septembre 28, 2020

Muse – Simulation Theory

Avis :

Fondé au milieu des années 90, c’est réellement au début des années 2000 que Muse se fait réellement connaître. Fort d’un premier album percutant avec Showbiz, c’est surtout avec Origin of Symmetry que le trio va parvenir à un statut de grande star du rock, avec des titres comme New Born ou encore Bliss. Très rapidement, le groupe va avoir une solide fan base et chaque album sera attendu au tournant. Une pression qui ne semble pas forcément atteindre Matthew Bellamy qui fait ce que bon lui semble et offre à chaque galette une expérience inédite. Et ce qui devait arriver arriva, à chaque nouvel effort, les fans s’entredéchirent, certains criant au génie alors que d’autres hurlent à la mort créative du groupe. Mais s’il y a une chose que l’on ne peut enlever au groupe, c’est sa propension à tester des choses, à alterner les genres et à surprendre. Explorant des thématiques toujours très fortes, c’est en 2015 que la formation s’intéresse aux nouvelles technologies. Tout d’abord avec véhémence grâce à Drones et à notre asservissement aux machines, puis trois ans plus tard avec une certaine nostalgie avec Simulation Theory qui s’intéresse de près au transhumanisme en affichant un côté rétro nostalgique des années 80. Coup de bluff pour de nombreuses personnes, ce huitième album est pourtant très intéressant en plus d’être très réussi. Explications.

Le premier morceau est Algorithm et il se pose comme une formidable entrée en matière. Imposant, grandiloquent dans son démarrage, on imagine bien le trio faire son entrée sur scène avec un tel morceau. D’autant plus qu’elle va être très caractéristique de la teneur de l’album, qui ne ment pas avec sa pochette et délivre un son rétro à la Kavinsky qui n’est pas pour nous déplaire. Si certains pisse-froids diront que le groupe à cinq ans de retard, difficile de comprendre un tel argument, comme si les courants devaient devenir démodés. Quoi qu’il en soit, entre son son synthwave et ses passages lyriques, Muse délivre une grosse performance. Une performance qui garde d’ailleurs toute l’identité du groupe, grâce à la voix si chaude de Matthew Bellamy. The Dark Side sera encore plus fort dans sa démarche, offrant un parfait mélange de muse et d’un son électro des années 80 qui fonctionne du feu de dieu. Non seulement c’est bien produit, mais c’est surtout osmotique dans sa démarche. Le morceau détient un refrain bien catchy, les ponts sont parfaits et la voix fait tout le reste, aérienne en diable et très inspirée. Quand à Pressure, on peut y voir comme un retour aux sources avec un son plus rock, plus pêchu, mais qui arrive à combiner aussi cette volonté de partir dans un hommage aux années 80. C’est d’ailleurs avec ce titre que l’on ressent une attache avec le précédent album, plus sombre, plus sauvage. Ici, le rock se mélange à une certaine pop acidulée et ça fonctionne parfaitement. Propaganda, en partie produite par Timbaland, est une belle synthèse de ce que propose le groupe avec cet album et Break it to Me, avec ses aspects un trip-hop/rock, offre une nouvelle vision du groupe, une autre corde à leur arc.

Si le début est plutôt tonitruant et réussi, il faut avouer que le départ de la seconde moitié laisse un peu à désirer. Le groupe avait déjà plus ou moins déçu avec Something Human, et si on peut y voir une certaine logique dans l’insertion de ce morceau au sein de l’album, cela reste fade et manque d’implication, de nervosité. Le titre n’est finalement ni touchant ni percutant et c’est bien dommage. Il en va de même avec Thought Contagion, qui reste un titre sympathique mais qui n’a pas la prestance des titres du début et qui manque vraiment d’un refrain fort. C’est dommage, on sent Matthew Bellamy hyper impliqué dans le chant des couplets, et les refrains se veulent fédérateurs, mais rien n’y fait vraiment. Get Up and Fight va relever le niveau malgré un début timide avec des chœurs féminins grâce à un refrain puissant et enjoué, qui donne envie de se soulever et de se dépasser. Le morceau est plutôt plaisant et renoue avec la sensibilité du groupe. Blockades va quant à lui, revenir au synthwave que le groupe veut mettre en avant et il en résulte l’un des meilleurs titres de l’album, avec sa batterie électro et sa nervosité prégnante. En bref, un excellent morceau qui couple à merveille l’identité de Muse et sa volonté d’évolution. Dig Down est le titre qui va le plus partagé, notamment parce qu’il est lent, mais aussi parce qu’il navigue en plein délire synthé pop avec un chant doucereux pour un non rythme presque envoûtant si l’on excepte un refrain décevant. Enfin, avec The Void, le groupe termine comme il a commencé, avec grandiloquence et émotion, sorte de réponse à Algorithm et c’est vraiment très beau.

Au final, Simulation Theory, le dernier album en date de Muse, est, à mon sens, une belle réussite qui démontre tout le talent du groupe. Prenant de gros risques, n’hésitant pas à bousculer le fan de base qui ne demande qu’une répétition de ce qu’il aime, le trio britannique s’aventure sur des sentiers dangereux et ne se perd jamais, alliant à merveille une thématique rétro pop avec leur propre identité. Il en résulte donc un album différent mais qui va cueillir aisément celui qui a vraiment envie de s’y aventurer.

  • Algorithm
  • The Dark Side
  • Pressure
  • Propaganda
  • Break it to Me
  • Something Human
  • Thought Contagion
  • Get Up and Fight
  • Blackades
  • Dig Down
  • The Void

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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