L’Etrange Créature du Lac Noir

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Titre Original: The Creature From the Black Lagoon

De : Jack Arnold

Avec Richard Carlson, Julie Adams, Antonio Moreno, Richard Denning

Année: 1954

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Au cœur de l’Amazonie, un paléontologue découvre un fossile de main appartenant à une espèce inconnue. Persuadé qu’il s’agit du chaînon manquant entre l’homme et le poisson, il rassemble une expédition pour exhumer le reste du squelette. L’équipe décide alors de descendre le fleuve en bateau, s’enfonçant dans un territoire sauvage et poisseux, sans se douter que les eaux abritent encore l’étrange créature…

Avis:

Si on s’intéresse un petit peu aux monstres qui ont parsemé le grand écran depuis les années 30, on s’aperçoit que l’évolution jusqu’à aujourd’hui est grande, mais que finalement, les créatures restent les mêmes dans le fond. Entre vampires, loups-garous, momie ou encore monstre de Frankenstein, on reste dans des registres très ancrés dans les années 30, où ces créatures ont fait leurs premières apparitions. Mais bizarrement, il y en a une qui est passée un peu à l’as et que bon nombre de cinéphilies ont tendance à oublier, c’est La créature du lac noir. Réalisé en 1954 par Jack Arnold, L’Etrange Créature du Lac Noir fait partie du lot des monstres de chez Universal et le film est arrivé à un moment où la société était en période de vache maigre. Fort heureusement, le film est un succès public et cela redonne des couleurs à la boîte. Seulement, quand on regarde les films récents, aucun film ne reprend cette créature pourtant mythique, alors que le film est un monument du cinéma fantastique.

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Ooooooh t’es bonne!

Le scénario prend racine alors qu’un réalisateur venu d’Amérique du Sud balance une rumeur comme quoi des créatures préhistoriques vivaient toujours au bord de l’Amazonie. A partir de là, une histoire est écrite avec la découverte d’un fossile d’une créature inconnue et en cherchant les restes dans le limon, des scientifiques vont tomber sur une vraie créature qui va se défendre alors que son domicile est en quelque sorte violé. C’est sur cette histoire de base que va venir se greffer une compétition entre deux hommes qui ont deux modes de pensées bien différents. Au-delà de faire un film d’épouvante avec une créature monstrueuse, on sent bien que derrière on réfléchit à fournir un message et que faire de l’horreur ne doit pas rester vain, chose que l’on a profondément oublié aujourd’hui.

Ainsi, L’Etrange Créature du Lac Noir n’est pas qu’un film de peur et c’est tant mieux. En effet, le film a tout de même pris un coup dans l’aile et ce n’est pas sa restauration 3D qui va arranger les choses (d’ailleurs si la 3D arrangeait le cinéma dans sa globalité, aujourd’hui comme à l’époque, ça se serait!).Pour tous les amateurs d’objets filmiques effrayants, ce film ne vous fera pas peur. Les attaques de la créature sont rapidement expédiées et même si des meurtres surviennent, ils seront toujours hors-champs ou alors avec une violence adoucie. C’est la même chose pour les ressorts qui font peur. Le coup de la main de la bête ou alors sa première apparition restent de grands moments, mais d’un autre côté, les plans sont lents et le film possède un rythme assez lancinant.

Mais à l’image des autres films d’horreur d’Universal dans les années 30/40/50, L’Etrange Créature du Lac Noir ne se repose sur la frayeur, même si pour l’époque cela devait foutre les glandes. On s’attardera d’autant plus sur trois choses: la réalisation, les acteurs et le message. Du point de vue réalisation, c’est très précurseur. Jack Arnold propose des plans d’une grande beauté et les phases aquatiques sont sublimes. C’est d’ailleurs grâce à ce film que Spielberg a repris des séquences pour Les Dents de la Mer. Au niveau du message, c’est très intéressant et toujours d’actualité aujourd’hui. On verra un scientifique s’opposer à un riche mécène qui ne recherche que la gloire. Les buts seront différents aussi puisque le scientifique comprend qu’il faut laisser la bête en paix, alors que le commanditaire de l’expédition souhaite un trophée de chasse pour se faire mousser. Cette relation sera amplifiée par la présence féminine du groupe, qui va se retrouver bien malgré elle dans une situation délicate. Ainsi, on aura déjà ce rapport entre l’Homme, ce gros pourri qui veut tout détruire pour le fric et la gloire personnelle et la Nature, qui se fait violer et qui répond avec ses propres moyens, c’est-à-dire la violence. Si de nos jours, on aime faire des films nihilistes concernant l’humanité (ou alors profondément humaniste pour certains), on sent que ce message est plus réservé à l’époque, mettant un seul méchant et tout le reste du casting est gentil. Les acteurs sont d’ailleurs très bons, et l’actrice est dotée d’une grande beauté et d’un sacré charisme. La créature en elle-même est excellente et on adorera voir sa mouvance dans l’eau. Le seul petit reproche que l’on peut faire, c’est qu’aujourd’hui, elle a bien vieilli et on voit de suite le costume en caoutchouc.

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Oooooooh, t’es toujours aussi bonne!

Au final, L’Etrange Créature du Lac Noir est un excellent film qui bénéficie d’une réalisation léchée et très intéressante, ainsi que d’un casting en béton et doté d’un message profond. Si l’on peut regretter le rythme assez lent et des effets de peur qui tombent à l’eau, le film n’en demeure pas moins une très bonne expérience et donne envie de revoir cette créature si atypique du cinéma d’époque. Malheureusement, avec le conditionnement de l’industrie du cinéma donnant au public ce qu’il attend, on n’est pas prêt de revoir cette bestiole…

Note: 16/20

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Par AqME

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