février 25, 2021

La Trilogie Celte T.01 – Par le Feu – Viviane Moore

Auteure : Viviane Moore

Editeur : Le Masque

Genre : Fantasy

Résumé :

Tout commença par la mort infâme d’une jeune druidesse dans la boue d’une tourbière, par la quête désespérée de deux jeunes druides et par le vol d’un des talismans des Tuatha de Danann, les dieux mythiques de l’Irlande.
Nous sommes en 420, peu de temps avant la christianisation, et l’arrivée de saint Patrick. Les druides et les rois des cinq royaumes tiennent encore l’Irlande, mais les signes annonciateurs de leur disparition se font sentir.

Avis :

Cette trilogie ne date pas d’hier ! Grâce à des rééditions régulières, elle reste pourtant à la mode pour les fans du genre. La culture celte n’en finit pas de nous abreuver de ses légendes, musiques et autres évènements à travers le monde. Cependant, il n’existe pas beaucoup de romans qui se veulent historiquement fortement documentés, comme le sont les trois tomes de la trilogie celte de Viviane Moore. Des dossiers complémentaires, à la fin de ses romans, nous en apprennent toujours davantage sur les figures galloises et irlandaises qu’elle utilise dans ses histoires ; la description des modes de vie de l’époque s’avère plutôt rigoureuse ; et le langage de ses personnages nous plonge littéralement dans le passé, avec des tournures de phrases que l’on n’utilise plus aujourd’hui. La trilogie celte rend un bel hommage à ces ancêtres, que la plupart d’entre nous nomment gaulois.

L’intrigue principale tourne autour de conflits politiques majeurs et de figures diaboliques stéréotypées. On retrouve un déroulé plutôt classique et des vilains manichéens sans réelle saveur. Heureusement, les héros, de l’autre côté, constituent un vivier savoureux, entre druides, apprentis, artisans, chasseurs, bardes et chefs. Toutes les fonctions se définissent avec souplesse dans le texte, ou dans les dialogues. Ces derniers constituent la force du récit ; ils nous propulsent droit au sein même de cette époque lointaine. Le lecteur amoureux du passé celte de notre monde, sera ravi d’en apprendre davantage sur leur mode de vie, langage et traditions.

Des nombreux personnages, un duo ressort : un apprenti druide et un barde. Eogan, un jeune et énigmatique vate (devin, voyant), et Fegus, un gigantesque roux, harpiste et poète, amoureux de Deidre, la sœur de son acolyte. Ils sont tous deux rapidement attachants et rappellent les équipes typiques de nombre de jeux de rôle ou de romans de fantaisie, comme Sam et Frodon dans Le seigneur des anneaux, ou encore Jaskier et Geralt dans Le sorceleur, etc. Indissociables, utiles l’un à l’autre, ils se complètent et entament une longue quête, qui sera bien évidemment semée d’embuches. Peut-être est-ce dû à l’ancienneté du texte, mais on a l’impression d’avoir, par moment, déjà vécu une intrigue de la sorte. Même si cette dernière comporte quelques défauts, la force des personnages, et l’environnement celtique bien décrit et détaillé, nous permettent de rêver et de s’évader.

Au passé historique, s’ajoutent des filaments de sous-intrigues magiques ou ésotériques. Ces ajouts complètent cet univers à merveille, sans que cela ne soit gênant, bien au contraire. Tout en cohérence et crédibilité, ils captent davantage le lecteur. Les conflits politiques finissent en effet par lasser. Luttes de pouvoirs intestines, combats de chefs, massacres religieux, vengeances personnelles, … Ils se multiplient sans que l’on y trouve de grands intérêts, si ce ne sont ceux d’ajouter de la violence et de mettre en avant des individus qui manquent cruellement d’intelligence ou de bienveillance. Les passages où le duo apprenti druide et barde prend le dessus, restent plus sympathiques et installent de nombreux mystères.

Dans ce roman, les femmes ne jouent pas de grands rôles. Il est à espérer que les prochains tomes nous en présentent quelques-unes, pour compléter un tableau épique déjà bien agencé. Bien qu’elles ne soient pas encore importantes dans l’histoire, elles planent au-dessus du roman, tel un rêve flou qui se poursuit sans jamais s’arrêter. D’un point de vue sensibilité, le barde nous comble : ses névroses mélancoliques, ses chants majestueux et ses réflexions poétiques nous embarquent dans le monde des songes avec plaisir. Son acolyte ne s’embarrasse pas de manières, la quête et la raison priment.

Les légendes irlandaises n’ont jamais semblé aussi vivaces que dans cette trilogie. La tribu de Dana (Tuatha de Danann) et leurs talismans magiques constituent des éléments essentiels du récit. Mag Meld, Mag Mor, Tir na mBân, Tir na mBéo, Tir na nOg… autant de lieux mythiques qui promettent du rêve et des batailles acharnées, du sang et des chants graves, de l’évasion et des histoires à couper le souffle.

Viviane Moore nous offre un récit poétique, empreint de légendes et de personnages forts, de lieux magiques et de combats passionnés, de quêtes intérieures et de conflits politiques. Les mots volent vers notre cœur, déjà attaché à ces histoires mythiques qui prennent vie sous nos yeux, plus efficacement encore que si nous avions ouvert une page Wikipédia ou regardé un documentaire.

Vivez une véritable histoire celte !

Note : 15/20

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Par Lildrille

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