avril 16, 2021

Le Livre d’Eli

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Titre Original: The Book of Eli

De : Albert Hugues et Allen Hugues

Avec Denzel Washington, Gary Oldman, Mila Kunis, Malcolm McDowell

Année: 2010

Pays: Etats-Unis

Genre : Fantastique

Résumé:

Dans un futur proche, l’Amérique n’est plus qu’une terre désolée dont les villes sont des ruines et les routes autant de pièges infestés de bandes criminelles. Depuis des années, Eli voyage seul, se protégeant des attaques et se battant pour trouver de quoi survivre. Lorsqu’il arrive dans ce qui fut autrefois la Californie, Eli se heurte au redoutable Carnegie, un homme qui ne recule devant rien pour imposer sa volonté à la petite communauté qu’il contrôle. Eli fait aussi la connaissance de la très belle Solara et découvre que Carnegie compte bien étendre sa sombre domination à toute la région. Eli parvient à échapper de Carnegie, mais Solara l’a suivi… Même s’il est décidé à poursuivre sa route en solitaire, Eli comprend qu’il ne peut abandonner la jeune femme. Pour elle, il va prendre des risques qu’il n’a jamais pris pour lui-même. Mais Carnegie est sur leurs traces et alors que se profile l’inéluctable affrontement, Eli va prendre conscience qu’il a le pouvoir de faire bien plus que sauver une femme et sa propre vie : son destin est de redonner l’espoir, de sauver le futur en soufflant sur les braises d’une humanité qui n’attend que l’étincelle…

Avis :

Les films apocalyptiques font fantasmés bon nombre de réalisateurs mais aussi des spectateurs toujours avides de sensations fortes et de désolation. Les adaptations de bouquins, comme Je Suis Une Légende (le film est une honte alors que le livre est un chef d’œuvre) mais aussi les productions minables de chez Asylum font le bonheur d’amateurs apocalyptiques. Après une adaptation de comics avec From Hell, les frères Hugues décident de faire Le Livre d’Eli, film de fin du monde, où l’eau se fait rare et où les humains ne sont plus que des incultes à moitié aveugles à cause du soleil. Arpentant un terrain glissant qui peut aller du nanar au chef d’œuvre, les frangins réalisateurs vont rajouter une donne pas facile, celle de l’importance de la religion et de la lecture dans un monde en perdition. Le challenge est relevé mais la présence de Denzel Washington, acteur aux multiples talents est là pou nous rassurer. Alors que vaut ce film ? Les frères Hugues ont-ils réussi leur coup ? La lecture est-elle vraiment en désuétude ? Préparez gourde et lunettes de soleil, nous partons vers un hypothétique paradis terrestre.

Le début du film est assez trompeur sur le véritable sujet du film. On voit un homme seul, silencieux, qui se déplace dans un environnement désert, sablonneux. Il s’arrête dans une mansarde, découvre un cadavre pendu, se lave avec une lingette, laissant apercevoir ses cicatrices, écoute la musique sur un vieil Ipod, mange un chat en gardant la graisse, puis repart le lendemain, dans un silence de mort. Il rencontre alors une bande de pilleurs, qu’il se dépêche de tuer à grands coups de machette. Bref, le film semble être un road trip apocalyptique, dans la même veine que La Route. Seulement, l’arrivée dans la ville avec un méchant recherchant un livre particulier va montrer que finalement, le road trip se révèle être une quête divine pour amener à bien un livre. On sait de suite qu’il s’agit de la bible, et on va voir un Denzel Washington prêt à tout pour protéger ce livre et un Gary Oldman prêt à tout pour la récupérer afin d’assouvir son pouvoir, sa main mise sur la ville qu’il essaye de gouverner. Du coup, on se retrouve dans une espèce de western futuriste où la technologie n’est présente que par petites bribes. Sans être véritablement dénonciateur ou évocateur le film reste le cul entre deux chaises en abordant le sujet sensible de la religion après un drame comme la disparition de l’eau. En effet, les frères Hugues abordent deux visions différentes de l’interprétation que l’on peut faire de la Bible, et c’est à la fois dérangeant et plutôt bien pensé. Pour un athée comme moi, la Bible représente un danger, entre de mauvaises mains elle peut représenter une arme et permettre de manipuler une masse populaire de personnes en difficulté, et cet aspect est bien représenté avec le personnage de Gary Oldman, qui veut cet ouvrage pour assouvir son pouvoir. De l’autre côté, on a le personnage de Eli, qui souhaite amener le livre dans un endroit bien spécifique, peuplé de personnes pacifistes et dont la lecture raviverait la flamme de l’espoir. Et c’est la que le bât blesse, car je ne suis pas du tout sûr que la Bible puisse rassembler les gens, lais ce n’est que mon point de vue. Mais les frères Hugues ne sont pas des idiots et ils effacent habilement cette double lecture avec une ambiance bien rendue et une image impeccable qui donne une sensation de soif et de chaleur intense. On regrettera par contre le passage des cannibales qui est drôle, mais qui fait malhabile dans ce métrage qui se veut sérieux.

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Tu vois ce fusil à pompe ? Dis toi que j’aime le même dans le slip !

L’autre point fort du film, hormis sa réalisation et son image, c’est le casting. Alignant des têtes d’affiche très bankable, le film était sûr de faire un carton au box office. L’excellent Denzel Washington incarne Eli, le héros du métrage, détenteur de la Bible et essayant de se frayer un chemin vers cet hypothétique paradis terrestre pour délivrer la bonne parole. Il joue extrêmement bien son rôle et semble investi dans son travail. On pourra peut être lui reprocher son manque d’émotion, mais le twist final va révéler le pourquoi du comment qui donnera envie de revoir le film une deuxième fois pour saisir toutes les subtilités. Pour accompagner cet immense acteur, on a Gary Oldman, le méchant de l’histoire. En total roue libre, il donne dans un registre proche de celui du Cinquième Elément, tout en étant différent. Cultivé mais hautain, il propose un personnage à la fois éclairé et allumé, qui semble impossible à arrêter tant qu’il n’aura pas son du. Abject mais drôle, il est le méchant caricatural qui peut laisser perplexe, mais cela fonctionne. On préférera peut-être Ray Stevenson dans le rôle du bras droit, un peu plus pourri et plus sérieux. Sans concession, il est la sentence de Oldman. On pourra aussi citer ce bon vieux Malcolm McDowell dans un rôle mineur mais qui lui convient à merveille. On peut aussi compter sur le très belle Mila Kunis pour être la présence féminine du film. Ne servant pas à grand-chose au départ, elle est l’élément perturbateur qui va permettre la course-poursuite. Plutôt convaincante bien qu’optionnelle, elle reste sympathique à regarder malgré son rôle de fin qui reste trop cliché. Enfin, comment ne pas citer Tom Waits, le bluesman qui joue l’ingénieur en second rôle assez savoureux. Les effets spéciaux sont plutôt bien fichus, mais ils concernent essentiellement les décors et quelques rajouts numériques pour rendre l’atmosphère encore plus désolante. On passera sur les effets de style, comme le combat filmé à l’ombre du tunnel où l’on ne voit que les silhouettes, qui sont très beaux, mais qui ne servent pas à grand-chose.

Au final, Le Livre d’Eli est un bon divertissement, un film fantastique agréable mais peu surprenant. Si le twist final donne envie de revoir certains passages clés, le film reste assez superficiel et ne rentre pas assez dans la dangerosité de la Bible dans un monde en perdition et entre de mauvaises mains. Bref, un film qui se laisse regarder, avec une belle photographie et de bons acteurs, mais qui ne va pas chercher la polémique. Dommage, j’aurai été plus rentre dedans…

Note : 14/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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