juin 22, 2021

L’Affaire SK1

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De : Frédéric Tellier

Avec Raphaël Personnaz, Olivier Gourmet, Nathalie Baye, Michel Vuillermoz

Année : 2015

Pays : France

Genre : Policier

Résumé :

Paris, 1991. Franck Magne, un jeune inspecteur fait ses premiers pas à la Police Judiciaire, 36 quai des Orfèvres, Brigade Criminelle. Sa première enquête porte sur l’assassinat d’une jeune fille. Son travail l’amène à étudier des dossiers similaires qu’il est le seul à connecter ensemble. Il est vite confronté à la réalité du travail d’enquêteur : le manque de moyens, les longs horaires, la bureaucratie… Pendant 8 ans, obsédé par cette enquête, il traquera ce tueur en série auquel personne ne croit. Au fil d’une décennie, les victimes se multiplient. Les pistes se brouillent. Les meurtres sauvages se rapprochent. Franck Magne traque le monstre qui se dessine pour le stopper. Le policier de la Brigade Criminelle devient l’architecte de l’enquête la plus complexe et la plus vaste qu’ait jamais connu la police judiciaire française. Il va croiser la route de Frédérique Pons, une avocate passionnée, décidée à comprendre le destin de l’homme qui se cache derrière cet assassin sans pitié. Une plongée au cœur de 10 ans d’enquête, au milieu de policiers opiniâtres, de juges déterminés, de policiers scientifiques consciencieux, d’avocats ardents qui, tous, resteront marqués par cette affaire devenue retentissante : « l’affaire Guy Georges, le tueur de l’est parisien ».

Avis :

Après avoir traîné sur un bon nombre de films en tant qu’assistant-réalisateur, notamment pour Elie Chouraqui, Tarsem, Jean-Marie Périer et même Olivier Marchal, après s’être fait la main sur des téléfilms et autres épisodes de séries françaises, Frédéric Tellier en vient à son premier long métrage destiné aux salles obscures. Et pour son premier film, le réalisateur décide de relater l’affaire de Guy George, célèbre tueur en série qui a sévi dans l’Est parisien durant les années 90.

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Il est vrai que notre pays a son lot d’affaires bien glauques et sordides. En 2014, les salles de cinéma ont vu raconter les destins d’Ilan Halimi dans le prenant « 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi« , mis en scène par Alexandre Arcady et du tueur de l’Oise, incarné par Guillaume Canet pour « La prochaine fois, je viserai le cœur« . 2015 ne perd donc pas la main et cette fois-ci, Frédéric Tellier ressort l’affaire du violeur et égorgeur de Paris. Une affaire sombre, qui s’étala sur presque dix ans. Ce sera donc un film bien à la française, emmené par un très beau casting et qui,  à défaut d’être aussi impressionnant comme le laissait présager l’affiche, sera très classique, mais diablement efficace.

Paris, 1991, Franck vient de réaliser son rêve de gamin, il entre comme enquêteur au célèbre 36 quai des Orfèvres. Mais il était très loin d’imaginer ce qui l’attendait vraiment. Car, quelques mois plutôt, le corps de Pascale Escarfail, une femme de dix-neuf ans, a été retrouvée égorgée, après s’être fait torturée et violée pendant des heures. La police n’a aucune piste et le dossier est resté en suspens. Franck va alors reprendre l’enquête et découvrir une coïncidence avec un autre meurtre semblable. Il ne le sait pas encore, mais il vient de reprendre l’affaire d’un tueur en série et pour attraper le monstre, il va lui falloir sept années. Sept années qui verront pas moins de huit jeunes femmes sauvagement assassinées.

« SK1 », « Le tueur de l’Est parisien » puis finalement Guy George. Pour arriver à ce nom, il aura fallu du temps, beaucoup de temps, de la patience et de l’investissement et l’on peut en dire autant du travail que Frédéric Tellier va faire sur ce premier long métrage. Il aurait fallu du temps et de la subtilité au réalisateur pour consigner et mettre en imagine dix ans de procédure sans rien oublier, tout en restant objectif et respectueux envers les familles des victimes.

Et c’est un film à la limite du documentaire que livre le réalisateur. Très documentée, « L’affaire SK1 » (Serial Killer, numéro 1), est le genre d’affaire qui a tout pour être adaptée au cinéma. Sombre, glauque, torturée, difficile, elle a révolutionné les procédures concernant l’ADN en France. Frédéric Tellier a mis la barre très haute pour ce premier film et l’on peut dire que le réalisateur s’en sort bien. Si le film est assez classique dans son genre et qu’il ne prend aucun risque, il n’en est pas moins intéressant. Monté en flashbacks, le film se déroule en deux temps, pendant le procès de Guy George et remontant l’enquête depuis son début avec l’arrivée de ce nouvel inspecteur au 36. L’enquête est bien suivie et la réalisation de Frédéric Tellier donne envie d’aller jusqu’au bout, malgré le fait que le film reste sans surprise. Je dois dire que même si le film est assez simple, voire même déjà-vu, l’enquête reste suffisamment efficace pour attiser notre attention jusqu’à la fin, tout comme les différents points de vue des protagonistes jusqu’à la fin. Et c’est sans longueur qu’on arrive à la fin du film, qui parait même un poil trop court.

Frédéric Tellier a aussi très bien su s’entourer pour donner vie aux différents personnages, Raphaël Personnaz, Michel Vuillermoz, et Nathalie Baye en tête. Mais celui qui sort radicalement du lot, c’est bien Adama Niane qui a la très difficile tâche de jouer le monstre, Guy George. Le réalisateur ayant le souci du réalisme, il axe son film sur la perception et l’obsession qu’a ce jeune inspecteur à vouloir regrouper tous les meurtres. C’est même un peu agaçant à vrai dire.

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Avec « L’affaire SK1« , Frédéric Tellier m’offre un premier bon film pour ce début d’année 2015. C’est vrai qu’il a un côté déjà-vu, mais il n’en restera pas moins intéressant et efficace. Le réalisateur va droit au but, et colle au plus près de la réalité, si bien que c’est presque un documentaire qui se déroule sous nos yeux et ce n’est pas pour déplaire. C’est un film à voir, si vous avez envie d’en savoir plus sur cette affaire, ou simplement parce que vous avez envie de voir un bon polar.

Note : 14/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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