Born and Missing

De : Michael Feifer

Avec Kaitlyn Black, David Gallagher, Vanessa Evigan, Alexandra Paul

Année : 2017

Pays : Etats-Unis

Genre : Thriller

Résumé :

Un an après avoir perdu son nouveau-né, Kristin est toujours inconsolable. Elle a même quitté David son compagnon. Bientôt, Ashley, sa meilleure amie, lui annonce qu’elle est enceinte. Kristin en profite pour lui dire qu’elle attend également un enfant avec Jérémy, son nouveau petit ami.

Avis :

Dans le circuit parallèle du cinéma américain, il y a un réalisateur qui possède une carrière complètement atypique. Inconnu de par chez nous, confiné à sortir des téléfilms bas de gamme qui n’ont aucune vocation à se retrouver au cinéma, Michael Feifer fait pourtant partie de ces types qui sortent quasiment un film par an, voire plus, et qui continue leur petit bonhomme de chemin. Quand je dis carrière atypique, ce n’est pas tant dans la quantité qu’il fournit et l’anonymat dans lequel il baigne, mais plutôt dans ses choix de films. Il commence durant les années 2000 et sort coup sur coup quatre films d’horreur qui racontent la vie de divers tueurs en série américains, comme Ted Bundy, Albert de Salvo dit l’étrangleur de Boston, ou encore B.T.K. Pusi subitement, certainement pour se faire plus de fric, il sombre dans le téléfilm de Noël, dans lequel il continue de baigner. Pour se sortir la tête de la neige, il sort de temps à autre des thrillers voués à la télévision, et Born and Missing en fait partie.

Alors ne nous leurrons pas, si on tombe sur ce genre de projet, on se doute bien de ce que l’on va trouver. Mais entre un type qui a fait des films d’horreur un peu craspec et un scénario qui semble alambiqué et peut bifurquer vers quelque chose de plus violent, pourquoi ne pas se laisser tenter ? Ici, une jeune femme tombe enceinte, mais perd l’enfant à la naissance. Quelques temps plus tard, elle apprend la grossesse de sa meilleure amie et lui raconte alors qu’elle aussi est enceinte. Quelques mois après la naissance du bébé de sa meilleure amie, celle-ci décède dans un accident de voiture et le bébé est porté disparu. Si le pitch est plutôt alléchant, il comporte un défaut de taille, il spoile globalement tout le film. On sait d’avance qui a le bébé, qui a assassiné la femme en question et comment cela va se finir. Le film a beau durer à peine 1h20, il semble long, très long et ne tient jamais son suspens. Pire, on rigolera de certaines séquences qui n’ont aucun sens, avec des personnages qui ne font que s’engueuler pour n’aboutir à rien, voire ne jamais revenir.

Les personnages sont un poids lourd pour le film. On sent bien que Michael Feifer, qui a aussi écrit le scénario, ne sait pas quoi faire de certains protagonistes. Pour le bien fondé de son histoire, et la manipulation de la « méchante », il va créer un type qui fait office de petit copain et participe à son jeu morbide, mais il sera évacué en quelques secondes, faisant son sac et se barrant tout simplement. Il en va de même avec le premier mari, qui revient, gueule un bon coup, et ne revient jamais dans l’histoire pour foutre son nez dans ce bébé miraculeux qu’elle tient dans les mains. Il y a un manque de rigueur flagrant dans l’écriture et dans la gestion des protagonistes. Prenons le personnage principal, qui ne se remet pas de la disparition soudaine de son bébé à la naissance, qui passe son temps à gueuler sur les autres et s’énerve pour un rien, la plaçant bien évidemment comme un suspect numéro. Suspect que l’on trouve rien qu’en regardant l’affiche… Et que dire du veuf qui recherche son bébé, se fait agresser pour on ne sait quelle raison (piste qui sera alors balayée d’une ellipse douteuse) et qui va surexposer ses sentiments. Et je ne parle pas de la belle-mère, hilarante dans sa maladresse pour évoquer la tristesse, posant des questions auxquelles elle a répondu juste avant. Bref, c’est la catastrophe.

Au niveau de la mise en scène, on savait déjà que Michael Feifer était un bon gros tâcheron des familles. Si ses films sur les tueurs en série étaient dotés d’un budget très faiblard, le réalisateur ne parvenait pourtant pas à faire quelque chose de bien avec. En allant vers le thriller, on aurait pu croire qu’il allait égratigner l’image un peu bourgeoise qui se dégage du métrage, mais il n’en est rien. Franchement, quand on jette un regard à Born and Missing, on a la sensation de voir un sous-épisode des Feux de l’amour. L’image est volontairement claire et surexposée, ça brille en plein soleil et c’est plat. C’est putain de plat. Les champs/contre-champs sont monnaies courantes et on va vite se rendre compte que l’incapacité du cinéaste à fournir des séquences d’action. Les courses-poursuites à pied se font au ralenti et le pire dans tout ça, c’est lors de la séquence finale lorsque la nana se suicide (oui, je spoile mais vous ne voulez pas voir ça), on sera pris d’un fou rire incontrôlable par le son et le montage cut qui est d’une débilité sans nom…

Au final, Born and Missing est un téléfilm qui n’a aucun intérêt. Vu lors d’une insomnie, quelle surprise lorsque l’on sait que TF1 a acheté la copie et l’a rebaptisée Tom Bébé m’Appartient. Une purge infâme, qui ne critique rien, si ce n’est la folie d’une femme qui désire plus que tout un bébé et tue sa meilleure amie pour lui chipper. Incapable de tenir son suspens, spoilant tout à l’avance, Michael Feifer fait étalage de sa médiocrité à travers un film fainéant sans intérêt et qui semble sortir d’un soap américain. Bref, une purge dont vous vous épargnerez bien le visionnage.

Note : 01/20

Par AqME

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