novembre 30, 2021

Resident Evil The Umbrella Chronicles

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Résumé :

Un pot-pourri des premiers épisodes en version rail shooter.

Avis :

Quand on parle zombies et jeux de tirs, l’on songe de prime abord à la saga phare de Sega : The house of the dead. Aussi, l’irruption de Resident evil dans le domaine laisserait à penser que l’intéressé marche sur les plates-bandes de son homologue. Seulement, la célèbre franchise de Capcom s’était déjà essayée au rail-shooter sur PlayStation 1 et 2 avec une sorte de spin-off à moitié avoué intitulé « Gun survivor ». De sinistre mémoire, ces piètres tentatives ne visaient qu’à exploiter le filon sans se soucier de fournir un défouloir de premier ordre. Il y avait bien Dead aim qui rehaussait légèrement le niveau, mais les softs prévalaient avant tout comme objets de collection et non pour de très hypothétiques qualités vidéoludiques.

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Grâce à son ergonomie, la Wii semble parfaitement conçue pour accueillir les jeux de tir. Malgré ses faiblesses techniques, elle peut néanmoins offrir des divertissements sympathiques bien que binaires dans le domaine. Car le genre est au jeu vidéo ce que le slasher est à l’horreur. Autrement dit, les téméraires savent à quoi s’attendre quand ils se penchent sur de tels produits. Pas de grandes espérances à avoir ou une quelconque approche révolutionnaire d’un gameplay basique. Seulement, on compte y trouver son lot d’action et de chairs à canon dans un florilège d’hémoglobine.

Il est vrai que la transition du survival-horror au rail-shooter se révèle assez abrupte. Les habitués des jeux « classiques » verront le Beretta aux munitions infinies et une petite dizaine d’armes assez efficaces, mais qui nécessite une gestion exigeante pour aborder les fins de niveaux sereinement. Les sprays font office de vies supplémentaires (peu nombreux et cachés dans des éléments du décor) et les herbes vertes soignent instantanément. Les codes du genre sont respectés à la lettre sans jamais s’en départir. On délaisse l’effroi au profit d’une adrénaline qui ne chute qu’en de rares moments pour affronter une vague continue d’ennemis dans des plans familiers…

On vise, on tire, on recharge et ainsi de suite. Difficile de faire plus simpliste. Les mécanismes du gameplay s’assimilent en quelques minutes pour un plaisir de jeu immédiat. Seulement, les capacités de la wiimote ne sont quasiment pas exploitées en dehors des rechargements et des assauts trop proches de zombies en manque d’affection. On pourrait même se passer du nunchuk qui sert à décaler la caméra ou prendre une autre arme en cours de route. En ce qui concerne les QTE, elles font office de remplissage anecdotique destiné à flouer les limites du genre. Dans la majorité des cas, elles surviennent avant un boss et se révèlent pénalisantes, voire fatales. À noter qu’il est inutile de les mémoriser puisque les touches changent constamment.

On ne peut reprocher des scripts qui empêchent d’explorer le peu d’espace alloué au dézingage de zombies (l’une des exigences et contraintes du rail-shooter), mais la mise en scène aurait gagné à être plus soignée et saisissante. La progression des personnages est mollassonne et les angles suggèrent la présence d’ennemis hors champ ou sur le point de surgir d’un endroit inopiné. De fait, l’on ne sursaute quasiment jamais, attendant presque avec indifférence l’assaut suivant. Le manque de variété du gameplay rejoint la répétitivité des séquences. On a beau changer d’épisodes et d’environnements, on a l’impression de tourner en rond, de traverser les mêmes couloirs pour anéantir les mêmes ennemis.

Malheureusement, l’histoire sera loin d’être à la hauteur. Les chapitres reprennent les événements qui se sont déroulés dans Resident evil 0, 1 et 3. Intéressant dans le sens où l’on pourrait offrir une séance de rattrapage à ceux qui n’auraient pas parcouru les jeux, souvenirs pour les autres, The Umbrella chronicles commet l’erreur de ne contenter aucune des deux catégories. Quelques lignes scénaristiques vaguement évoquées et les passages sans transition font office de résumé de luxe bâclé. Incompréhensible pour les débutants à cause d’importantes coupes narratives. Inutiles et honteux, pour les connaisseurs.

Hormis le quatrième chapitre (la fin d’Umbrella) et la possibilité d’incarner Albert Wesker dans des niveaux parallèles (séquence assez jouissive), la genèse de Resident evil fait pâle figure. La chronologie des événements est bel et bien respectée, mais le sentiment de toucher des doigts l’histoire principale prévaut sur une découverte express de l’univers, encore moins d’apprendre un peu plus sur d’éventuels oublis dans les jeux d’origine. Cela aurait pu permettre un atout non négligeable à The Umbrella chronicles pour se démarquer et susciter curiosité et envie chez les joueurs.

Il reste la durée de vie ; plus qu’honorable pour le genre. La présence de trois modes de difficulté offre un challenge pour tous, mais sachez que même en normal le défi demande une certaine expérience. Des checkpoints jonchent les niveaux, mais ne vous étonnez pas de mourir et de recommencer plusieurs fois certains passages. Ajoutez à cela des bonus en pagaille à débloquer qui vous en apprendront davantage sur l’histoire et les différents intervenants (comme les sprays, ils sont dissimulés dans des éléments de décor destructibles) et le jeu demande au minimum huit à neuf heures pour en venir à bout. Pour les plus acharnés et autres amateurs de scoring, le classement par lettres est au rendez-vous.

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Au final, The Umbrella chronicles se contente de recycler les mécanismes du rail-shooter sans jamais vraiment s’en départir, et ce, malgré la présence de QTE. On ne peut même pas compter sur un scénario prenant puisque là également, les grandes lignes des épisodes respectifs n’offrent qu’une relative compréhension des événements pour les newbies et aucun intérêt pour les inconditionnels de l’univers en question. Répétitif au possible, le jeu ne vaut que pour une durée de vie appréciable, un contenu bonus conséquent et le challenge corsé qu’il propose. Néanmoins, le mode coopératif ne justifie pas forcément de parcourir à nouveau le titre. On a l’impression de s’être fait berner comme avec la ressortie d’un album de musique avec deux chansons remixées pour provoquer l’achat. La démarche est similaire, le résultat très moyen. Marketing, quand tu nous tiens…

Note : 10/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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