octobre 24, 2020

Blackbird

De : Roger Michell

Avec Susan Sarandon, Mia Wasikowska, Kate Winslet, Sam Neill

Année: 2020

Pays: Angleterre

Genre: Drame

Résumé:

Lily et son mari Paul décident de réunir enfants et petits-enfants pour un week-end dans leur maison de campagne. Trois générations d’une même famille se retrouvent, avec Jennifer, l’aînée, son mari Michael et leur fils de 15 ans, Jonathan, mais aussi Anna, la cadette, venue avec Chris, sa compagne. En fait, cette réunion de famille a un but bien particulier : atteinte d’une maladie dégénérative incurable, Lily refuse de subir une fin de vie avilissante et décide de prendre son destin en main. Mais tout le monde n’accepte pas cette décision. Non-dits et secrets remontent à la surface, mettant à l’épreuve et redessinant tous les liens qui unissent les membres de cette famille, alors que le temps des adieux approche…

Avis :

Réalisateur sud-africain très connu du cinéma britannique, Roger Michell est un cinéaste qui ne fait pas vraiment parler de lui et pourtant, c’est régulièrement qu’il nous offre de nouveaux films. Très connu pour son classique « Coup de foudre à Notting Hill« , il ne faudrait pourtant pas résumer Roger Michell à ce film. Roger Michell, c’est aussi des films aussi différents que « The Mother« , « Dérapages incontrôlés« , « Un week-end à Paris » ou encore « Morning Glory« .

Cela faisait trois ans que Roger Michell n’a plus fait un tour sur les grands écrans, depuis son costumé « My Cousin Rachel« . Aujourd’hui, loin des petites comédies, le metteur en scène revient avec un drame au sujet quelque peu tabou, voire dérangeant, puisque son nouveau film, « Backbird » va traiter de la fin de vie et plus précisément du choix de mettre fin à sa vie pour éviter une procédure médicale trop lourde. Beau, tendre, drôle, lumineux, poignant, Roger Michell revient avec un film tout simplement superbe. Un très beau moment d’émotion, emmené par huit acteurs absolument divins. Surprise totale, j’oserais même aller jusqu’à dire que Roger Michell pose là l’un de ses plus beaux films.

Lilly et Paul s’aiment et sont en couple depuis une trentaine d’années. Ensemble, ils ont eu deux magnifiques filles et ce week-end-là, toute la famille se réunit dans la maison familiale. Le week-end s’annonce beau et agréable, même si c’est un week-end terriblement particulier dans la vie de cette famille. Lilly est atteinte d’une maladie dégénérative et il n’y a aucune échappatoire. Alors pour éviter de finir raccordée à des machines, Lilly, qui en a longuement parlé avec son mari et ses enfants, a décidé de mettre fin à ses jours. Ce week-end sera donc le dernier en famille. Un dernier week-end pour dire au revoir et profiter de chaque instant.

Choisir de vivre, choisir de mourir, voilà le sujet du nouveau film de Roger Michell. Choisir où, comment et surtout pourquoi quitter ce monde, un choix terrible qui ne se prend pas à la légère. Un choix individuel et en même temps, dans certaines circonstances, pas tant que ça. Roger Michell, avec « Blackbird« , n’a pas décidé de faire ou non un pamphlet en faveur ou en défaveur de ce choix. Non, « Blackbird » est un film qui nous raconte une tranche de vie, un petit week-end qui pourrait être comme un autre et il nous laissera libre de penser ce que l’on veut de ce fameux choix, et c’est appréciable, car Roger Michell ne juge pas. Non, avec ce film, dans le plus grand respect (d’ailleurs, le film pousse pas mal à la réflexion sur la notion de respect) il invite à la réflexion et à une ouverture au dialogue.

Film très pudique, Roger Michell nous offre une œuvre tout en retenue et émotions. Le réalisateur, alors même que son sujet est terrible, a décidé de nous offrir un film très lumineux. Un film qui va être un moment de bonheur, voire même un moment festif avec beaucoup de rires, ce qui fait du bien. Bourré de tendresse, « Blackbird » est surtout un moment qui sera bercé d’amour. Même s’il y aura bien quelques engueulades et quelques règlements de compte, « Blackbird » restera un film qui parle d’amour. L’amour avant tout. L’amour de la famille, l’amour de ses proches, surtout l’amour de la vie, cette merveille qu’est la vie, comme le dit le personnage de Susan Sarandon.

Avec un sujet pareil, on restera très agréablement surpris par le ton qu’à choisi Roger Michell. Jamais le réalisateur n’en fait trop, jamais il pousse au larmoyant, aux tire-larmes. Non, Michell a décidé de laisser faire et vivre ses personnages, et finalement, c’est entre tendresse, bienveillance, et cet amour fou que les émotions, petit à petit, se créent, se font ressentir et finissent par nous toucher en plein cœur.

Ce qui pousse aussi à faire que « Blackbird » reste en permanence lumineux, c’est ce casting si beau et si bien dirigé. Roger Michell a réuni presque en huis clos, dans une maison perdue a la campagne, de très grands acteurs et chacun va trouver sa place, même s’il faut bien avouer que l’immense Susan Sarandon se démarque avec ce rôle fort, mélange savoureux et émotionnel de dignité, de vie, d’amour, de fragilité. À noter aussi un incroyable Sam Neill et une belle découverte avec Anson Boon qui incarne le petit-fils.

Avec ce nouveau film, Roger Michell aborde un sujet terrible et encore tabou. Un film tout en émotion, lumière et réflexion. Le droit de mourir dans la dignité, sans être hors la loi est un sujet important qu’il faut aborder, c’est un sujet complexe, difficile, cruel même, mais c’est un sujet qui doit être débattu et ici, Roger Michell ouvre de très belle manière une invitation au débat. Bref, comme je le disais en début de chronique, « Blackbird » est une bien belle surprise.

Note : 16/20

Par Cinéted

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.