décembre 3, 2021

Le Jour où j’ai Appris à Vivre – Laurent Gounelle

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Auteur : Laurent Gounelle

Editeur : Kero

Genre : Philosophique

Résumé :

Et si tout commençait aujourd’hui ?

Imaginez : vous vous baladez sur les quais de San Francisco un dimanche, quand soudain une bohémienne vous saisit la main pour y lire votre avenir. Amuse, vous vous laissez faire, mais dans l’instant son regard se fige, elle devient livide. Ce qu’elle va finalement vous dire… vous auriez préfère ne pas l’entendre. A partir de là, rien ne sera plus comme avant, et il vous sera impossible de rester sur les rails de la routine habituelle.
C’est ce qui va arriver à Jonathan. A la suite de cette rencontre troublante, il va se retrouver embarque dans une aventure de découverte de soi ponctuée d’expériences qui vont changer radicalement sa vision de sa vie, de la vie. Ce roman, dont l’intrigue est basée sur des expériences scientifiques réelles, éclaire d’une lumière nouvelle notre existence et nos relations aux autres, et apporte un souffle d’air pur dans notre vie.

Avis :

Il est difficile de se pencher sur des thèmes ayant trait à la philosophie ou au développement personnel sans se montrer un rien moralisateur ou abscons dans les propos tenus. On peut citer des ouvrages qui exigent plusieurs relectures pour en découvrir toutes les subtilités (ceux de Deepak Chopra, par exemple) et s’avèrent néanmoins des plus intéressants. Ou l’on peut choisir des spécialistes beaucoup moins ouverts qui rendent leur sujet inintelligible à force de vocabulaire trop soutenu ou de conclusions aux messages finalement très obscurs. Pour ce qui est des romans, les auteurs accessibles dans ce domaine ne sont pas très nombreux.

Depuis quatre livres, Laurent Gounelle s’interroge sur le sens de la vie en s’adressant à un large public. Son petit dernier ne déroge pas à une construction qui correspond, à peu de choses prêtes, à ses précédents ouvrages. D’une simplicité presque enfantine, le style se montre fluide et parfaitement compréhensible ; tant dans les descriptions que dans les propos avancés. Il est vrai que la narration n’est pas exempte de reproches. Un rien décousue avec une succession d’histoires secondaires qui ont autant d’importances que le cœur de l’intrigue. La démarche plaît ou non, mais démontre une réelle volonté de développer des idées et des concepts originaux.

L’on retrouve des échanges profonds sur le sens de notre existence, la place qu’occupe l’homme sur Terre ou les conséquences de ses choix à moyens et longs termes sur l’environnement. Nous ne sommes pas dans un pathos larmoyant qui pestent contre la pollution, la déforestation ou l’individualisme, mais bel et bien dans un élan d’optimisme et de fraîcheur prompt à l’éveil. Comprenez des pistes pour être en meilleure adéquation avec ses envies et un mode de consommation plus responsable. Des petites actions en apparence anodine qui permettrait d’améliorer le quotidien de tout un chacun. A contrario, cette spontanéité peut démontrer une certaine naïveté aux yeux des lecteurs les plus aigris ou les plus blasés.

Il n’en demeure pas moins une progression agréable et sans complexe où les différents protagonistes s’entrecroisent à différents stades. Des vieilles connaissances, des rencontres fortuites ou des coïncidences étonnantes sont à prévoir au fil des pages. L’histoire a parfois tendance à s’attarder plus que de rigueur sur ces tranches de vie tantôt sympathiques, tantôt émouvantes, tantôt pathétiques. On ne déplore pas de longueurs accablantes (le livre compte moins de 300 pages en grand format) ou d’ennui latent, mais certaines séquences passent moins bien étant donné une justification discutable au sein de l’intrigue.

La caractérisation dispose d’une écriture assez soignée qui évoque d’autres personnages des précédents romans de l’auteur. Une existence qui ne leur convient plus, des coups de pouce du destin pour une remise en question globale, un tempérament déprimé… Tout cela pointe vers un changement majeur dans leur vie professionnelle et/ou privée. On pourrait trouver certains comportements un peu trop appuyés (comme s’extasier devant un radis qui s’offre à l’homme ou comment la vie se nourrit de la vie dans un cycle sans fin), mais l’ensemble a pour but d’exposer les idées de l’auteur. Dans d’autres genres, ce choix aurait plombé la qualité générale. Ici, cet écueil passe au second plan sans difficulté.

Avec Le jour où j’ai appris à vivre, Laurent Gounelle poursuit son œuvre sur l’existentialisme avec un récit léger et néanmoins profond dans ses fondements. Nullement rédhibitoire dans son approche, cet ouvrage s’avère autant un moment de détente (un rien trop rapide, il est vrai) qu’un point de vue intéressant et singulier sur notre vie. Malgré quelques maladresses narratives et une intrigue morcelée par les histoires secondaires, il en résulte un roman porteur d’une bouffée d’optimisme via un enthousiasme contagieux. Ou comment un livre accessible à tous propose de lire entre les lignes pour poursuivre l’aventure dans son quotidien…

Note : 15/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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