décembre 3, 2021

L’Ultime Secret du Christ – José Rodrigues Dos Santos

9782266245487

Auteur : José Rodrigues Dos Santos

Editeur : Pocket

Genre : Thriller

Résumé :

Italie, la Bibliothèque vaticane. En pleine nuit, Patricia Escalona est égorgée alors qu’elle étudiait l’un des plus anciens manuscrits détenus par l’Église : Le Codex Vaticanus. Près de son corps, le tueur laisse un message codé. Tomás Noronha, travaillant sur les ruines du Forum, est appelé sur le lieu du crime par la police : il a été le dernier contact de la victime. L’historien émérite, expert en cryptologie, réussit à décoder le message du tueur et se laisse embarquer dans une enquête qui va vite se compliquer. Car un nouveau meurtre aux allures rituelles a lieu en Irlande, puis un autre en Bulgarie, tous deux accompagnés de messages codés et d’allusions aux Saintes Écritures. D’une victime à l’autre, d’un code à l’autre, Noronha est entraîné dans une analyse des textes bibliques particulièrement troublante. Une quête de vérité qui va le conduire en Israël, sur les traces d’une des plus grandes figures de l’humanité : Jésus-Christ.

Avis :

S’il y a bien une figure religieuse qui ne cesse d’alimenter le thriller ésotérique, c’est bien Jésus Christ. Depuis le succès mondial du Da Vinci code, plusieurs auteurs ont tenté d’entretenir la polémique avec plus ou moins de réussite. Que cela concerne des essais, des romans, des livres historiques ou de théologie, à peu près tout et n’importe quoi a été dit sur le sujet. Il est donc difficile de faire la part de la réalité, du fantasme et des croyances que l’on a acquise au cours de notre scolarité. Pourtant, cela n’a pas découragé José Rodrigues dos Santos pour nous offrir un panel exhaustif des origines de la chrétienté. Un rabâchage inutile ou une approche originale et novatrice ?

Pour resituer l’action, L’ultime secret du Christ n’est pas la seconde aventure de Tomás Noronha, mais le cinquième tome de la série. La faute à une sortie tardive et anarchique des ouvrages de l’auteur. Si l’intrigue demeure intelligible pour ceux qui n’ont pas lu La formule de Dieu (qui était le deuxième opus), il est bon de noter cet état de fait étant donné une sensible évolution dans l’écriture, ainsi que dans la structure même du roman. Là où on avait droit à des chapitres assez longs et à un texte assez dense qui privilégiait l’intérêt du contenu au suspense, la présente histoire se rapproche sensiblement d’une construction à la Dan Brown.

D’ailleurs, ce ne sera pas le seul point commun, loin s’en faut. Outre la thématique principale, on remarquera une caractérisation semblable avec des antagonistes aux profils éculés. Avec un individu anonyme et son homme de main un rien simplet, mais serviable et compétent, on a l’impression d’avoir un « Silas bis » aux ordres de Sir Teabing pour exécuter les basses besognes. La confrontation entre Tomás et Valentina, une fervente catholique et inspectrice de surcroît, demeure également facile à plus d’un titre. Opposer les vérités historiques aux idées reçues véhiculées par les croyances populaires est intéressant, mais José Rodrigues dos Santos en oublie de développer ses personnages.

Il est vrai que l’intrigue s’avère plaisante à suivre grâce au style de l’auteur. Cependant, on ne peut s’empêcher de songer que certains passages s’étendent plus que de rigueur en délaissant les investigations et le cœur du problème pour un exposé long et méticuleux sur les origines du christianisme et de la Bible. On décortique chaque séquence, chaque incohérence, afin de pointer du doigt les errances et les falsifications (le mot est faible) fomentées par l’Église catholique. En ce sens, les personnes les plus croyantes (et non érudites) peuvent ignorer le présent ouvrage sous prétexte de sombrer dans un profond désarroi au vu de qui s’annonce ; à moins qu’elles ne se contentent d’un déni inébranlable.

En effet, l’auteur dénonce, avec une approche scientifique à l’appui, les mensonges les plus éhontés de la chrétienté. La vie du Christ, sa vie et sa conception du judaïsme, les évangiles et leurs anecdotes inventées de toutes pièces… Rien n’est épargné et cela a le mérite de remettre certaines absurdités à leur place, tout comme les gens de bonnes mœurs qui les véhiculent avec des œillères. En cela, l’histoire fait honneur au genre en suscitant la polémique. Toutefois, il aurait gagné à un peu plus de réalisme sur la forme étant donné que le personnage principal cite à la lettre prête les passages clefs avec références des chapitres et versets à l’appui ou, selon les circonstances, a toujours une Bible à portée de main.

Au final, L’ultime secret du Christ est une semi-déception. La faute à un précédent livre fascinant au possible qui intriquait habilement religion et science. S’il est loin d’être mauvais, le présent ouvrage ressemble à un sosie du Da Vinci Code. Autrement dit, il se révèle plus dynamiques, mais n’évite pas les clichés propres au thriller ésotérique tout en se perdant parfois dans des explications trop longues. On saluera néanmoins l’exhaustivité et le travail de recherche dont a fait preuve l’auteur pour ébranler les fondations du christianisme, et ce, de fort belle manière. Un livre dont la forme aurait dû égaler le fond pour faire la différence.

Note : 13/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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