novembre 30, 2021

Jason Bourne l’Héritage

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Titre Original: The Bourne Legacy

De : Tony Gilroy

Avec Jeremy Renner, Rachel Weisz, Edward Norton, Scott Glenn

Année : 2012

Pays : Etats-Unis

Genre : Action

Résumé :

On croyait tout connaître de l’histoire de Jason Bourne et de son passé d’agent tueur malgré lui. Mais l’essentiel restait à découvrir. Le programme Treadstone dont Jason était le cobaye n’était que la partie émergée d’une conspiration plus ténébreuse, ourdie par d’autres branches du gouvernement et mettant en jeu d’autres agences de renseignement, d’autres programmes militaires, d’autres laboratoires secrets…
De Treadstone est né « Outcome », dont Aaron Cross est un des six agents. Sa finalité n’est plus de fabriquer des tueurs, mais des hommes capables d’assurer isolément des missions à haut risque. En dévoilant une partie de cette organisation, Jason laissait derrière lui un « héritage » explosif : compromis, les agents « Outcome » sont désormais promis à une liquidation brutale. Effacés à jamais pour que le « père » du programme, le Colonel Byer puisse poursuivre ses sinistres activités.
Une gigantesque chasse à l’homme commence, et Cross, devenue sa première cible, n’a d’autre recours que de retrouver et gagner la confiance de la biochimiste d’ »Outcome », Marta Shearing, elle-même menacée de mort…

Avis :

Les films d’animation et les grandes cinématographiques ne sont pas les seuls à succomber au succès et aux suites à la pelle. En effet, depuis quelques temps, le moindre film ayant eu un tant soit peu de succès se voit précédé d’une suite ou d’une préquelle ou parfois des deux. Et la trilogie Jason Bourne, La Mémoire dans la Peau, La Mort dans la Peau et La Vengeance dans la Peau ne fait pas exception. Après avoir mis en scène l’agent secret le plus connu après James Bond, le scénariste Tony Gilroy propose une suite avec une conspiration encore plus grande et une chasse à l’homme moins trépidante. Car il faut le dire, ce Jason Bourne l’Héritage demeure peu passionnant et ne fait aucune ombre à la trilogie originelle, pis encore, il renvoie à des films d’espionnage longs et peu intéressants, comme a pu l’être Mensonges D’Etat. Mais pourquoi le film peine-t-il à décoller ? La faute aux acteurs ou à l’histoire ? Pénétrons un peu plus dans ce programme secret servant à fabriquer des êtres supérieurs.

Alors que la trilogie de départ ne laisser présager qu’un seul agent secret très puissant et surentrainé, Tony Gilroy, scénariste de son état, ayant à son actif la trilogie des Jason Bourne mais aussi Jeux de Pouvoir, Duplicity ou encore Michael Clayton, va proposer un autre complot, encore plus grand, montrant que cette fois, l’agent Bourne n’était pas le seul, mais qu’il y en avait bien d’autres. Voilà une façon bien simple et un peu facile de relancer la franchise. Mais après tout, pourquoi pas ? Le seul problème, c’est que l’on va nager en pleine science-fiction, alors que le postulat de base demeure très terre à terre. La défaillance avec l’agent Bourne va déclencher une liquidation systématique de tous les agents, sauf que l’un d’entre eux s’échappe et qu’il va essayer de comprendre pourquoi on en veut à sa peau. L’autre problème vient de cachets qu’il doit prendre, sans quoi, il risque de mourir. En même temps, une tuerie a lieu dans les locaux biochimistes cherchant des traitements pour ces super soldats. La seule rescapée, alors que l’on essaye encore de la tuer pour qu’elle ne révèle rien, va se faire sauver par le dernier agent et ils vont, ensemble, essayer de rejoindre les Philippines, pour guérir totalement l’agent, pouvant ainsi se séparer de ses cachets. Si le scénario peut paraître complexe, il n’en est rien tant la linéarité du métrage est agaçante. Prenant le spectateur pour un imbécile, on lui explique tout, du premier film de Jason Bourne jusqu’à maintenant et on lui balance des inepties médicales, tentant vainement d’expliquer la nécessité des médicaments et l’inoculation d’un virus. Du coup, le film, qui se veut d’action, va se perdre en palabres et l’ennui va vite pointer le bout de son nez. Le pire, c’est que les moments d’action se comptent sur les doigts d’une main.

Mais le pire dans tout ça, ce doit être l’ambiance assez impersonnelle et mécanique du film. Comme tout blockbuster qui se respecte, le film se contente d’aligner quelques passages un peu vifs avec des dialogues sensés être intelligents, mais avec aucune idée de mise en scène et surtout sans aucun charisme apparent. C’est le principal défaut de ce film, qui ne prévoit aucune surprise et qui se tient à peine debout grâce à trois acteurs sympathiques. Du coup, il est très difficile de prendre en pitié cette docteure et cet espion qui tente d’échapper à des poursuivants très puissants. Ce qui me gêne le plus dans ce genre de métrage, c’est la faculté hallucinante de ne prendre aucun risque et de faire quelque chose de mainstream et de linéaire pour plaire à un plus grand public.

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On a connu mieux comme vacances, n’est-ce pas chérie ?

Autrement, le film demeure assez intéressant grâce aux prestations du trio d’acteurs. En première ligne, on voit la révélation de l’année avec Jeremy Renner, bien souvent second couteau dans des films comme 28 Semaines Plus Tard, il tient, depuis Avengers, une grande forme et accumule les contrats pour les rôles titres. Ainsi lui échoue celui de Aaron, le nouvel espion traqué. Il tient bien la route, même s’il n’est pas imposant physiquement, mais il possède un réel talent, et évite de jouer les gros bourrins, même  si les phases de combat sont bien violentes. A ses côtés, on a Rachel Weisz. Si la belle a elle aussi un vrai talent, notamment dans les drames, elle reste, depuis quelques années, sur les mêmes registres, et cela devient un petit énervant. Jouant le même rôle de pleureuse que dans Dream Home, elle en devient pénible et on a du mal à supporter ses crises de larmes. D’autant plus qu’elle ne fait pas très crédible dans les moments d’action, comme la course à moto avec son joli casque sur la tronche. Par contre, Edward Norton joue un rôle un peu à part, étant le bureaucrate qui gère la traque et qui reste très sobre. Malheureusement, son rôle n’est pas très important et il demeure assez effacé malgré son intelligence. Il m’a fait penser à Russel Crowe dans Mensonges d’Etat. Le reste du casting demeure anecdotique, notamment lors des passages de dialogues entre tous les politiques et cela ne sert que de remplissage pour rappeler la saga originale.

On pestera aussi devant la vacuité des courses-poursuites et la chance du méchant de ne pas perdre sa piste de vue dans la circulation de Manille. Certains passages frôlent l’incohérence comme le fait que le héros se remette aussi rapidement d’une grosse fièvre ou encore la faculté d’un des agents de poursuivre les gentils alors même qu’il les a perdu de vue. En atteste la scène de motos sur le pont, où le héros monte les escaliers et quelques minutes plus tard, le méchant prend la même route alors qu’il ne les avait pas en visu. Néanmoins, elles ont le mérite de faire passer le temps et d’être assez lisibles.

Au final, Jason Bourne L’Héritage est un film moyen, voir décevant. N’arrivant pas à la cheville de la trilogie originale, le film se perd dans un scénario alambiqué pour pas grand-chose et dans des palabres incessantes et peu ou pas intéressantes. Il en résulte une déception assez grande par rapport à l’attente et une histoire bien maigre. A voir si suite il y a…

Note : 10/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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