janvier 29, 2022

Anomalisa

12714377_1242352212444852_692650772_n

De : Charlie Kaufman et Duke Johnson

Avec les Voix de David Thewlis, Jennifer Jason Leigh, Tom Noonan

Année : 2016

Pays : Etats-Unis

Genre : Animation

Résumé :

Michael Stone, mari, père et auteur respecté de « Comment puis-je vous aider à les aider ? » est un homme sclérosé par la banalité de sa vie. Lors d’un voyage d’affaires à Cincinnati où il doit intervenir dans un congrès de professionnels des services clients, il entrevoit la possibilité d’échapper à son désespoir quand il rencontre Lisa, représentante de pâtisseries, qui pourrait être ou pas l’amour de sa vie…

Avis :

Tout le monde connaît Charlie Kaufman, le scénariste, qui se cache derrière des films tels que « Eternal Sunshine of the Spotless Mind« , « Dans la peau de John Malkovitch« , ou encore le premier film de George Clooney « Confession d’un homme dangereux« . Après une décennie à avoir écrit pour les autres, Charlie Kaufman livrait en 2009 son premier film « Synecdoche, New-York« . Un film ambitieux, dérangé et étrange. Un film qui est complétement passé inaperçu malgré l’excellent casting qui le peuplait. Depuis ce film, nous n’avions plus de nouvelles du réalisateur. Il aura donc fallu patienter sept ans pour le revoir sur nos écrans avec un nouveau projet ambitieux, « Anomalisa« .

S’associant au réalisateur Duke Johnson (connu pour avoir travaillé sur la série « Community« ), Charlie Kaufman met un joli terme à son silence. Après le théâtral « Synecdoche, New-York« , Kaufman se lance dans l’animation et nous présente un joli personnage. « Anomalisa« , comme pour le précédent film de Kaufman, est un film qui ne ressemble à aucun autre. Partagé entre onirisme et mélancolie, les deux réalisateurs nous invitent à entrer pendant une petite heure et demi dans la vie de Michael Stone, un homme piégé sans s’en rendre vraiment compte dans une vie qui ne lui convient pas.

12669813_1242352335778173_1413013561_o

Michael Stone est un père de famille tout ce qu’il y a de plus normal. Il y a quelques temps, il a écrit un livre « Comment puis-je vous aider à les aider ? » Très plébiscité, il parcourt les États-Unis pour donner des conférences. Ce soir-là, il arrive à Cincinnati pour y rester une journée. Le lendemain matin, il donne sa conférence et le soir même, il sera chez lui. Rien d’inhabituel, sauf que dans les couloirs de l’hôtel, il entend la voix de Lisa, une jeune femme ordinaire qui le charme. Dès lors, Michael pense peut-être pouvoir échapper à son quotidien sans saveur…

Et encore un Ovni signé Charlie Kaufman qui ne cesse de surprendre. Encore une fois, le réalisateur et scénariste évite les sentiers battus et s’aventure sur des terrains glissants. Pour son nouveau film, « Anomalisa« , les deux réalisateurs ont décidé de donner dans l’animation en stop motion et le résultat est tout simplement éblouissant. Si le film a certes des défauts qu’on abordera plus tard, il tient toutes ses promesses de ce côté-là, offrant une œuvre unique, singulière, d’un esthétisme déroutant. Quand on découvre le film, on reste ébloui devant le travail incroyable que les deux réalisateurs ont fourni. On sent tout le travail en amont et l’attente de ces sept années valait le coup, visuellement parlant. Tout a été conçu pour être magnifique à l’écran, tout est beau, bourré de détails et surtout le tout est très réaliste, ce qui peut être déroutant. On appréciera énormément le travail fait sur l’animation des visages. « Anomalisa« , c’est un peu le film aux mille visages et chacun d’eux, tout en se ressemblant, a quelque chose de particulier qui le rend unique. Les deux réalisateurs ont aussi parfaitement travaillé leur lumière pour que leur histoire soit ancrée dans la réalité, tout en ayant quelque chose de rêveur. Si le scénario est sombre et triste, l’ambiance et la lumière sont très claires et pousse à l’optimisme, alors que l’intrigue prêche dans l’autre sens.

Mais voilà, si le film est sublime esthétiquement parlant, on restera un poil déçu du côté de son scénario qui manque de consistance et d’émotion. Alors que les portraits sont beaux et sincères, on n’est pas vraiment touché par l’emprisonnement de cet homme. Les deux réalisateurs filment le quotidien de Michael, mais le film parait bien vide. Les deux réalisateurs s’attardent sur des détails peu passionnants, un peu comme s’ils essayaient de remplir le vide d’un scénario qui a tout pour être génial. Et c’est vraiment dommage, car ils n’arrivent à aucun moment à créer de l’empathie pour ce personnage. On le suit comme on suivrait n’importe quel autre personnage dans n’importe quel autre film et ce constat est triste, car malgré quelques moments vraiment drôles, d’autres poétiques à souhait, on reste dans l’attente que le film nous emporte et passe à autre chose. Et plus les quarts d’heure défilent (sans qu’on s’ennuie, ce qui est étrange comme sensation) et plus l’on se résigne au sentiment qu’on va rester sur notre faim et c’est bien ce qui arrive une fois le générique arrivé.

12669914_1242352312444842_1740483275_o

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ »Anomalisa » ne laissera personne indifférent. Sans être raté, mais sans vraiment convaincre non plus, le nouveau Charlie Kaufman, accompagné de Duke Johnson, nous laisse quelque peu partagé entre la merveille visuelle qu’il est et le manque de consistance de son histoire. On a quand même passé un joli moment devant cet « Anomalisa« , mais quand on en sort, on ne peut qu’imaginer ce que le film aurait pu être avec une écriture plus dense, plus fournie, plus profonde. C’est donc un film en demi-teinte, qui malgré tout, vaut son coup d’œil, ne serait-ce que pour l’extraordinaire travail sur l’animation.

Note : 11/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=8JYOH4gK3uk[/youtube]

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.