octobre 26, 2020

T Comme Tombeau – Douglas Preston & Lincoln Child

Auteur : Douglas Preston et Lincoln Child

Editeur : J’ai Lu

Genre : Thriller

Résumé :

L’intrépide agent secret Gideon Crew est sous le choc. Du jour au lendemain, et sans aucune explication, Eli Glinn met fin aux travaux de l’EEC, cette officine agissant en sous-main pour le gouvernement américain à laquelle il appartenait.
Quand Gideon croise Manuel Garzas, l’ex-bras droit d’Eli Glinn, tout aussi stupéfait, ce dernier lui révèle avoir mis la main sur un disque dur permettant de déchiffrer le code de Phaistos, une tablette datant de plusieurs milliers d’années.
Après quelques ruses, ils découvrent que la tablette ne délivre pas un message mais indique un lieu : le désert d’Hala’ib, à la limite de l’Égypte et du Soudan.
Gideon est prêt à tout pour percer le mystère de cette découverte, et se lance dans une aventure semée d’embûches. Sur place, épaulés par une égyptologue, ils découvrent un tombeau, qui pourrait bien être celui d’Akhénaton, fondateur du premier culte monothéiste…
Et si Akhénaton était le véritable auteur des 10 commandements ? Et s’il en existait un onzième, trop terrible pour être révélé ?
Une fois de plus, Gideon risquera sa vie. Mais, après tout, qu’a-t-il à perdre ? Il ne lui reste plus qu’un mois à vivre. À moins que…

Avis :

En parallèle des enquêtes de l’inspecteur Pendergast, le duo d’auteurs Preston & Child ont initié une nouvelle série dans les années 2010 avec le personnage de Gideon Crew. La particularité de ce dernier est de le savoir condamné à une mort certaine suite à une pathologie diagnostiquée. Bien que les livres portent la marque d’un suspense propre au thriller, ces incursions démontrent une propension évidente au récit d’aventures, un peu à la manière des écrits de Clive Cussler. Il en ressort des intrigues particulièrement efficaces dans leur gestion du rythme, même si la progression s’avère assez linéaire dans l’ensemble. T comme tombeau est le cinquième (et sans doute ultime) volet de cette saga.

Dans la continuité du précédent opus, le présent ouvrage fait un rapide compte-rendu de l’épilogue d’A comme apocalypse. Bien que la grande majorité des protagonistes soit de retour, l’histoire est belle et bien distincte. En l’occurrence, elle se penche sur le mystère qui gravite autour du disque de Phaistos. L’idée initiale n’est pas sans rappeler d’autres fictions, notamment Atlantis de David Gibbins où l’auteur s’en servait comme point de départ pour l’une des plus célèbres quêtes archéologiques. Ici, Preston & Child proposent une théorie qui amène leurs personnages au cœur de l’Égypte. Dans les intentions, l’entame demeure assez aguicheuse, synonyme d’un dépaysement total.

Cependant, le prétexte pour engager l’intrigue est assez succinct et circonspect en matière de justification. Tout juste doit-on se contenter de la traduction « miracle » d’un programme informatique. Les déductions ne sont guère précises, tandis que le souci d’interprétation reste également très sommaire. Autrement dit, on ne rentre pas dans les détails pour mieux se concentrer sur l’action et non la réflexion. Un choix qui demeure à double tranchant. Au vu de la bibliographie commune des deux auteurs, on peut néanmoins s’attendre à de plus amples explications par la suite. Seulement, les potentielles révélations cèdent la place à une succession de péripéties.

Dans ce domaine, l’intrigue s’avère efficace et particulièrement dynamique. La variété des confrontations, des dangers et des séquences d’explorations contente les amateurs d’aventures avec un grand A. Les descriptions sont percutantes et les actions fluides. On a même droit à la petite note humoristique presque indissociable du genre. Pour peu, on se croirait plonger dans un récit d’Allan Quatermain. Un compliment assez élogieux. Pourtant, de nombreux poncifs sont présents. On songe à des personnages secondaires surfaits, une traversée du désert qui joue la carte du survivalisme et une incursion dans un village autochtone qui se révèle le véritable point faible du roman.

Là où d’autres histoires considèrent un tel passage comme une étape plus ou moins rapide, T comme tombeau s’y attarde plus que de rigueur, quitte à en faire une finalité. Dès lors, l’intrigue tourne en rond et alterne entre confrontation, acclimatation et tentative d’évasion. On finit par se désintéresser du récit qui lorgne dangereusement avec les frontières de l’incongruité. Pour tout gâcher, l’épilogue avance une explication à l’emporte-pièce pour signifier que l’humanité n’est pas « prête » à entendre la révélation tant attendue. Un tel prétexte est d’ordinaire l’apanage des mauvais romans qui ne savent guère trouver une conclusion potable.

Au final, T comme tombeau marque un contraste évident avec les précédentes aventures de Gideon Crew. Si l’on apprécie le pitch de départ et le rythme emporté, on se rend très vite compte que le livre ne contient que peu d’informations pertinentes ou inédites. L’accent est mis sur les péripéties, mais au détriment du fond. On oublie la teneur historique, voire ésotérique, de l’ouvrage. Il faut se contenter d’une itération basique, parfois redondante et surtout poussive en fin de parcours, rendant l’initiative presque vaine au vu de ce qu’il advient de la quête et des protagonistes. Une incursion laborieuse tout juste moyenne.

Note : 10/20

Par Dante

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