juin 23, 2021

Hozier – Hozier

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Avis :

Quand on évoque l’Irlande, on pense tout d’abord aux vertes plaines venteuses, à la bière ou encore aux roux, mais rarement à la musique. Et pourtant, depuis quelques années, le pays du trèfle nous envoie quelques célébrités qui ne sont pas piqués des hannetons, avec de sacrés talents. Et si les punks à tendance festive mettront en avant les Dropkick Murphys, les plus sages se tourneront plus volontiers sur les cordes des The Corrs. Quant aux midinettes, elles ont depuis une paire d’années un certain Ed Sheeran qui a fait chavirer plusieurs cœurs, un message d’espoir pour tous les rouquins. Mais il va falloir compter sur un nouveau venu, car malgré un nom peu porteur, Hozier s’est fait entendre en 2014 avec le hit mondial Take me to Church. Si pour la masse populaire il reste l’homme d’un seul succès dont le nom demeure inconnu, victime de la puissance de son tube, Hozier est pourtant un artiste accompli qui pratique la musique depuis ses 15 ans et qui n’a jamais arrêté depuis, même après la séparation de son groupe Anuna. Depuis 2014, le musicien n’a pas cessé d’être vivant, autant pour la promotion de son premier album éponyme que pour des bandes originales de film, dont Tarzan de David Yates. Mais revenons plutôt sur son excellent premier effort.

Le skeud commence avec le premier succès de Hozier. Take me to Church est une entame assez bizarre car le titre dénote avec les morceaux qui suivront. En fait, il s’agit d’un morceau assez calme, baignant dans une ambiance délétère et qui doit son succès à la voix si particulière du chanteur, entre grave et voix de tête quand il décide de monter un petit peu, on note une maîtrise vocale parfaite et qui s’allie parfaitement avec plusieurs styles, dont celui de cette chanson, une pop folk plutôt agréable mais qui manque certainement de panache et de prise de risque. Une prise de risque que l’on retrouvera dans les morceaux suivants, car ils seront presque aux antipodes de la pop classique et radiophonique. Angel ff Small Death & the Codine Scene résonne comme un morceau soul teinté de gospel, mais avec une pointe de blues rock absolument délectable. C’est bien simple, le titre est une tuerie entre une voix posée et un démarrage plus rapide lorsque la batterie commence à scander son rythme. La guitare électrique donne le ton du refrain et l’artiste se permet même un solo de gratte, ce qui reste inédit pour un album dit pop. D’autant plus que le morceau monte crescendo pour un final assez grandiose, concluant ce qui sera certainement le meilleur titre du skeud. Mais Jackie & Wilson qui arrive derrière n’est pas mal non plus, offrant encore une fois une alternative blues rock à une musique populaire qui avait bien besoin de ça pour sortir de son carcan électro. On se retrouve du coup avec deux titres faisant la part belle au rock, tout en restant hyper accessible, mais sans jamais tomber dans la mièvrerie opportuniste.

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Mais ce n’est pas tout. L’artiste se paye même le luxe de faire des références à d’autres cultures que la sienne. C’est d’ailleurs assez intéressant de voir que les sonorités irlandaises sont totalement absentes de l’album, Hozier préférant axer son style sur quelque chose de beaucoup plus ricain. To be Alone en est l’exemple même, mettant en avant une country minimaliste avec une petite gratte en fond et une batterie omniprésente mais qui fait le minimum. En fait, la grande force de l’artiste réside dans sa voix suave et grave qu’il maîtrise parfaitement et qu’il accorde parfaitement avec son style. Ainsi, sans en faire des caisses, il arrive à installer une présence, un style et s’éloigne des nanas qui braillent pour avoir de la puissance. On retrouve cela avec It Will Come Back, un titre qui fait encore référence aux Etats-Unis, empruntant le chemin sinueux du desert rock calme, un peu dans le style d’un certain Josh Homme (Queens of the Stone Age). Cependant, le chanteur aime changer de registre et il le prouve avec Foreigner’s God, un titre bien plus gospel mais au refrain entrainant et entêtant qui fait de ce titre une belle réussite. Mais tout n’est pas excitant dans ce skeud et l’artiste se laisse parfois aller à la fainéantise. Certains titres sont plus faciles que d’autres, moins marquants, à cause notamment d’un minimalisme mal exploité comme sur Work Song, beaucoup trop mou ou encore In A Week en duo avec Karren Cowley qui tombe dans le niais et la pop folk de bas étage.

Au final, le premier album de Hozier, qui porte son nom, est une belle réussite et montre que finalement, dans le rock indépendant ou dans la pop irlandaise, on trouve de belles alternatives à toute la soupe industrielle que l’on nous fournit chaque année. S’il est dommage que l’artiste soit perçu comme l’homme d’un tube par la masse, il faut absolument jeter une oreille dans son premier album qui demeure d’excellente facture et contient de belles pépites.

  1. Take me to Church
  2. Angel ff Small Death & the Codine Scene
  3. Jackie & Wilson
  4. Someone New
  5. To Be Alone
  6. From Eden
  7. In a Week feat Karren Cowley
  8. Sedated
  9. Work Song
  10. Like Real People Do
  11. It Will Come Back
  12. Foreigner’s God

Note: 17/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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