décembre 9, 2021

Five

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De : Igor Gotesman

Avec Pierre Niney, François Civil, Igor Gotesman, Margot Bancilhon

Année : 2016

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Cinq amis d’enfance rêvent depuis toujours d’habiter en colocation. Lorsque l’occasion d’emménager ensemble se présente, Julia, Vadim, Nestor et Timothée n’hésitent pas une seule seconde, surtout quand Samuel se propose de payer la moitié du loyer ! A peine installés, Samuel se retrouve sur la paille mais décide de ne rien dire aux autres et d’assumer sa part en se mettant à vendre de l’herbe. Mais n’est pas dealer qui veut et quand tout dégénère, Samuel n’a d’autres choix que de se tourner vers la seule famille qu’il lui reste : ses amis !

Avis :

« Five » est le premier long-métrage du comédien Igor Gotesman. Mais avant d’arriver à ce premier long-métrage, Igor Gotesman a du faire ses preuves. D’abord acteur, il est aussi scénariste, pour ses courts-métrages bien sûr, mais aussi la série « Casting(s) » et même pour « Le Nouveau« , le petit succès surprise de Rudi Rosenberg, un film sorti en Décembre 2015.

En 2011, Igor Gotesman avait réalisé un court-métrage appelé déjà « Five » et c’est ce court-métrage qu’il va développer en long ici. Auréolé d’une belle promo, emporté par son pote Pierre Niney, l’acteur en vue du moment, le film avait une bande-annonce qui était aussi intéressante qu’elle pouvait susciter des doutes. Si elle contenait de vrais bons gags, l’hystérie ambiante et surtout la facilité de la musique « djeun’s » pour donner de l’élan pouvaient laisser craindre un film lourd. Et le résultat sera partagé entre ces deux sentiments. Car même si l’on passe un moment amusant devant les déboires de cette bande de potes, on regrettera la vulgarité qui s’en dégage et parfois la pauvreté de certains dialogues qui ont tendance à sombrer dans l’insulte facile.

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Samuel, Tim, Vadim, Julia et Nestor sont cinq potes d’enfance qui ont grandi, mais qui n’ont jamais cessé d’être ensemble. Leur rêve est de faire une grande coloc tous ensemble et ce rêve va devenir possible grâce à Samuel qui vient de trouver un putain d’appart. Gosse de riche, Samuel leur propose de payer cinq cent euros chacun et pour le reste, il s’occupera de tout. Mais voilà, le lendemain de leur emménagement, à cause d’un mensonge, Samuel se dispute violemment avec son père et ce dernier prend alors la décision de lui couper les vivres. Comment va-t-il faire pour garder cet appartement, car il ne veut pas être celui qui va briser les rêves de la bande ?

La première chose qui vient en tête, c’est que pour un premier film, Igor Gotesman livre une bonne comédie et malgré les petits défauts, les petites facilités et les petites maladresses qu’on retrouve parsemés à plusieurs moments dans le film, on reste sur un ton positif, car des premiers films comme celui-là, ça ne court pas les rues et l’on ne peut qu’imaginer qu’avec plus de rigueur et d’expérience, le jeune réalisateur pourrait offrir dans l’avenir un cinéma encore plus plaisant.

« Five« , c’est la petite comédie sympathique devant laquelle on se divertit, on sourit, et même on se marre bien parfois, avec des gags très bien trouvés et surtout devant sa palette de personnages hauts en couleur. Mais malgré ces bons éléments, « Five » est aussi un film qui ne restera pas forcément dans les esprits et pourtant, il ne lui manque pas grande chose pour être vraiment un film marquant et tordant de bout en bout.

L’intrigue est plutôt bonne et se suit avec un certain plaisir et un certain suspens. Quiproquos, situations et gags absurdes qui fonctionnent bien, Igor Gotesman arrive parfois à vraiment nous prendre et nous faire rire devant l’improbabilité de l’histoire (les passages avec Pascal Demolon sont absolument énormes) et du mensonge dans lequel Pierre Niney s’enfonce à force d’éviter la vérité. De plus, le réalisateur évite certains pièges et facilités dans son intrigue, ce qui change un peu de ce qu’on a l’habitude voir, comme la relation entre Niney et son père.

Le réalisateur arrive à bien traiter dans le fond son sujet qui est l’amitié dans tout ce qu’elle a de plus tendre, de plus touchant et de pardonnable. On est touché par les doutes et la solidarité des personnages. Et le film se terminera par une jolie morale, certes un peu naïve, mais touchante en fin de compte.

Mais voilà, comme je le disais plus haut, « Five » a des pour et des contres. Si on rigole devant le film, on peut aussi pouffer devant la lourdeur des gags. Le réalisateur en faisant clairement trop, c’est un peu lourdingue parfois. De plus, et c’est ce qui est le plus lourd, car ça a tendance à gâcher le plaisir, c’est la facilité à tomber dans l’insulte gratuite pour donner un élan rythmique et un réalisme au film. Mais c’est l’effet contraire qui se produit, c’est agaçant et bien souvent, on se demande comment ces gens peuvent être ami tant il se parle mal. On ne demandait pas non plus du Victor Hugo, mais un peu plus d’imagination dans les dialogues aurait été la bienvenue. On notera aussi que si l’on s’amuse devant les rapports qu’ils peuvent entretenir entre eux, leur collocation ne fait pas spécialement rêver, et c’est bien dommage, car c’est l’un des très gros éléments du film.

A contrario, les acteurs qu’a réunis Igor Gotesman ne sont pas tous justes, mais ils dégagent un certain charme qui fait qu’on a envie de pardonner les moments plus inégaux. Je pense notamment au personnage de Vadim, incarné par le réalisateur. Bien souvent, Igor Gotesman n’est pas vraiment bon, mais il est si tendre et finalement assez juste, qu’il finit par toucher. Dans un autre sens, cet effet ne fonctionne pas avec Idrissa Hanrot, le pote qui saute tout ce qui bouge. L’acteur et le personnage sont terriblement fades.

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Pas toujours subtil, des défauts par-ci par-là, mais une réflexion plutôt touchante sur l’amitié et jusqu’où on est prêt à aller pour ses potes, « Five » est souvent drôle, souvent lourd, mais finalement, même s’il n’est pas marquant, on aura passé un petit moment sympa devant cette petite comédie. Une comédie qui, de par ses qualités, laisse entrevoir et espérer tout de même un bel avenir pour son réalisateur.

Note : 11/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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