mai 16, 2021

Darling

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De : Christine Carrière

Avec Marina Foïs, Guillaume Canet, Océane Decaudain, Anne Benoit

Année : 2007

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Darling est une femme d’aujourd’hui, lancée dans le broyeur de la vie, et qui donne l’impression de toujours choisir la mauvaise direction. Elle souffre car la vie ne l’épargne jamais vraiment. Mais elle ne se voit pas comme une victime. Elle ne s’apitoie pas sur son sort. Au contraire, son parcours, son histoire, témoignent d’une rage de vivre envers et contre tout. Elle se bat pour exister. Si elle tombe, elle se relève. Ses rêves se heurtent à la réalité mais elle avance, toujours et encore. Proche de la rupture, elle puise au fond d’elle-même une énergie pour continuer.
Sa parole la révèle comme une femme qui veut garder sa dignité et séduire malgré tout.
Darling est naïve et effrontée, instinctive et courageuse. Elle possède la force vitale d’une héroïne de tragédie.

Avis :

Marina Foïs, c’est la bonne copine du cinéma français. Toujours dans des comédies sympas, elle traîne sa jolie frimousse et son phrasé si particulier depuis plus de vingt ans maintenant. D’abord sur scène avec la plus que célèbre troupe « Les robins des bois« , c’est en toute logique que le cinéma français lui ouvre ses portes. Mais alors qu’on la connaît principalement dans des rôles plutôt légers, comiques, totalement absurdes, la réalisatrice Christine Carrière va alors lui proposer un rôle fort, sombre, à contre-emploi total. Un choix culotté, mais qui au final s’avère payant.

« Darling« , c’est le drame quotidien d’une femme. C’est un film qui malgré les défauts et les longueurs que l’on pourra y trouver, a tendance à faire froid dans le dos, tant sa banalité est réaliste. Adapté du roman homonyme de Jean Teulé, la réalisatrice nous plonge dans l’enfer d’une vie qui nous échappe complètement et offre par la même occasion, son rôle le plus fort à Marina Foïs.

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Dans sa vie, Catherine a rarement eu de la chance. Fille de paysans, elle grandit à la campagne, entre un père qui se fiche d’elle et une mère qui n’a jamais vraiment su l’aimer. La petite fille a un physique plutôt ingrat, et fait l’objet de railleries de la part même de ses parents. Adolescente, elle se jure de ne jamais se mettre avec un paysan. Non, elle, ce qu’elle veut, c’est partir de là et d’ailleurs, elle épousera un routier. Et c’est ce qu’elle va faire. Alors qu’elle guide des routiers égarés sous le pseudonyme de Darling sur les ondes de la cibi, elle va rencontrer Roméo, un jeune homme beau, convenable et surtout qui conduit un gros camion. L’idylle au départ est belle, mais très vite après s’être mariée et donner naissance à leur premier enfant, Catherine découvre l’autre visage de Roméo, un homme violent, sans respect. Un homme qui va l’emporter dans une spirale infernale et peu à peu détruire sa vie et ses rêves.

Pour son quatrième film, la réalisatrice Christine Carrière a choisi un sujet très sensible, la maltraitance des femmes. Un sujet dur, et pas si évidemment que cela, car le piège de tomber dans le misérabilisme est facilement accessible. Il était facile de filmer une femme se faisant taper dessus et de sombrer dans le glauque et « le gratuit ». Mais heureusement, la réalisatrice arrive à éviter cela avec aisance. À aucun moment, même dans les plus dramatiques, le film n’exagère son contenu ou donne dans le choquant, pour convaincre de l’enfer de son personnage principal. On salue donc l’intelligence de Christine Carrière d’avoir fait ce choix. Car en fin de compte « Darling« , c’est l’histoire d’une paumée qui fait constamment les mauvais choix et les conséquences de ces mauvais choix vont alors briser à jamais sa vie. Le scénario et l’histoire de « Darling » sont touchants. D’ailleurs n’importe qui peux être touché par le courage ou la lâcheté de cette femme, cela dépend de quel point de vu on se place, surtout qu’elle est incarnée par une Marina Foïs qui trouve avec ce film son plus beau rôle à ce jour. L’actrice, quelque peu transformée pour le rôle (Marina Foïs a dû prendre plusieurs kilos pour le rôle et ça lui va bien), est terriblement convaincante dans la peau de Darling. Elle est capable d’être tristement drôle parfois, et d’un coup se renfermer et nous faire passer tout un tas de ressentis avec ses silences. Elle n’avait franchement pas volé sa nomination aux Césars cette année-là et peut être bien même qu’elle aurait dû l’avoir. Guillaume Canet est tout aussi bien dans le rôle du mari violent, inconscient. Le comédien énerve dans le bon sens et son jeu, entre naturel déconcertant et regret parfois, est tout aussi touchant que le parcours de sa femme.

Mais après le talent de Marina Foïs, après la monstruosité de l’histoire qui dans un sens m’a pas mal remué, je dois quand même dire que j’ai eu du mal avec la façon dont la réalisatrice nous présente cette tranche de vie. J’ai qu’il y avait beaucoup de longueurs et de scènes qui se répètent. La réalisatrice nous présente le quotidien de la petite, mais il faut l’affronter, avec des instants que je n’ai pas trouvés intéressants. J’ai eu un peu de mal à entrer dans le film. L’histoire de début, où l’on suit Darling quand elle a douze ou treize ans, m’a paru interminable. Bien sûr, ce qui arrive à cette petite fille est touchant, la réaction des parents a le don d’agacer, mais la réalisatrice laisse traîner un peu en longueur cette introduction, si bien qu’elle doit faire au moins une demi-heure avant que l’on découvre « Darling » adulte et c’est vraiment trop long. À croire que la réalisatrice étire autant qu’elle peut sur la corde, pour enfin nous présenter Darling. Et c’est dommage, car ça reste bien filmé, mais cette entrée en matière m’a quelque peu saoulée.

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« Darling » est donc un film que j’ai plus ou moins aimé. J’ai été pris par le destin tragique de cette femme, j’ai été touché par le réalisme et la neutralité que la réalisatrice a su apporter à son film. Mais j’ai aussi été ennuyé par sa façon vraiment trop longue et souvent détournée de nous raconter cette histoire. En bref, c’est touchant, mais mou du genou. Mais bon, le film reste à voir à mon sens, ne serait-ce que pour Marina Foïs qui est vraiment bluffante.

Note : 13/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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