juin 23, 2021

Woodkid – The Golden Age

The+Golden+Age+Woodkid+++2013

Avis :

Il faut savoir que Woodkid n’est pas un vrai nom. Personne n’en aurait douté, mais le chanteur se cache derrière ce pseudo qui siérait mieux à Pinocchio est un français qui répond au nom de Yoann Lemoine (rien à voir avec Eddy Mitchell !) et qui est lyonnais d’origine.  Ce n’est pas en tant que chanteur que le monsieur se fait d’abord connaître. En effet, il est d’abord réalisateur de clip, notamment pour Lana Del Ray (Born to Die), Katy Perry (Teenage Dream) ou encore Taylor Swift (Back to December). Ce n’est qu’en décembre 2011 que sort le premier EP du monsieur au CV bien remplit, puisqu’il a travaillé pour Sofia Coppola sur son Marie-Antoinette, a bossé avec Luc Besson sur le jeu vidéo Arthur et les Minimoys, avec notamment la chanson Iron, qui sera reprise dans le jeu Assassin’s Creed Revelations et dans un défilé de mode de Dior en 2013. C’est donc avec une certaine impatience que beaucoup de fans attendaient cet album, mélangeant la pop indépendante avec quelques passages électro et un nouveau type de pop, la pop baroque. Ayant fait énormément de pub et étant connu pour un travail graphique très beau sur ses clips, un album complet de Woodkid vaut-il le coup ? Allons jeter une oreille sur cette bizarrerie.

Quand on se fait remarquer par une chanson et surtout pour un clip sublime, il faut savoir assurer derrière avec un album intéressant et fidèle à l’univers pour que les fans adhèrent. C’est ce que fait Woodkid, dès la pochette de l’album, assez énigmatique, mais dans les tons gris, comme le sont ses clips. Mais si la jaquette laisse présager un mélange de Hip-Hop et d’électro, il n’en est absolument rien. S’engageant dans la branche de la pop indépendante, Woodkid livre un album doux, enivrant, mais parfois bien chiant. Si on entend quelques notes électro, notamment sur la rupture de l’album et sur la piste Shadows, le reste se fera avec des instruments très classiques, allant du violon au piano, en passant par des cloches et toutes sortes d’instruments qui servent plutôt aux musiques de film ou de jeux vidéo. Et c’est surement là que l’on pourra faire le plus gros reproche à cet album. On aura plus droit à des morceaux d’ambiance, plutôt réussi, mais qui demeurent déroutants pour celui qui pense avoir une pop acidulé, à l’image des clips réalisés par le monsieur. On aura droit à de grosse percussion, un peu comme le montre Stabat Mater, qui pourrait très bien figurer sur un film historique ou de guerre ou encore Iron, qui fait bien évidemment très historique. Néanmoins, l’univers exploré est assez large, puisque l’on voyagera dans l’espace avec un son très électro pour Conquest of Spaces ou dans un univers plus romantique avec Boat Song. Ce qui est vraiment dommage dans cet album, c’est que les morceaux plus pop, plus accessibles sont assez rares et ne demeurent pas très entêtant. Ils font d’ailleurs l’objet de deux clips sublimes. Si Run Boy Run et I Love You sont les deux morceaux les plus pop, le reste est assez lancinant et redondant. On retrouve souvent les mêmes instruments et le même rythme, ce qui reste assez pénible à la longue et peu varié.

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La particularité de Woodkid, c’est de ne pas utiliser d’artifices pour changer sa voix ou la pousser dans des tonalités qu’il ne possède pas. Ce qui peut paraître louable va devenir peut-être un défaut de l’album. En effet, le chanteur possède une voix assez particulière mais peu marquante et surtout assez monocorde. Déjà que certains morceaux sont assez lénifiants, avec cette voix lancinante un peu grave et parfois dérivante, on frise la somnolence et c’est assez dommage. Le choix de chanter en anglais lui permet de toucher un plus large public, notamment dans les jeux vidéo, mais encore une fois, je ne suis pas convaincu que cet album soit taillé pour la scène, avec aucun morceau qui ne bouge un tant soit peu. D’ailleurs, la prestation du monsieur au Grand Journal de Canal Plus n’a guère été convaincante.

Au final, The Golden Age, le premier album de Woodkid n’est pas si mauvais que ça en soi. Proposant une pop baroque avec des instruments donnant un semblant de grandiloquence, l’album s’écoute sans problème. Le seul problème, c’est qu’il s’agit là plus de musique d’ambiance, servant à merveille des supports visuels comme des clips ou des jeux vidéo, mais délaissant un peu le côté scénique, ou tout du moins, l’aspect que je m’en fais (si je vais voir quelqu’un sur scène, c’est pour que ça bouge un peu). Bref, un album pas raté, mais relativement mineur, sans grande ambition, comme dans l’air du temps.

  1. The Golden Age
  2. Run Boy Run
  3. The Great Escape
  4. Boat Song
  5. I Love You
  6. The Shore
  7. Ghost Lights
  8. Shadows
  9. Stabat Mater
  10. Conquest of Spaces
  11. Falling
  12. Where I Live
  13. Iron
  14. The Other Side

Note : 12/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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