juin 29, 2022

Crimes et Délits

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Titre Original : Crimes and Misdemeanors

De : Woody Allen

Avec Woody Allen, Anjelica Huston, Mia Farrow, Claire Bloom

Année: 1989

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie

Résumé:

Un ophtalmologue rencontre par hasard un documentariste. Ensemble, ils vont réaliser qu’ils ont commis à eux deux énormément de crimes et délits.

Avis:

Si le début des années 80 est une excellente période dans la carrière du génie new-yorkais, je ne peux pas en dire autant de la fin des années 80, puisque c’est une période que j’ai trouvée lourde, longue, répétitive, et qui en fin de compte m’a beaucoup ennuyée et déçue. Je peux même dire que j’ai franchement eu du mal à la finir et j’étais on ne peut plus impatient d’arriver aux années 90.

Et cette nouvelle décennie s’annonce comme une promesse de renouveau dans la carrière de Woody qui va quitter les drames tristes bourgeois pour aller dans la petite comédie grivoise et corrosive. Avec « Crimes et délits » le réalisateur nous offre un bon film pile comme on les aime et ça fait du bien.

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Quand Judah rencontre Dolorès, c’est un très beau coup de cœur. Ensemble, ils commencent une belle histoire, mais une tâche vient ternir ce décor paradisiaque, car Judah est marié et il n’a aucune intention de quitter sa femme, et ce, malgré les preuves d’amour de cette maîtresse un peu trop envahissante. Judah ne sait pas trop comment se sortir de cette situation et les différentes solutions que son frère lui propose sont bien loin de lui convenir.

Après cinq films consécutifs de Woody Allen que je n’ai pas aimé, j’avais donc très hâte de passer à autre chose et amorcer ces années 90. « Crimes et délits » apparaît alors comme un bon bol d’air frais sur un sujet qui est pourtant grave. C’est un film bourré de touches d’humour, mais qui dans son drame rappelle parfaitement « Match Point » puisqu’ils en ont exactement la même veine. Les deux films parlent d’hommes qui après une aventure extra-conjugale ont décidé tous les deux en parfait état de conscience d’éliminer l’affreuse et douce maîtresse qui menace leur bien-être financier et surtout comment vivre après un acte pareil.

Toujours dans un milieu bourgeois, Woody Allen va construire un film des plus sympathiques jonglant entre drame psychologique et comédie avec des touches d’humour noir qui sont très bienvenues.

J’ai bien accroché avec cette extravagance assez discrète dont le film regorge et je retrouve enfin ce que j’aime chez Woody Allen et qui me manquait tant. Par contre, là où le film n’en devient que sympathique et non le chef-d’œuvre dont j’ai entendu parler, c’est dans sa deuxième histoire qui s’installe dans le récit. Alors que l’intrigue est centrée sur Martin Landau, le réalisateur se met aussi en scène dans le film avec une histoire, certes intéressante, et plaisante, mais je n’ai pas bien compris le rapport et ce qu’elle apporte à l’intrigue principale. Comme si le réalisateur voulait trop en faire, d’un coup se perd un peu avec cette intrigue qui sonne comme fausse dans la ligne narratrice du film. Si dans le drame, l’humour noir qui en ressort était parfaitement écrit et l’on ne voudrait plus le quitter, le comique apparaît beaucoup moins développé et reste presque anodin dans l’ensemble du métrage. En fait, même si je l’ai apprécié, elle n’est qu’illusoire et par conséquent pas forcément nécessaire. Si Woody ne s’était concentré que sur son drame, j’aurais trouvé à coup sûr le film parfait et il aurait trôné dans mon top du réalisateur. Mais bon, au vu des films que je me suis fait ces derniers temps, on va dire que je chipote et que je lui pardonne sans sourciller.

Woody Allen a encore une fois réuni devant sa caméra un casting des plus terribles, on peut même dire que c’est l’un des plus beaux de ce début des années 90. Au milieu de tout ce beau monde, le film aura une star, celui qui volera la vedette à tout le monde. Cet homme, c’est Martin Landau qui est extra en mari déboussolé par ses actes. Le personnage est parfait et Landau s’avère être l’une des plus belles idées dans le choix des comédiens. Il est très touchant dans son désespoir, et cyniquement drôle. Autre rôle agréablement campé, c’est celui que tient Anjelica Huston. C’est elle, la maîtresse, cause de tous les malheurs de notre pauvre Judah. L’actrice a ce petit quelque chose qui fait qu’elle captive dans chacune de ses scènes et pourtant visuellement, elle apparait assez peu. Tout comme Jerry Orbach qui joue le frère de Martin Landau d’ailleurs. Lui aussi apparait peu, mais est très présent une fois à l’écran. Woody Allen s’offre le rôle principal de sa deuxième histoire et le réalisateur est très bien dans la peau de ce personnage passionné de cinéma. Le personnage est bon et c’est dommage que son histoire ne paraisse qu’illusoire dans la ligne narrative du film. Par contre, j’ai trouvé assez bien foutu et amené, ce moment où les deux histoires vont enfin se chevaucher et se rencontrer. Autre petite déception dans le casting, c’est pour Mia Farrow qui retrouve encore son réalisateur fétiche, mais le rôle est assez inconsistant et aurait mérité d’être plus développé.

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« Crimes et délits » sera donc pour moi est film très sympa qui replace la barre un peu plus haute que les derniers films que j’ai pu voir de Woody Allen. C’est un film touchant, assez dur dans ses prises de conscience et divertissements. Je suis ravi de l’avoir découvert et j’espère qu’il annonce que du bon pour ces années 90 que je survole déjà et qui me paraissent tellement alléchantes !

Note : 14/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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