décembre 5, 2020

Sick of it All – Wake the Sleeping Dragon!

Avis :

Dans le monde de la musique extrême, on a toujours droit à des histoires sordides. Par exemple, dans le domaine du Black Métal scandinave, on a eu droit à des églises brûlées, des règlements de compte violents et même du cannibalisme. Tout ça pour peaufiner finalement une imagerie sordide en lien avec les thèmes de ce style. Mais dans le domaine du NYHC (New York Hardcore), on aussi droit à des choses pas très catholiques, mais cette fois-ci au détriment des groupes. Prenons, Sick of it All, pionner de la scène et formation qui date de la fin des années 80. Il a fallu d’un style pour les associer à une certaine violence et une incitation à la bagarre et d’un tueur qui arborait un t-shirt du groupe pour que les liens néfastes se fassent. Reniant toujours les accointances entre la violence et leur musique, Sick of it All a toujours continué son petit bonhomme de chemin sans jamais se défaire de sa hargne. Ainsi donc, en 2018, la formation, solide depuis 1992, sortait son douzième album, Wake the Sleeping Dragon ! et le moins que l’on puisse dire, c’est que tout cela donne la patate. Et pas forcément celle que l’on met dans la gueule.

Le skeud débute avec Inner Vision et ça débute très fort. Le groupe se lâche royalement sur titre résolument punk dans l’âme et hardcore dans la vitesse. Les américains sont en pleine forme et cela promet des prestations scéniques de givrés. Le petite break de basse est parfait, le chant crié est nerveux à souhait et on se sent presque grisé par tant d’énergie. Une énergie qui va être le maître-mot de cet album, tant tout s’enchaîne à une vitesse folle et sans aucun répit. Il faut dire qu’avec That Crazy White Boy Shit ou encore The Snake (Break Free), les new-yorkais propose des titres courts, qui dépassent rarement les deux minutes et qui vont droit au but. La surprise viendra de Bull’s Anthem, un titre qui sera parfait pour boire un coup, dans un bar, bras dessus bras dessous. C’est peut-être la seule fois que le groupe va proposer un peu de changement dans sa ligne, avec un titre moins rapide et plus fédérateur.

Mais en parlant de fédérer, le groupe, sous ses airs violents, proposent toujours des titres profonds avec des messages intelligents. Ainsi donc, il propose des chants anti-racistes comme Robert Moshes was a Racist, un urbaniste américain qui a participé à la rénovation de New York. On peut aussi citer Beef Between Vegans qui parle de la nature humaine et de sa faculté à s’autodétruire avec ce qu’elle a créé. Le tout avec bien évidemment beaucoup d’agressivité et de colère, ce que l’on peut aisément comprendre. Deep State va aussi arpenter le chemin sinueux de la désinformation et des médias, ainsi que des politiques qui mentent. Un titre profondément politique et qui pousse à la révolte avec un rythme effréné et un refrain qui donne envie d’hurler « Deep State » à tout bout de champ. Bref, sous ses atours de groupe Hardcore bas du front, Sick of it All a toujours la hargne et prouve surtout que toutes les allégations sur leurs textes qui poussent à la violence sont fausses.

Néanmoins, malgré un rythme effréné, des paroles engagées et une violence qui fait plaisir à entendre, ce dernier album de Sick of it All possède un défaut qui est inhérent au groupe, il est redondant. Malgré ses dix-sept pistes, le skeud est court, les morceaux dépassent rarement les deux minutes et le tout s’enchaine bien trop vite, sans que l’on ait eu le temps d’apprécier chaque morceau. Et même après plusieurs écoutes, les titres ont du mal à s’imposer à nous. En fait, Wake the Sleeping Dragon ! est un plaisir vif et immédiat, que l’on va réécouter de temps à autre pour se donner la patate, mais force est de constater que dans le temps, il n’en reste pas grand-chose dans nos esprits. C’est dommage, car certains titres sont très intéressants, les paroles sont intelligentes et l’ensemble s’enquille sans problème.

Au final, malgré une énergie dévastatrice, une ligne de conduite toujours égale à elle-même et des paroles intelligentes, le dernier album de Sick of it All manque de titres marquants, plus longs et plus construits. Véhiculant un plaisir brut et immédiat, les tauliers du Punk Hardcore new-yorkais proposent un album à leur image, perpétuant finalement plus de trente ans de chants rageurs et de riffs puissants, sans pour autant marquer les esprits comme il fut un temps. Bref, un album réussi, mais auquel il manque un petit truc.

  • Inner Vision
  • That Crazy White Boy Shit
  • The Snake (Break Free)
  • Bull’s Anthem
  • Robert Moses was a Racist
  • Self Important Shithead
  • To the Wolves
  • Always With Us
  • Wake the Sleeping Dragon
  • 2+2
  • Beef Between Vegans
  • Hardcore Horseshoe
  • Mental Furlough
  • Deep State
  • Bad Hombres
  • Work the System
  • The New Slavery

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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