juin 29, 2022

S.O.S. Fantômes 2

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Titre Original : Ghostbusters 2

De : Ivan Reitman

Avec Bill Murray, Dan Aykroyd, Harold Ramis Sigourney Weaver, Ernie Hudson

Année: 1989

Pays: Etats-Unis

Genre: Fantastique, Comédie

Résumé :

Après l’extermination totale de tous les revenants dans la ville de New York, la joyeuse équipe de S.O.S Fantômes reprend du service (après un chômage technique long de cinq ans) quand leur amie Dana découvre que son bébé Oscar est l’objet de phénomènes paranormaux.

Avis :

La logique hollywoodienne de faire des suites à des films qui font des cartons au box-office ne date pas d’hier. Dans les années 80/90, certains films sont devenus des sagas aujourd’hui cultes et chacune est née non pas d’une volonté de raconter une longue histoire sur plusieurs épisodes, mais bel et bien du succès monétaire du premier métrage. Ainsi, L’Arme Fatale, Alien, Le Flic de Beverly Hills sont autant d’exemple qui montrent que la poule aux œufs d’or n’est pas un phénomène récent. Sauf qu’à cette époque, pourtant pas si lointaine, il y avait une certaine candeur dans les projets et surtout une volonté de proposer un cinéma différent, qui ose et avec des idées originales. En 1984, le public découvrait S.O.S. Fantômes, une comédie fantastique hilarante qui en plus se moquait de la politique et de la religion de façon légère et pertinente. Il était alors évident que cinq ans plus tard, Dan Aykroyd et Harold Ramis se remettraient à l’écriture pour proposer une autre histoire, dans la continuité du premier, mais avec la volonté de critiquer autre chose de plus universel.

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Pour beaucoup, cette suite est inférieure au premier film, car elle perd de cette naïveté qui faisait son charme et surtout, elle perd en inventivité. Il faut dire qu’il est difficile de refaire du neuf avec un concept comme celui-ci et pourtant, à bien des égards, cette suite s’avère très réussie sur bien des points. Tout d’abord parce qu’elle s’inscrit parfaitement dans la continuité du premier film. En effet, on retrouve nos chasseurs de fantômes au chômage, alors que le monde devient de plus en plus sceptique sur l’existence des esprits. On retrouve alors une critique de cette société de consommation, qui oublie aussi vite qu’elle montre un engouement monstre. Une critique qui tient d’autant plus aujourd’hui, où cette société fast food est encore plus prégnante et où seule la consommation de masse prévaut. Tout comme le premier, le film n’appuie pas beaucoup ce propos, préférant survoler ce sujet pour permettre au spectateur de se faire sa propre idée et de voir que finalement, on passe trop vite à autre chose.

Mais ce n’est pas tout, car le film, dans sa grande thématique, critique de façon virulente une société qui laisse trop peu de place à la joie et à l’altruisme. Durant le métrage, on découvre que le slim, cette substance qui permet aux fantômes de revenir sur Terre, est formée à partir de la mauvaise humeur des gens, de leur colère, de leurs mauvaises actions. De ce fait, le film et le script de Dan Aykroyd et Harold Ramis pointent du doigt une population qui ne pense qu’à soi et qui a besoin d’un liant commun regroupant le gens autour d’une joie commune, d’une certaine cohésion. Il réside dans ce film une naïveté qui reste fidèle au premier métrage et on sent que malgré les faiblesses scénaristiques, S.O.S. Fantômes 2 est bien le digne héritier de son aîné. Cette naïveté trouve son apogée dans son final, où les héros font bouger la statue de la Liberté avec une musique enjouée, regroupant ainsi une population en liesse, aidant à la victoire finale.

Néanmoins, ces critiques sociétales ne prennent pas le pas sur le divertissement que doit être ce S.O.S. Fantômes. En effet, le film surfe encore et toujours sur une tonalité cool et fun, notamment grâce aux relations entre les personnages et à un humour qui fonctionne toujours autant, qui doit beaucoup à la présence de Bill Murray et à sa relation avec une Sigourney Weaver splendide. Mais le film se veut aussi beaucoup plus effrayant que le premier. Cette frayeur est due  la présence de Vigo, le fantôme dans le tableau, sorte de sosie de Dracula, qui veut s’emparer de l’esprit du bébé. On est très loin de Zuul et du bibedum Marshmallow, avec un fantôme violent, au regard noir et au faciès vraiment apeurant. Du coup, cette suite fait passer le spectateur par différents stades, entre humour fin, action pétaradante et peur primaire face à une menace qui se nourrit de la haine des autres.

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Au final, S.O.S. Fantômes 2 est encore une fois une réussite et il équivaut facilement à son grand frère. Plus sombre sur certains aspects, mais aussi plus drôle par moments, ce deuxième film signé Ivan Reitman tient toutes ses promesses et demeure une suite plus qu’honorable et étonnamment, toujours d’actualité aujourd’hui. Et c’est d’ailleurs étrange de voir comment le film peut résonner aujourd’hui, avec toute cette haine ambiante qui générerait sûrement un tsunami de slim, tant le monde ne s’est pas apaisé, bien au contraire.

Note : 19/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=UnzH75FlwvU[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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