novembre 30, 2021

Bon Jovi – This House is not for Sale

Avis :

Il est toujours délicat de chroniquer un album d’une star mondialement connu et qui possède presque un statut d’icône du rock. Car même si depuis quelques temps Bon Jovi s’est très largement calmé sur les compositions (c’est qu’il commence à se faire vieux tout de même), il reste l’un des rockeurs les plus aimés dans son pays et ce n’est pas son engagement politique auprès d’Hillary Clinton qui va prouver le contraire. Lié depuis toujours à Richie Sambora, le chanteur à la voix si reconnaissable a tout réussi même si dernièrement, il avait paru en baisse de régime, avec des sonorités plus pop et notamment un précédent album un poil décevant. This House is not for Sale marque un tournant dans la carrière du chanteur puisque c’est le premier sans Richie Sambora et cela va grandement se ressentir dans les compositions et dans la teneur même de l’album. Car même si le skeud fait preuve d’une générosité sans faille (dix-sept titres tout de même), il ne restera pas dans les annales, la faute à une répétition de riffs et à des ballades qui se ressemblent toutes.

Pourtant, tout commençait bien avec ce nouvel album, car la chanson éponyme qui sert d’ouverture est plutôt intéressante et très dynamique. This House is not for Sale fait très rock et déborde d’énergie, donnant même un petit solo en milieu de titre. La mélodie rentre bien en tête et on peut dire que le contrat est rempli avec ce morceau. On retrouvera d’ailleurs des fulgurances rock dans ce skeud, à l’image de Knockout qui sera même relativement hard dans la compo. Le seul défaut que l’on peut entendre avec ce titre, c’est la redondance entre couplet à l’instrumentalisation facile et refrain entrainant et dynamique, malgré une certaine facilité rythmique qui pourrait faire penser à un morceau électro dans sa façon de se structurer. Un défaut que l’on retrouve aussi dans Born Again Tomorrow, mais dont les paroles se révèlent assez sympathiques et le refrain se retrouve être très entêtant. Parmi les titres un peu plus rock, on retrouve aussi le gentillet The Devil’s in the Temple ou encore We Don’t Run, un morceau relativement mercantile mais qui fonctionne parfaitement, étant rythmé et assez nerveux pour pleinement convaincre. Malgré tout, on ne peut s’empêcher de voir dans tous ces titres axés rock une certaine redondance non pas dans les compositions, mais surtout dans les riffs et les mélodies. Les structures sont toutes les mêmes avec des couplets posés et des refrains qui sont plus dynamiques et assez simples en matière d’instrumentalisation. Alors certes, Bon Jovi n’est pas réputé pour être un technicien de folie, mais tout cela manque d’originalité.

En plus de cela, il faut compter sur des titres bien plus pop que rock, à l’image de Living With the Ghost qui est d’un ennui flagrant et qui ne détient aucun moment fort ou encore avec Come on up to our House qui démarre au piano mais qui se révèle rapidement un titre folk pop pompé sur d’autres morceaux à tendance irlandaise. Et c’est là le plus gros défaut de cet album, de ne jamais proposer quelque chose de nouveau, de toujours rester dans une zone de confort qui ne laisse pas le champ libre à Bon Jovi pour réellement exploser et proposer autre chose. Même les ballades semblent usées jusqu’à la corde. Il suffit d’écouter le lénifiant Labor of Love pour s’en rendre compte. On nous cale une ambiance feutrée, quelques bouts de grattes vainement sensuels et une voix qui se veut doucereuse, mais l’ensemble demeure presque ringard. D’autant plus que les trois quarts des ballades sont du même acabit, notamment Real Love ou encore I Will Drive You Home. Des titres qui se veulent mignons, jolis, mais qui ne détiennent aucune force sensuelle et qui se contente de faire le minimum syndical. Alors certes, on ne peut pas dire que l’album soit mauvais, car ce n’est clairement pas le cas, mais malgré la voix reconnaissable de Bon Jovi, il manque une identité à ce skeud, une envie de vraiment faire bouger les choses. Là, Bon Jovi reste dans ce qu’il sait faire et on sent qu’il tourne en rond.

Au final, This House is not for Sale est un album en demi-teinte. Si certains morceaux demeurent fortement sympathiques, la majorité de l’album se contente du minimum et on ne peut qu’être déçu face à la générosité flagrante du chanteur. Faire dix-sept titres, c’est bien, encore faut-il qu’il y ait un peu d’originalité, car se taper plusieurs fois la même chose, c’est un peu frustrant et on sait que l’artiste est capable de faire beaucoup mieux. Bref, un album inégal, pas déplaisant, mais loin d’être convaincant.

  1. This House is not for Sale
  2. Living With the Ghost
  3. Knockout
  4. Labor of Love
  5. Born Again Tomorrow
  6. Roller Coaster
  7. New Year’s Day
  8. The Devil’s in the Temple
  9. Scars on This Guitar
  10. God Bless This Mess
  11. Reunion
  12. Come on up to Our House
  13. Real Love
  14. All Hail the King
  15. We Don’t Run
  16. I Will Drive you Home
  17. Goodnight New York

Note: 11/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=_Ri2KEiXlNk[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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