janvier 22, 2022

The Scribbler – Morosité Chez les Fous

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De: John Suits

Avec Katie Cassidy, Garret Dillahunt, Michelle Trachtenberg, Michael Imperioli

Année: 2014

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller, Fantastique

Résumé:

Antichambre de l’enfer sur terre, la Tour Juniper regroupe une variété de sociopathes et dégénérés mentaux, violents de préférence.
Un enfer dans lequel vit Suki, une jeune femme qui tente de vaincre sa maladie mentale à l’aide d’un nouveau traitement dont elle ne contrôle pas tous les effets… Alors que les meurtres se succèdent à Juniper, Suki va très vite devenir le suspect n°1.

Avis:

Adapter un comics n’est jamais évident parce qu’il faut coller au plus près de l’ambiance graphique qui s’en dégage. Et cela est d’autant plus vrai quand on s’éloigne vraiment des gros blockbusters super-héroïques, car il ne faut pas tomber dans le piège de la surenchère et du ridicule avec un budget riquiqui. Et si certaines productions indépendantes sont plutôt bonnes, voire excellentes, comme Détention de Joseph Kahn, bien souvent on tombe dans un certain misérabilisme, et on peut citer des films comme The Spirit, Jonah Hex ou encore Spawn. Et The Scribbler se range dans la seconde catégorie tant le film est insupportable à regarder. Alors il faut savoir que ce film est l’adaptation d’un comics de Dan Schaffer qui n’est pas particulièrement connu mais qui reste possède une véritable ambiance et un graphisme très léché. On peut donc comprendre pourquoi le film possède un visuel si particulier, mais le fait est que rien ne marche vraiment pour garder le spectateur attentif.

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Suki est une jeune fille qui possède plusieurs personnalités. Afin de se soigner, un médecin l’envoie vivre à Juniper Tower, un immeuble où n’habite que des malades mentaux en semi-autonomie. Elle fait la rencontre de plusieurs personnes, dont son voisin de chambre qui couche avec toutes les résidentes. Elle se rend compte que sa machine à électricité qui doit la soigner la transforme en une sorte de super-héroïne qui écrit à l’envers et qui fait partie de ses personnalités. Mais une vague de suicides fait rage dans l’immeuble et Suki est le principal suspect.

Avoir une imagerie particulière demande à avoir un minimum de talent et de détachement pour se rendre compte que l’on va trop loin. Frank Miller ne s’en est pas rendu compte avec son deuxième Sin City qui flirte avec le mauvais gout ou encore The Spirit qui tenait plus du film esthétique que du vrai film de cinéma. The Scribbler se retrouve dans le même cas de figure avec des couleurs criardes et surtout un montage clipesque totalement insupportable. Il y a un contraste permanent entre l’univers glauque et réaliste que veut imposer le réalisateur et les couleurs vives utilisées pour illustrer certaines choses. On passe donc du gris/vert au violet sans espace de temps et l’ensemble ne colle pas du tout. Exactement comme l’inspectrice qui interroge le personnage principal (délicieuse Eliza Dushku), qui semble sortir d’un polar des années 50 alors que nous sommes dans une temporalité contemporaine. Et le film joue tout le temps sur des contrastes assez bizarres et ma choisis, comme sur le style, puisque l’on navigue en eaux troubles entre thriller, fantastique et parfois horreur.

En plus de cela, le film ne possède pas d’enjeux véritables. On commence par la fin, avec l’interrogatoire et on aura les explications au fur et à mesure. Ce procédé est assez ennuyeux car il démontre une incapacité à explorer une autre narration qui pourrait maintenir le spectateur en éveil. On est pris en otage pour savoir le fin mot de l’histoire par ce début où l’on sait qu’il s’est passé quelque chose, mais on ne sait pas quoi. D’autant plus que les personnages présents dans le film ne sont pas du tout attachants, bien au contraire. Entre la nympho qui a un serpent, la nana qui a la phobie des vêtements, la psychopathe qui pousse tout le monde dans les escaliers ou encore la dépressive déguisée en lapin, il n’y a rien qui pousse à sentir de l’empathie pour ces personnages. Même le seul homme présent est détestable. Quant à l’héroïne, on ne s’attache pas à elle car elle est tout simplement insupportable et hystérique. On ne comprend pas certains de ses choix, on ne comprend pourquoi parfois elle revêt certains vêtements comme cette tenue de squelette et on ne comprend pas le fondement de l’histoire.

C’est-à-dire que l’on a la sensation que tout tourne autour de cette machine électrique qui modifie les personnalités, permettant d’utiliser toutes ses capacités cérébrales (Lucy si tu nous entends). Seulement, hormis le fait de placer quelques effets spéciaux dégueulasses et de donner des superpouvoirs aux gens, elle ne sert absolument à rien dans l’intrigue. De ce fait, le film aurait gagné à devenir plus simple, allant plutôt vers le thriller glauque, que de tendre vers du fantastique qui ne tient pas la route. Et à cause de cela, on perd de vue l’intrigue, l’enjeu et cela donne une image très nanar du film qui devient un grand bordel sans que ce soit nécessaire. Après cela permet de voir les seins de Katie Cassidy (Laurel dans Arrow) et même si elle joue comme une patate, elle reste plus agréable à regarder que dans la série de l’archer.

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Au final, The Scribbler est une bien jolie daube sans saveur qui ne maintiendra pas éveillé le spectateur. Visuellement horrible avec une histoire à coucher dehors sans queue ni tête, le film s’embourbe dans un mélange des genres et une réalisation odieuse qui ferait croire qu’un clip de rap est un chef d’œuvre. Bref, un film à éviter, qui en plus de raconter une histoire chiante, ne dénonce rien et ne possède aucun message si ce n’est que la normalité n’existe pas et que seuls les fous possèdent la raison. Je ne suis pas fou.

Note: 02/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=USd7NSFQkh8[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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