octobre 2, 2022

Charlie Winston – Curio City

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Avis :

En musique, il y a quelques fois des phénomènes assez bizarres. Il est même presque ironique de voir que certains artistes étrangers, comme les Etats-Unis ou l’Angleterre, n’ont pas le succès escompté dans leur pays et trouvent finalement la gloire dans notre joli pays. Cela arrive notamment aux bluesmen comme Popa Chubby ou Eric Bibb, mais aussi à d’autres personnalités aux sonorités plus pop comme Charlie Winston. Le monsieur déboule sur nos radios et écrans en 2009 avec le tube Like a Hobo. Chapeauté par un certain Peter Gabriel, il aura beaucoup de succès en France, mais peu en Angleterre, ce qui reste un mystère tant le morceau et plaisant et la voix du chanteur si particulière. Après quelques concerts sauvages, il arrive avec son deuxième album, moins pop, plus folk et surtout mais accessible pour le grand public. Il rencontre néanmoins un joli succès et compose la bande originale du film Lullaby. En 2012, le chanteur refait parler de lui, en tant que producteur cette fois-ci, sur l’album de Saule, un artiste belge avec lequel il signe le duo Dusty Men qui envahira les radios. C’est début 2015 que le chanteur revient sur le devant de la scène avec un nouvel album, Curio City, qui ne signe pas vraiment de renouveau, mais qui montre que le chanteur veut renouer avec le succès de Hobo.

Le skeud débute avec Wilderness, un morceau qui peut se couper en deux parties distinctes. Il débute comme n’importe quel titre de Charlie Winston, sans révéler de grande nouveauté. Néanmoins, lorsque le refrain arrive, on sent comme une onde libératoire pour le chanteur. En effet, il lâche alors des « Wilderness » à tours de bras, laissant partir un piano agréable avec une jolie batterie pour fournir un titre très mélancolique, marque de fabrique de l’artiste depuis le deuxième album, mais assez puissant dans ses élans. Et fort heureusement, ce ne sera pas le seul titre à être de cet acabit. Say Something est aussi un titre plutôt enjoué, suivant une batterie qui scande un rythme agréable et avec un chanteur que l’on sent à l’aise et prêt à laisser partir sa voix. C’est assez pêchu tout en restant dans l’univers de l’artiste. Another Trigger fait aussi partie de ces morceaux plutôt énergique ou tout du moins qui possède une énergie latente. Mettant en avant une guitare maîtrisée, le chanteur explore le côté country tout en restant très pop avant de partir dans un refrain complètement pop et entêtant, mettant en avant ses qualités de mélodiste. Enfin, Evening Comes est un morceau très funk, avec une guitare pincée sympathique et une ligne de basse qui fait irrémédiablement penser à ce genre de musique. Le titre est intéressant même s’il lui manque un petit truc pour devenir vraiment génial.

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Néanmoins, tout n’est pas au top dans ce skeud, loin de là. Tout d’abord, beaucoup de titres sont calibrés dans un excès de pop afin de devenir de futurs hits à la radio. On pense bien évidemment à Lately, le premier tube de l’album, qui reste sympathique, mais qui n’est pas caractéristique de ce que peut faire l’artiste. On retrouve des sifflets en guise de camouflet afin de rentrer dans la tête des gens, mais cela demeure assez insuffisant, surtout quand on voit la tronche de l’instrumentalisation derrière. Et dans l’album, il faut se taper trois versions différentes de ce titre, bonjour l’angoisse. On peut dire la même chose de Too Long, deuxième titre à sortir à la radio, qui est mou, assez inintéressant et ne reflète pas vraiment les traits de caractère de Charlie Winston. Et là aussi, deux versions se battent sur le skeud, offrant beaucoup de pistes mais qui se répètent. Enfin, on peut aussi évoquer A Light, en deux versions, une nuit et une jour, qui reste agréable, mais pas inoubliable avec quelques arrangements électros du plus mauvais gout. Pour terminer, dans tout ce tas de chansons, certaines demeurent complètement transparentes, à un tel point que l’on oublie la mélodie quand on lit le titre (ou l’inverse, on oublie le titre en écoutant la mélodie). Bref, beaucoup de choses restent à revoir pour fournir un aussi bon album que le premier.

Au final, Curio City n’est pas un mauvais album, on en est même loin, il reste un skeud agréable, parfois sensible, parfois touchant, parfois entrainant, mais avec un ensemble de morceaux souvent chiants ou anecdotiques. Ayant du mal à sortir de son carcan de dandy charmeur, Charlie Winston livre un album moyen mais qui sera ravir les fans et ouvrir le champ à d’autres auditeurs.

  1. Wilderness
  2. Truth
  3. Say Something
  4. Fear & Love
  5. Too Long
  6. A Light (Night)
  7. Another Trigger
  8. Lately
  9. Just Sayin’
  10. A Light (Day)
  11. Evening Comes
  12. Stories
  13. Too Long (Radio Edit)
  14. Lately (Tobtok remix)
  15. Lately (The Avener Rework)

Note: 13/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=uY-n30EXPyk[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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