janvier 27, 2022

Wolfmother – Victorious

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Avis :

S’il y a bien une période faste pour le rock n’roll, ce sont les années 70. Emergence de groupes phénomènes, domination du genre dans les charts et les radios en lieu et place d’une pop acidulée lobotomisante, technicité incomparable dans la maîtrise des instruments, mélodies novatrices et harmonieuses, bref, d’un point de vue musical, on doit beaucoup de choses à ces années-là (et à la fin des années 60 aussi). Entre The Who, The Doors, Led Zeppelin, The Rolling Stones ou encore Pink Floyd, difficile de dire le contraire et encore aujourd’hui ces groupes marquent les esprits et inspirent les jeunes loups. Wolfmother en est le parfait exemple. Formé en 2004 à Sydney autour du guitariste/chanteur Andrew Stockdale, Le groupe commence rapidement à se faire un nom avec un EP et un soutien indéfectible des radios locales. C’est alors que surgit le morceau Mother, un titre qui semble tout droit sorti des années 70, tant les références, aussi bien vocales qu’instrumentales, s’inspirent de ce qui se faisait à cette époque. Victorious est le quatrième album de la formation et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il rentre parfaitement dans ce que le groupe fait de mieux, un son 70’s pour un mélange de rock psychédélique, hard rock et parfois heavy metal, au profit d’un album court mais intense, simple mais efficace.

Le skeud commence avec une chanson très courte, The Love That You Give, qui marque très clairement la première référence du groupe. En effet, cela démarre assez fort, avec un titre plutôt heavy, sans non plus partir trop loin au niveau des riffs. Cela reste assez puissant, mais aussi assez serein pour toucher un public plus large. D’ailleurs, l’introduction fait vraiment penser à Mother, le hit du groupe sorti en 2005. On retrouvera ces inclusions heavy tout au long du groupe, mais certains morceaux seront plus marqués que d’autres, à l’image de The Simple Life, l’un des titres les plus dynamiques du skeud et certainement des plus réussis, même s’il lorgne aussi du côté hard rock ricain avec des riffs assumés et un refrain entêtant. Dans le même style, Gypsy Caravan s’impose comme un inratable de l’album avec encore une fois une rythmique imparable qui s’accorde parfaitement avec la voix nasillarde du chanteur et un solo dantesque d’une grande puissance lorgnant vers le heavy pur et dur. En fait, le plus surprenant dans cet album et dans globalement tous les titres, c’est que le groupe fait des ruptures assez nettes au niveau de la rythmique, brisant ainsi un rythme préétabli pour partir vers quelque chose soit de plus calme, soit de carrément plus énergique. De ce fait, le groupe semble trouver une sorte d’exutoire à chaque morceau, montrant que tout peut arriver et régurgitant tout ce qu’il sait faire.

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Bien entendu, certains titres sont un poil plus faibles que d’autres, mais il y a toujours quelque chose à prendre ou à écouter dans chaque titre. La preuve par exemple avec Victorious, le titre éponyme de l’album, qui demeure très classique et relativement vintage (à l’image de son clip rétro futuriste) mais avec une rupture heavy en plein milieu, où l’on sent que le guitariste se lâche complètement, débordant d’une énergie devenue trop envahissante. On retrouve cela avec Happy Face qui démarre tout sagement avant de fournir un solo épique. On sera par contre moins convaincu par Pretty Peggy, une ballade un peu trop conventionnelle ou encore Baroness, qui se repose sur ses acquis et ne contiendra que peu de ruptures ou de surprises. Par contre, le groupe explose en fin d’album avec Eye of the Beholder, un titre purement hard qui vrille vers le heavy en refrain, avec des relents de chansons irlandaises dans les veines. Un titre complet, d’une grande beauté et d’une puissance décoiffante. Et comment ne pas parler de Best of a Bad Situation, qui lorgne du côté de la pop rock et de la scène punk contemporaine pour fournir un titre hybride ensoleillé et qui fait office d’exception dans l’album.

Au final, Victorious, le quatrième et dernier album de Wolfmother, est une belle petite réussite malgré sa faible durée (un poil plus qu’une demi-heure) et son peu de titres (seulement dix). On ressent ici toutes les références ingérées par le guitariste/chanteur qu’il régurgite dans un album assez complet, brassant aussi bien du heavy que du hard tout en y appliquant une touche personnelle qui fait tout le charme du skeud.

  1. The Love That You Give
  2. Victorious
  3. Baroness
  4. Pretty Peggy
  5. City Lights
  6. The Simple Life
  7. Best of a Bad Situation
  8. Gypsy Caravan
  9. Happy Face
  10. Eye of the Beholder

Note : 16/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=PZDg_MLmp7M[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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