décembre 7, 2021

Kushiel T.03 – L’Avatar – Jacqueline Carey

Auteur : Jacqueline Carey

Editeur : Bragelonne/Milady

Genre : Fantasy

Résumé :

La marque de Kushiel dans l’oeil de Phèdre nó Delaunay fait d’elle une élue, et lui vaut d’éprouver à jamais le plaisir dans la souffrance. Sur son chemin semé de dangers, elle peut compter sur le moine guerrier Joscelin. Bien que la nature de Phèdre soit une source perpétuelle de tourments pour eux deux, Joscelin lui demeure indéfectiblement fidèle. Jamais il n a trahi son serment : protéger et servir.Mais le destin lui réserve une ultime épreuve. En effet, Phèdre n’a jamais oublié Hyacinthe, son ami d’enfance et, depuis dix ans, elle cherche en vain la clé qui le libérerait de son asservissement éternel. Car Hyacinthe a conclu un pacte avec les dieux pour se sacrifier à la place de son amie et sauver sa patrie. Aussi Phèdre saisit-elle la dernière chance qui lui est donnée de le sauver.Cette quête la conduira au bout du monde, par-delà des royaumes où règne la folie, à la merci de seigneurs de guerre déments et cruels, et face à un pouvoir si immense et terrifiant que personne n’ose en prononcer le nom…

Avis :

Le troisième livre de Kushiel est le dernier de la trilogie et est celui qui contient le plus d’actions et péripéties ! On y retrouve les mêmes personnages que l’on apprécie et on assiste à une réelle évolution de ces derniers, ce tome se déroulant dix ans après les évènements s’étant produits à la fin du tome deux. Le couple formé par Phèdre et Joscelin, désormais son consort, est toujours aussi prenant et magique. Joscelin s’est fait aux traits particuliers de son aimée et l’accepte telle qu’elle est, c’est-à-dire une anguissette, ressentant du plaisir dans la douleur. Ces dix dernières années ont été un véritable havre de paix pour les amoureux, jusqu’à ce qu’un rêve prémonitoire réveille Phèdre en sueur une nuit…

Depuis le tome deux, Phèdre cherche à sauver son meilleur ami Tsingano, Hyacinthe, devenu nouveau Maître du Détroit à la fin du tome un. Pour cela, la jeune femme pense que le nom du Dieu unique, un nom disparu de la surface de la Terre depuis une éternité, l’aidera à vaincre la malédiction qui emprisonne Hyacinthe. Ses recherches n’ont pas abouti dans le second tome et ont été vite surpassées par la recherche de Melisande Shahrizai, l’ennemie de la couronne. Dans ce tome, contrairement au précédent, la recherche du nom du Dieu unique est une intrigue à part entière, qui s’ajoute à une autre intrigue totalement différente mais qui s’avérera finalement complexement liée. Melisande demande en effet à Phèdre de rechercher son fils, Imriel, disparu depuis peu. Même si secourir et céder à la requête de son ennemie lui coûte, la jeune femme pense au possible malheur enduré par le jeune garçon et accepte de partir à sa recherche, après que Melisande lui eût en plus promis de lui fournir de l’aide dans sa quête du nom caché.

On suit alors Phèdre dans ses voyages incroyables à l’autre bout du monde. Ce tome nous mène dans des pays non encore explorés tels que le Drujan, et plein d’autres lieux marqués par l’Histoire, les croyances divines et la mythologie. L’auteure suit la même logique dans ce tome que les autres : nous faire voyager, nous faire découvrir de nouveaux recoins du monde associés à notre propre culture et à nos propres connaissances. Elle réécrit certains passages de l’Histoire, se les approprie et les réinterprète pour les intégrer dans ses intrigues et son monde imaginaire. Certains termes sont d’ailleurs remployés sans aucune transformation, comme les noms des divinités égyptiennes ou le titre de pharaon.

Outre ces voyages, Phèdre enquête, manipule et trouve les réponses à ses questions. On se plaît à suivre ses raisonnements et on se pose les mêmes questions qu’elle. Ses plans ne sont jamais décrits aux lecteurs et attendent le dernier moment pour nous apparaître. Ils nous étonnent parfois ou nous choquent profondément, tout dépendant de notre éducation et de notre ouverture d’esprit. Ce roman, encore plus que les autres, nous bouleverse profondément et nous fait réfléchir, tant par ses conclusions que par les idées qu’il véhicule.

Comme les deux autres tomes, ce roman inclut des scènes sadomasochistes mais celles de ce dernier tome sont bien plus terribles et douloureuses. Phèdre ne sera jamais allée aussi loin dans ses retranchements, aussi loin dans ses idées noires ni aussi loin dans ses penchants les plus sombres. Pendant un an, elle devra endurer un esclavage effroyable pour une cause qui la marquera à vie. Ce passage, au milieu du livre, n’est pas facile à lire même si l’auteure ne donne toujours que peu de détails des ébats de la jeune femme. Pourtant, l’imagination fait le reste et peut révulser certains lecteurs. La souffrance de Joscelin sera aussi terrible que celle de Phèdre et leur couple va en prendre un coup. « Aime comme tu l’entends »* n’a jamais autant signifié quelque chose que dans ce livre.

A l’opposé, ce roman contient les deux plus belles scènes érotiques de la trilogie, deux scènes d’un amour passionné qui signifient beaucoup. Les descriptions sont ici plus poussées et permettent de faire monter chez le lecteur, une excitation, une passion et un amour non feints. L’auteure sait nous faire chavirer et nous faire oublier les passages désagréables du livre, pour notre plus grand plaisir.

Les deux intrigues se voient résolues avec brio et finesse, nous faisant également nous attacher à Imriel, qui est d’ailleurs le personnage principal de la seconde trilogie de l’auteure.

L’amour est le maître mot de ce roman et est présent à chaque instant. L’amour peut prendre bien des formes et bien des aspects mais reste toujours un sentiment noble qui peut nous transfigurer, nous faire faire les pires choses pour l’autre ou nous élever.

Une vraie fin en apothéose, belle pour les protagonistes, émouvante pour les lecteurs et qui donne envie de lire les aventures d’Imriel. L’auteure écrit très bien, ne nous embêtant pas trop avec des descriptions longues et sans intérêt, nous donnant à lire des dialogues utiles et captivant et faisant marcher notre imagination à plein régime. Plus de mille pages de plaisirs, frustrations, angoisses, émotions fortes, qui vont en étourdir plus d’un.

Jacqueline Carey a écrit ici une épopée fantastique et historique, à ne pas mettre en toutes les mains étant donné certaines scènes mais aussi à cause de la quantité d’informations et de personnages qu’il faut retenir. La lecture demande une certaine concentration qui fait que le lecteur a la sensation intense de vivre intimement ces aventures, de vivre avec ces personnages et de les voir de ses yeux.

« Aime comme tu l’entends » : une belle leçon d’humanité.

* Précepte d’Elua le Béni, religion de Terre d’Ange, d’où sont originaires nos deux héros.

Note : 20/20

Par Lildrille

Lildrille

Passionnée d’imaginaire et d’évasion depuis longtemps, écrire et lire sont mes activités favorites. Dans un monde souvent sombre, m'évader et fournir du rêve sont mes objectifs. Suivez-moi en tant qu'auteure ici : https://www.facebook.com/ChloeGarciaAuteure. Et en tant que chroniqueuse aussi là : https://simplement.pro/u/Lildrille.

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