décembre 3, 2021

Le Prix de la Peur – Chris Carter

9782365690164

Résumé :

Quelques jours avant Noël, dans une église de Los Angeles, le cadavre d’un prêtre est retrouvé sur les marches de l’autel. Sa tête a été remplacée par celle d’un chien. En charge de l’enquête, le détective Rob Hunter découvre qu’un cauchemar récurrent hantait le religieux : qu’on le décapite…
Bientôt, les cadavres s’accumulent. Noyée ou brûlée vive, chaque victime meurt de la façon qu’elle redoutait le plus. Comment le tueur pouvait-il connaître leur pire angoisse ? Quel lien unit ses proies ? De qui le serial killer cherche-t-il à se venger ?
Pour Rob, c’est le début d’une traque infernale au cœur de la jungle urbaine de la Cité des Anges, à la poursuite d’un tueur déterminé à faire payer le prix fort à ses victimes, le prix de la peur.

Avis :

Chris Carter est le créateur et scénariste de la grande série à succès X-Files. Sauf que là, ce n’est pas de lui que l’on parle mais d’un de ses nombreux homonymes ! En effet, il existe plusieurs autres Chris Carter dont deux joueurs de Baseball. Celui qui a écrit Le Prix de la Peur est un jeune écrivain (ce n’est que son deuxième roman après La Marque du Tueur) qui est né au Brésil mais qui est d’origine italienne. Il écrit des thrillers et quand on regarde son CV, on comprend pourquoi. En effet, il a été psychologue criminologue auprès du procureur du Michigan pendant quelques années et il a étudié un bon nombre de serial killers avant de partir vivre à Londres. Mais on le sait tous, ce n’est pas parce que l’on a étudié pendant longtemps des tarés que l’on est capable d’écrire une bonne histoire. Alors que vaut ce deuxième roman au titre si évocateur ? Allons faire un tour du côté de L.A !

L’histoire de ce thriller est assez simple. On va suivre deux détectives plutôt complémentaires enquêter sur des meurtres très sanglants et relativement bizarres. Nous sommes quelques jours avant Noël et un prêtre est retrouvé décapité dans sa paroisse, avec à la place de sa tête, une tête de chien. Quelques temps plus tard, c’est une jeune femme qui est retrouvée morte, rôtie devant une immense cheminée. Pour retrouver la trace de ce détraqué, les deux inspecteurs vont se faire aider d’une jeune fille qui a le don de voir la souffrance des gens. C’est alors que nos deux acolytes découvrent avec terreur que le tueur connait ses victimes depuis longtemps et qu’il les tue avec leur plus grande peur et en les faisant souffrir le plus longtemps possible. L’histoire demeure très simple à suivre et relativement linéaire. Mais ce qui pourrait passer pour un point faible est en fait un point fort ici !

En effet, Chris Carter va proposer un récit très dense, très riche et relativement burné. S’appuyant sur une multitude de petits chapitres, le rythme est très rapide, très enlevé et on se prend à vouloir à chaque fois aller un peu plus loin. C’est ce qui fait la force de ce roman et qui rend ce récit linéaire, cette enquête assez banale, vraiment intéressante. Le style de Chris Carter est assez sec et net, avec beaucoup de dialogues et il n’y a que très peu de pointe d’humour, ce qui est une bonne chose pour renforcer une histoire sombre et glauque. Alors il est vrai que l’on aurait aimé un peu plus de complexité dans l’histoire, et avoir un peu plus de surprise, mais l’écrivain n’est pas bête et propose deux fins en une, montrant au lecteur qu’il s’est fait balader entre deux enquêtes différentes mais liée l’une à l’autre.

Dans chaque histoire, il y a toujours quelque chose à puiser, un message caché, une raison qui donne au tueur cette envie de tuer, un mobile et l’écrivain va chercher cela dans l’enfance et les troubles, parfois très durs, que peuvent provoquer des groupes de jeunes harceleurs. On le dit souvent, il n’y a pas plus cruel qu’un enfant. Il est vrai que bien souvent les enfants sont directs et disent ce qu’ils pensent et comme l’a dit un célèbre écrivain, la moquerie est de toutes les insultes celle que l’on pardonne le moins. Du coup, on peut se projeter dans la tête du tueur si l’on a subi de graves humiliations à l’école, ou alors dans la tête des victimes, qui doivent vite regretter leurs vilains gestes étant enfant. Si cela peut sembler assez grossier, il suffit de regarder une cour d’école et de voir tous les petits caïds qui martyrisent les plus faibles ou les plus discrets. On regrettera seulement que Chris Carter ne pousse pas plus les pistes, nous faisant hésiter entre deux personnages et ne brouillant pas plus les pistes.

Au final, Le Prix de la Peur est un très bon livre. Si l’enquête reste simple, les amateurs de gore et de meurtres macabres seront comblés et les personnages, relativement travaillés, demeurent sympathiques (on s’attache très vite à Rob Hunter le héros). Bref, voilà un livre qui se lit comme se regarde un épisode d’Esprits Criminels et c’est plutôt bon signe. Un thriller nerveux et rythmé qui donne beaucoup de plaisir à la lecture.

Note : 15/20

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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