octobre 21, 2021

The Wiz

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De : Sidney Lumet

Avec Diana Ross, Michael Jackson, Nipsey Russell, Ted Ross

Année: 1978

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie

Résumé:

Dorothy, jeune institutrice de Harlem se lance à la poursuite de son chien lorsqu’un tourbillon la transporte dans un Harlem remplit de fées, de sorcières et de magiciens. Elle recherche alors le magicien d’Oz, le seul qui puisse la sortir de là. Adaptation urbaine et afro-américaine du Magicien d’Oz.

Avis:

Le monde d’Oz, univers qui fait rêver. « Le magicien d’Oz« , au fil des années, a connu un bon nombre d’adaptations allant de celle de L. Frank Baum en 1908, jusqu’à la « version » de Sam Raimi en 2013, une version qui est plus un prequel d’ailleurs. On n’oubliera pas bien sûr celle de Victor Fleming sortie en 1939, la plus connue, peut-être la plus belle, l’indémodable, l’indispensable… Mais au milieu de toutes ces adaptations, il y en a une qui sort radicalement du lot, celle de Sidney Lumet. Produite par la célèbre maison de production, la Motown, « The Wiz » est à coup sûr la version la plus inattendue de l’histoire. Et pour cause, réinventée, le réalisateur nous offre une version urbaine du « Magicien d’Oz » et cette nouvelle version n’est pas déplaisante. Sidney Lumet a fait un film divertissant, original et qui met en vedette, s’il vous plaît, Diana Ross et Michael Jackson… Quand même !

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Dorothy est jeune institutrice d’Harlem. Elle aime son métier, mais sa mère voit plus grand pour elle et aimerait bien que la jeune fille trouve un travail dans les plus grandes classes. Après une discussion avec sa mère, Dorothy va pour sortir les poubelles, mais c’est à ce moment que son chien Toto s’enfuit. La jeune fille se lance à sa poursuite dans la rue et c’est à ce moment qu’une mini tornade l’emporte. La tempête l’emporte au pays d’Oz, un pays plein de contes, de magie, de sorcières et des personnages bizarres et attachants. Pour rentrer chez elle, Dorothy doit alors traverser ce nouveau monde pour se rendre à la cité d’émeraude où le grand mage d’Oz pourra la faire repartir à New-York. En chemin, elle va faire des rencontres qui vont bouleverser sa vie.

Étrange, décalé et surprenant (même en dehors de l’image, puisque l’on retrouve par exemple Joel Schumacher au scénario et Rob Cohen à la production), sont des mots qui peuvent très facilement venir en tête à l’idée de cette version pour le moins originale. Et c’est vrai que lorsque que l’on commence le film, ces mots sont de mise, mais à ceux-là viennent aussi s’ajouter la surprise, l’originalité, l’audace, le rythme et surtout, mais surtout, le groove. Comme je le disais, cette nouvelle adaptation est produite par la Motown et c’est l’excellent Quincy Jones qui va s’occuper de faire oublier l’espace de deux heures les chansons qu’on connaît tous, pour nous en livrer d’autres qui collent à l’époque et ça marche bien puisque c’est l’une des grosses forces du film et la BO est absolument géniale.

Sidney Lumet, c’est entre autre, le réalisateur de « 12 hommes en colère » ou « Serpico« , une filmographie qui ne colle pas vraiment avec l’univers de la comédie musicale et pourtant le réalisateur s’en tire haut la main et nous offre une comédie musicale sucrée, colorée, dansante et qui au final nous fait passer un bon moment. Un moment différent, qui ne vise pas le chef d’œuvre, et qui reste quand même en dessous du film de Fleming. Mais qu’importe, le but ici n’est pas de faire mieux. Le but est de proposer quelque chose de différent et d’amusant et c’est bien réussi.

Le scénario est bien réinventé, Dorothy, la petite campagnarde, est ici muée en une institutrice made in Soul et Harlem. L’idée fait sourire bien sûr, elle peut même faire peur, mais elle a du charme, elle est intéressante et elle tient bien la route. Le film dans son intrigue reprend la base de ce que l’on connaît tous et les rencontres de Dorothy avec l’épouvantail, le lion, ou l’homme de fer sont les solides bases de l’histoire, les intouchables, qui font qu’on est tout de suite chez Oz et Lumet a très bien su garder tout ça, tout en le réinventant. C’est sur d’autres voies que le réalisateur va s’aventurer à changer l’ambiance et les rebondissements. J’adore la scène où le groupe se fait agresser par les colonnes du métro par exemple. Le film est parcouru d’une bonne humeur communicative et surtout d’un son et de chorégraphies superbement filmés et mis en scène. Une sorte de démesure et de grandeur, Lumet a vraiment eu de l’idée et le film donne envie de bouger, de danser par moments. Les décors sont très bien aussi. J’aime beaucoup ce nouveau monde d’Oz. Un nouveau monde très « Harlemnisé », très urbain, avec un souci du détail qui reflète bien l’époque, les années 70. Et l’on peut souligner l’audace de cette adaptation qui à l’époque s’est complètement ramassée au box-office et fut un gros flop (à tort, je trouve, peut être le film était trop en avance sur son temps…). Mais grâce à son inventivité, son originalité, ses comédiens et ses chansons, elle a fini par trouver sa place sur la durée pour au final devenir culte pour certains.

Le casting est la grande curiosité du film, mais aussi l’une de ses plus jolies réussites. Pour incarner Dorothy, c’est la grande et culte Diana Ross qui décroche le rôle (Comme le film est produit par la Motown et que Diana Ross est l’une de leur artiste la plus emblématique, elle n’a pas dû avoir beaucoup de mal à décrocher le rôle) et la chanteuse est vraiment bien. Même si je lui reproche d’avoir la larme un peu trop facile, elle a ce petit truc attachant et ce rythme qui fait qu’on la suit avec plaisir dans cette aventure. En chemin, elle va croiser un Michael Jackson très épouvantaillé, un Nipsey Russell tout rouillé et puis Ted Ross tordant dans la peau du lion peureux. Elle va aussi trouver la chanteuse Lena Horne en fée ou encore Mabel King, terrible, immonde même, dans le rôle d’une méchante fée.

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Cette version est donc pas mal du tout. Sans que ce soit un chef d’œuvre, et bien souvent injustement incompris, le film a pourtant trouvé une petite place au fil des années. Sidney Lumet a réalisé ici un film plein de rythmes, de chorégraphies, de couleurs, de musique, c’est vraiment groovy. Puis le réalisateur a pris le risque de s’aventurer autre part et le résultat est bon et dans un sens inoubliable… Oui, Diana Ross en Dorothy, fallait quand même oser le faire. Bref, cette version d’Oz vaut le coup d’œil.

Note : 16/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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