Rhapsody of Fire – The Eighth Mountain

Avis :

Rhapsody of Fire est un cas très intéressant à étudier dans le domaine du Métal Symphonique ou du Power ou même de l’Epic (cochez la case que vous voulez). Fondé au tout début des années 90 à Trieste en Italie, le groupe se nomme tout d’abord Thundercross avant de choisir Rhapsody lors de la sortie de leur premier album, Legendary Tales en 1997. Malheureusement pour eux, suite à un problème de copyright, le groupe doit de nouveau changer de nom, alors qu’il connait la gloire, et se rebaptise Rhapsody of Fire, ce qui n’a pas un grand impact sur la musique des italiens. Le gros impact sera plutôt le départ de Luca Turilli en 2011, en bons termes, préférant se la faire solo dans un groupe intitulé sobrement Luca Turilli’s Rhapsody. C’est alors que les chanteur se sont succédés, ainsi que les musiciens, tant et si bien qu’aujourd’hui, il ne reste qu’un seul membre fondateur, à savoir Alex Staropoli qui gère les claviers et l’orchestration. Mais le cas le plus atypique, du moins dans le monde du métal, c’est l’arrivée de Giacomo Voli au chant en 2016. Pourquoi ? Car il est issu d’un télé-crochet, à savoir The Voice, où il arrive à la deuxième place en 2014. Repéré grâce à ses talents vocaux et ses nombreuses performances télévisuelles, le groupe fait appel à lui pour tout d’abord un album de reprises avec Legendary Years, qui sera très mal accueilli, puis avec The Eighth Mountain, le douzième du groupe, qui résonne comme une renaissance pour la formation.

Ce que l’on peut craindre avec Rhapsody of Fire, c’est sa grandiloquence et son manque de titres plus accrocheurs, plus courts, plus concis. Avec cet album, on vole sur un énorme dragon que rien n’arrête et quand on regarde la playlist, on a de quoi avoir le vertige. Douze titres, plus d’une heure d’écoute et pas un seul morceau en dessous des quatre minutes. Pas de doute, on est sur du Rhapsody of Fire et comme pour presque chaque effort, on aura droit à un petite intro avec Abyss of Pain. Ce passage ne sera qu’une étape vers le premier vrai titre, Seven Heroic Deeds et le groupe va taper fort d’entrée de jeu. Gros riffs qui déboîtent, rythmique endiablée, orchestration sublime et épique à grands renforts de violons et de claviers, le groupe italien semble prêt à en découdre et a sorti l’épée magique. Le nouveau chanteur se fait plaisir, faisant étalage de toute sa palette vocale et on sera même surpris par cette violente charge qui fait du bien. Mais le groupe ne s’arrête pas en si bon chemin et délivre avec Master of Peace un autre titre qui tape bien. Peut-être moins « lourd » que le morceau précédent, il vient satisfaire cette image que l’on a du Métal Sympho à la Rhapsody. Classique, efficace, pour les amateurs du groupe, on a la sensation de repartir à la fin des années 90 et ça fait un bien fou. Même Rain of Fury va gentiment nous faire hocher la tête dès son introduction gargantuesque dotée d’une orchestration phénoménale. Le clavier prend une place importante et permet ce superbe mélange entre une certaine violence guerrière et une magie aérienne. Par la suite, la formation se calme un peu avec deux jolis titres plus doux, White Wizzard et surtout Warrior Heart, une belle ballade crépusculaire à base de flûte enchanteresse.

On aurait pu croire que pour démarrer la seconde moitié de l’album, le groupe italien se reposerait sur ses lauriers, mais il n’en est rien. The Courage to Forgive laisse pantois sur sa maîtrise technique, mais surtout sur l’émotion qu’il véhicule. Un début accrocheur et beau, qui laisse ensuite place à quelque chose de plus nerveux, de plus épique tout en restant dans une sorte de belle émotion. Mais le plus gros morceau arrive avec March Against the Tyrant. Dépassant allègrement les neuf minutes, le morceau sera une parfaite synthèse du visage de Rhapsody of Fire. On passera par plusieurs stades, dont le plus surprenant reste le tout début, qui fait écho à du Led Zeppelin (ce qui n’est guère étonnant quand on sait que le chanteur s’est qualifié pour The Voice avec Rock n’Roll) et qui va monter petit à petit pour ne plus nous lâcher par la suit, faisant passer ses neuf minutes comme une lettre à la poste. C’est là que l’on repère tout le talent retrouvé du groupe. Par la suite, Clash of Times revient à quelque chose de plus rapide, de plus nerveux, de plus percutant, alors que The Legend Goes On se voudra moins véloce mais plus grandiloquent dans l’orchestration. Enfin, avant d’attaquer la conclusion épique avec Tales of a Hero’s Fate qui est tout simplement parfaite, le groupe renoue avec le moment calme, la pointe d’émotion à travers The Wind, the Rain and the Moon. C’est doux, c’est beau, c’est dense et ça fonctionne à plein régime.

Au final, The Eighth Mountain, le dernier effort de Rhapsody of Fire, est une véritable réussite. Si on pouvait craindre une dure chute pour le groupe après la déception de Legendary Years et ses reprises sans prise de risque, la formation renoue avec un succès inespéré et surtout, une inspiration retrouvée. Malgré sa longueur et ses morceaux assez complexes, le groupe trouve un bel équilibre entre Sympho, Epic et Power pour délivrer leur meilleur album depuis quasiment dix ans.

  • Abyss of Pain
  • Seven Heroic Deeds
  • Master of Piece
  • Rain of Fury
  • White Wizzard
  • Warrior Heart
  • The Courage to Forgive
  • March Against the Tyran
  • Clash of Times
  • The Legend Goes On
  • The Wind, the Rain and the Moon
  • Tales of a Hero’s Fate

Note: 17/20

Par AqME

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