décembre 2, 2021

These Final Hours – Comme la Fin du Monde est Belle

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De : Zak Hilditch

Avec Nathan Phillips, Angourie Rice, Jessica de Gouw, Kathryn Beck

Année : 2013

Pays : Australie

Genre : Thriller

Résumé :

À douze heures de la fin du monde, avant qu’un terrible événement n’éradique la vie sur Terre, James traverse une ville où le crime règne en maître pour se rendre à une fête phénoménale – la fête ultime.
En chemin, il sauve à contrecœur la vie d’une fillette, prénommée Rose, qui recherche son père à tout prix. Tandis que l’échéance fatale se rapproche, James, désormais investi d’une nouvelle responsabilité, est contraint de remettre en question ses priorités.

Avis :

L’Australie est certainement le pays le plus dangereux du monde avec sa faune exotique et venimeuse. Mais c’est aussi une terre aride où le cinéma brille grâce à des films âpres, violents et souvent visionnaires. Entre le film de vengeance ultra violent The Horseman, la comédie gore Undead ou encore la chronique sociale Animal Kingdom, et sans oublier le film post-apocalyptique par excellence, Mad Max, le cinéma australien surprend, ose et livre des films dénués de toutes contraintes scénaristiques ou politiques. Certes, le pays fournit aussi son lot de nanars, à l’image de Bait, le requin dans le supermarché, mais là encore, ce n’est pas totalement indéfendable et le film possède des qualités, dont la volonté de vraiment installer une tension. Et de la tension, These Final Hours en est rempli jusqu’à la moelle, poussant à l’extrême l’humanisme alors que la fin du monde arrive.

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Une météorite vient de frapper la Terre et les continents disparaissent les uns après les autres dans une vague de feu. L’Australie sera touchée dans douze heures. James, alors avec un de ses copines, apprend qu’elle est enceinte. Mais il est invité à une grande fête et souhaite revoir sa vraie copine avant la fin du monde. Il décide de ne plus rien sentir en se droguant et en buvant et part à cette fête. Alors qu’il tombe en panne d’essence, il découvre deux hommes kidnappant une petite fille. Voulant voler leur van, il libère la jeune fille et s’enfuit avec elle. Seulement, elle veut rejoindre son père et sa tante dans une grande maison et lui veut aller à sa fête. S’engage alors un road trip chaotique dans lequel James va se trouver une responsabilité qu’il n’a jamais eue et l’occasion de faire le bien avant la fin du monde.

Pour un premier film, on peut dire que Zak Hilditch a mis la barre très haut. Sortant d’une série de court-métrage, il livre un film violent, chaud, sanguin, mais terriblement humain. En effet, il n’utilise pas d’artifices pour son film et apporte une vision vraiment plausible de toutes les réactions humaines avant la fin du monde. Entre ceux qui préfèrent se suicider et ceux qui font la fête ou assouvissent leurs désirs les plus profonds, le réalisateur renvoie une image peu glorieuse de l’humanité, entre insouciance et violence. Et au milieu de cet océan infernal, il pose l’innocence avec une jeune fille qui ne veut qu’être avec son père avant de périr. La rencontre avec le héros se fait dans la violence, qui suivra d’ailleurs les protagonistes jusqu’au bout, pour laisser la place à une relation saine, salvatrice, comme celui d’un père ou d’un grand frère envers sa petite sœur. La force de These Final Hours tient à cette relation, simple, normale, dans un monde en proie à la folie et même si cela n’apporte pas un souffle salvateur, la vraisemblance de cette union fait que l’on sent de l’empathie pour eux. D’ailleurs, les prestations des comédiens sont impeccables, montrant que Nathan Phillips est un vrai acteur, bien loin de son image de beau gosse débile qu’il affiche par exemple dans Dying Breed.

En l’état, These Final Hours est une petite bombe émotionnelle qui prend aux tripes pour ne jamais lâcher le spectateur. Parce que non seulement la relation entre les deux personnages principaux est forte, mais aussi parce que cette rédemption donne au personnage principal une envergure incroyable. Le road trip est totalement nihiliste, mais il permet d’asseoir une véritable identité au personnage de James, qui voit sa famille disparaître sans lui, parce qu’il n’était qu’un homme à femmes égoïste. Cela est d’autant plus émouvant lorsqu’il retrouve sa mère et qu’il comprend tout ce qu’il a raté avec elle mais aussi sa famille. Le spectateur qui ne sera pas en larmes devant ce film doit avoir un cœur de pierre tant tout est solaire et puissamment mis en image. D’ailleurs, il y a une ambiguïté permanente entre la couleur du film, flamboyante, et cette dépression qui règne dans le pays, montrant toute la maestria du cinéaste. Talent qui réside aussi dans la narration, avec la voix-off d’un homme à la radio, évoquant le destin des autres pays mais aussi les prises de conscience d’un homme avant la fin du monde, dernier écho d’une personne sensé.

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Au final, These Final Hours est l’une de ces petites bombes que l’on n’attend pas, qui prennent aux tripes et qui ne lâchent pas le spectateur. Nihiliste mais profondément humaniste, ce premier film de Zak Hilditch est d’une beauté incomparable et fait partie de ces films qui marquent à jamais. Simple, touchant, violent, un film doté d’une force incroyable qui laisse sur le carreau.

Note : 19/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=jozEpGIrzeU[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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