, surtout pour les lecteurs familiers des récits d’espionnage. Néanmoins, l’ensemble s’avère agréable à suivre, ne serait-ce que pour l’ambiance délurée et l’énergie débordante qui s’en dégage.

En dépit d’une histoire et d’un style simpliste, Le club Vesuvius est un premier tome sympathique qui plaira davantage aux adeptes de l’époque victorienne et de l’espionnage. Malheureusement, le steampunk reste en retrait et ne s’impose que sporadiquement au fil des pages. Il n’en demeure pas moins un livre facile à parcourir et fluide. L’atmosphère fleure bon la décadence et un raffinement « so British ». En considérant l’interprétation de son auteur dans la peau de Mycroft, on comprend mieux le côté décalé d’un univers fantasque, un rien insolite. Souvent léger, parfois drôle, ce premier opus est une distraction évidente qui, comme son protagoniste, se prend rarement au sérieux. À savourer de préférence avec un Earl Grey de caractère !

Note : 14/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.