novembre 28, 2021

Nick Cave & The Bad Seeds – Skeleton Tree

skeletonkey-640x640

Avis :

Il y a certains artistes qui aiment alimenter une certaine légende autour d’eux. Si l’on excepte les quelques greluches qui se cachent le visage afin d’établir un style qui va faire monter l’intérêt de leur musique, l’industrie du rock aime avoir des icônes avec des histoires intéressantes ou des jeunesses bien marquées. Et Nick Cave aime alimenter sa légende à travers un travail artistique souvent remarquable et remarqué. Né en Australie en 1957, le jeune garçon évolue dans une famille littéraire (papa professeur de littérature et maman bibliothécaire) et il sera très marqué par la religion. Attiré rapidement par la musique, l’artiste va devenir un touche à tout incroyable, étant aussi poète, écrivain, acteur, réalisateur et bien entendu auteur/compositeur/interprète. Durant les années 70/80, alors qu’il tourne avec plusieurs petits groupes, il va fonder en 1983 Nick Cave & the Bad Seeds, changeant ainsi son statut, se plaçant comme leader et assumant un rock gothique qui ne sera pas facile d’accès. Et depuis 1984, le groupe n’a cessé de produire des albums, jusqu’à celui-ci, Skeleton Tree, seizième effort du groupe, qui signe un petit retour après trois ans d’absence. Alors qu’il signe aussi la BO du magistral Comancheria, occupant un espace important dans le sillon artistique, Nick Cave et son groupe essaye de fournir un album étrange, insidieux mais qui sera malheureusement redondant à plus d’un titre et fort ennuyeux au bout d’un moment.

Le skeud débute avec Jesus Alone et parle bien évidemment de la religion. De sa voix caverneuse, Nick Cave pose des accords sur un rythme lénifiant et une instrumentalisation quasi minimaliste. D’ailleurs, la première chose qui frappe dans l’entièreté de cet album, c’est son faux rythme. Sur tous les titres, on se retrouve face à une lenteur extrême et la sensation de n’avoir aucune musicalité. C’est très déroutant car, à l’image de la jaquette, on a l’impression de tomber dans un trou noir et d’être complètement absorbé dans un autre univers. Alors d’un côté c’est très bien, puisque l’album est assez insidieux et certaines pièces sont très réussies à l’image de Magneto, qui pénètre le subconscient, mais sur son ensemble, il est difficile de juger le travail de Nick Cave. Est-ce une volonté de l’auteur de faire quelque chose de simple et de complètement dépressif ou est-ce juste un excès de fainéantise et la nécessité de sortir un album tous les trois ans pour payer les factures ? Bien entendu, les fans du bonhomme ne seront pas déçus, puisque Nick Cave officie depuis des lustres dans ce que l’on nomme le rock gothique, un genre assez sombre, pas forcément violent mais avec des rythmes lents et plutôt dépressifs, mais il est fort possible que les néophytes soient surpris.

nick-cave-660x330

Alors il est certain que l’album a des qualités et notamment une ambiance très travaillée qui aide à l’adhésion de l’effort. Mais on ne peut que constater les similarités entre les titres et c’est assez surprenant venant d’un artiste comme Nick Cave. Si Anthrocene contient une pointe de piano, c’est aussi le cas de Magneto et même si l’on peut entendre des rajouts électro comme sur la pièce I Need You, renforçant un aspect presque malsain ou tout du moins dépressif, au niveau du rythme, c’est constamment la même chose et au bout d’un moment, l’ennui pointe le bout de son nez. Alors il est certain que le chanteur tente une sorte d’exorcisme sur sa personne, faisant le deuil d’une personne qui lui est cher, sauf qu’au final, on écoute quelque chose de beaucoup trop personnelle et surtout d’assez fainéant, puisque le skeud n’est composé que de huit titres et l’ensemble de l’album est relativement court. Alors après, il reste Distant Sky, en duo avec une chanteuse, et qui ressemble à un chant religieux, un peu comme si le chanteur entamait une discussion avec l’au-delà et si c’est beau et bien foutu, au bout d’un moment, c’est un peu chiant. La sensation d’entendre huit fois la même chose est bien présente et au bout d’un moment, on s’ennuie ferme et entendre les supplications d’une personne qui nous est extérieur, c’est un peu gavant.

Au final, Skeleton Tree, le seizième et dernier album de Nick Cave & the Bad Seeds, n’est certainement pas le meilleur de la formation. Doté d’une ambiance très prégnante et assez angoissante, le skeud n’arrive pourtant pas à emporter l’auditeur dans des sphères lugubres la faute à une redondance des morceaux et à un manque certain d’envie de fournir un peu de variété là-dedans. Alors certes, parfois c’est bien, mais au bout d’un moment, c’est long et assez pénible. C’est dommage, il y avait matière à faire, mais il semble que Nick Cave s’enferme de plus en plus dans une démarche créative exclusive. On préfère largement le documentaire autobiographique du bonhomme sorti l’an dernier, 20 000 Jours sur Terre.

  1. Jesus Alone
  2. Rings of Saturn
  3. Girl in Amber
  4. Magneto
  5. Anthrocene
  6. I Need You
  7. Distant Sky
  8. Skeleton Tree

Note : 09/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=9iGxoJnygW8[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.