juin 23, 2021

Chet Faker – Built on Glass

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Avis :

Si le monde de la musique subit l’hégémonie des Etats-Unis ou de l’Angleterre en matière de bons sons, d’autres pays ont plus de mal à s’imposer en dehors de leurs frontières respectives. La France en est l’exemple le plus flagrant avec sa pléthore d’artistes qui ont une notoriété dans l’hexagone mais pas du tout à l’international. Mais nous ne sommes pas le seul pays à subir cela, puisque l’Australie n’est pas en reste. En effet, s’il l’on doit trouver quelques artistes, AC/DC, Airbourne ou encore Kylie Minogue sortiront, mais c’est peut-être tout. Alors il est toujours agréable de découvrir de nouveaux talents venus d’ailleurs que le pays de l’oncle Sam ou de l’Union Jack. Chet Faker est un musicien qui fait, à la base, de la musique électronique. Jusque-là, rien d’innovant ou de nouveau, sauf que le jeune homme se fait rapidement remarqué avec un EP qui remporta plusieurs prix, dont celui des Rolling Stones Australia Awards. Mais ce n’est pas tout. En effet, Chet Faker se fera remarquer avec sa reprise de No Diggity de Blackstreet en 2013 et il s’ensuivra un premier album, Built on Glass, qui rassemble des sonorités électros avec une pop et une soul vraiment pas si désagréable que cela. On pourra même dire que ce premier album est plutôt bon dans le sens où il innove avec une nouvelle musique.

Le skeud débute avec Release Your Problems et il commence avec une longue instrumentalisation au piano. Une entrée en matière assez douce qui va se briser avec un bruit sourd et qui relance le morceau sur quelque chose de plus soul et de plus entrainant. D’ailleurs, la voix de Chet Faker est faite pour se style, se voulant assez nasillarde, mais posée et mélodieuse. On pourra penser à plusieurs reprises au chanteur du groupe Hozier dans la tonalité. Quoiqu’il en soit, ce premier titre est très bon et le refrain va vite rentrer en tête, tant et si bien que l’on va fredonner avec le chanteur au bout de deux écoutes. Cet aspect un peu soul, assez chaleureux, va se ressentir durant toute la première partie de l’album. En effet, il est découpé comme le serait un vinyle avec un titre qui se nomme / et qui demande à retourner le disque. Et il y a une vraie rupture entre les deux « faces ». La première partie sera à l’image du premier titre, avec des morceaux plutôt soul, très chantant, très rythmé, comme l’excellent Talk is Cheap ou encore le très bon Gold. Avec cette première partie, on ressentira toutes les influences de l’artiste, brassant des mélodies plutôt électro mais assez douces, avec une voix langoureuse et plutôt chaude.

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Le problème va venir de la seconde moitié du skeud. Non pas qu’il soit mauvais, mais on sent que le chanteur change son fusil d’épaule et va livrer quelque chose de différent, d’un peu plus électro lounge avec des rythmiques plus lentes et une instrumentalisation plus synthétisée. A titre d’exemple, Blush rentre parfaitement dans cette catégorie avec un début à la voix trafiquée, puis avec une longue plage instrumentale avant de revenir vers quelque chose d’un peu plus soul, mais cela ne dure pas longtemps. Les structures des titres sont aussi plus complexes, lorgnant parfois vers le psychédélique, et cela est forcément plus difficile d’accès. On peut citer le très long morceau Cigarettes & Loneliness qui reste sur un même tempo et qui est vraiment très étrange dans sa structure et dans sa rythmique, cherchant quelque chose d’ilien, de faussement cool. C’est dans cette partie de l’on trouvera aussi des morceaux qui ne sont pas chantés, comme le très bizarre A Lesson in Patience qui change de style en cours de route et qui demeure très complexe dans sa structure.  Alors ce n’est pas que cette deuxième partie soit bonne ou mauvaise, c’est juste que l’artiste a voulu faire quelque chose de moins mainstream et il a voulu faire étalage de ses capacités en tant que musicien. Il en ressort quelque chose d’hybride et de surprenant, mais qui parfois agace par son non-sens et son manque de musicalité.

Au final, Built in Glass, le premier album de Chet Faker, est un premier essai assez concluant et suffisamment intriguant pour pousser à la curiosité sur le prochain projet de l’artiste. Si la première partie de l’album est très réussi et mélange habilement les genres, la seconde partie est plus complexe, plus difficile d’accès, et on sent encore les scories du premier album, à savoir vouloir faire de la musique pour soi, pour étaler son savoir, et non pas pour son public. Alors cela reste intéressant, mais un peu excluant pour l’auditeur et c’est bien dommage.

  1. Release Your Problems
  2. Talk is Cheap
  3. No Advice (Airport Version)
  4. Melt feat Kilo Kish
  5. Gold
  6. To Me
  7. /
  8. Blush
  9. 1998
  10. Cigarettes & Loneliness
  11. A Lesson in Patience
  12. Dead Body

Note : 14/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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