novembre 30, 2020

Terreur Point Com

Titre Original : FearDotCom

De : William Malone

Avec Stephen Dorff, Natascha McElhone, Stephen Rea, Udo Kier

Année: 2003

Pays: Etats-Unis, Luxembourg, Allemagne, Angleterre

Genre : Horreur, Thriller

Résumé :

Mike Reilly, un jeune inspecteur new-yorkais, se trouve confronté à plusieurs morts horribles, probablement consécutives à une mystérieuse épidémie. Epaulé d’une ambitieuse chercheuse du Département de la Santé, Terry Huston, il découvre l’existence d’un site Internet, Terreurpointcom, sur lequel les victimes se sont connectées deux jours avant leur décès. L’épidémie dissimulerait en fait une série de meurtres, orchestrés par une « veuve noire » qui hante le réseau et cherche à se venger.
Mike ne tarde pas à se connecter au fameux site. Il dispose dorénavant de 48 heures pour trouver et détruire cet esprit démoniaque, sinon il subira le même sort que les autres victimes.

Avis :

Durant la fin des années 90, deux types de films ont fait des émules, à savoir le thriller à tendance horrifique et le film d’épouvante à base de fantômes. Ce n’est pas pour rien que des métrages comme Seven de David Fincher (1995) ou encore Ring de Hideo Nakata (1997) ont marqué les esprits et inspiré un grand nombre de cinéastes en herbe. Avec l’arrivée des nouvelles technologies comme Internet, certains scénaristes se sont crus plus malins que les autres et ont fourni des palanquées de thrillers plus ou moins fantastiques et plus ou moins horrifiques pour surfer sur une vague qui ne demandait pas autant de monde sur elle. Et à ce titre, Terreur Point Com est symptomatique d’une époque aujourd’hui révolue où le thriller voulait inclure du fantôme, du serial killer, de l’enquête et si possible des effets spéciaux pour faire croire à un film à la mode. Il en résultera le plus souvent un navet incompréhensible, comme c’est le cas avec le film de William Malone, qui signera par la suite deux autres films encore inédit chez nous.

Des morts sont retrouvés à New York, les yeux en sang et dans des postures d’une terreur sans nom. Un jeune inspecteur impulsif mène l’enquête et pensant à une épidémie, il est épaulé par une chercheuse du département de la santé. Ensemble, ils vont découvrir qu’un site relie toutes les victimes et que pile 48 heures après visionnage dudit site, les gens meurent de façon violente. Histoire de comprendre ce qui se passe, le jeune inspecteur se connecte au site et se laisse 48 heures pour découvrir le fin mot de l’histoire. Une histoire qui va prendre ses racines dans une précédente enquête où un docteur fou introuvable enlevait de jeunes femmes pour les torturer. Bref, en lisant le pitch, on se rend vite compte que l’on fait face à un thriller qui se veut glauque et presque gore en incluant les nouvelles technologies et les fantômes pour nous plonger dans notre propre insanité, dans notre voyeurisme maladif et notre attirance pour tout ce qui est glauque. Le problème de ce scénario, c’est qu’il prend plusieurs pistes et ne va jamais au bout de ce qu’il entreprend. Le spectateur navigue alors en eaux troubles ne sachant s’il regarde un truc fantastique ou au contraire terre à terre et surtout, il a l’impression de prendre le train en route, puisque le film puise son intérêt dans un passé qui nous est inconnu. Du coup, on se perd et on ne comprend pas grand-chose à ce qui se passe sur l’écran.

Mais outre le problème d’une histoire rocambolesque qui veut bouffer à tous les râteliers, William Malone en oublie aussi de créer des personnages attachants et intéressants. Si les acteurs ne sont pas vraiment mauvais, bien que Natascha McElhone soit risible et se marre dans des situations gênantes, c’est surtout dans l’évolution des relations que le film n’est pas cohérent. Stephen Dorff est un inspecteur fougueux et colérique, elle est plutôt calme et raisonnée, ils ne s’entendent pas forcément au départ, et pourtant, au détour d’une scène, ils vont s’aimer et prendre soin l’un de l’autre. Si on comprend bien que la relation tend à aller vers de l’amour fugace, le film va bien trop vite, au point d’en devenir stupide et incohérent. On a vraiment la sensation d’une coupure dans le montage, comme s’il manquait un gros bout pour approfondir la relation amoureuse des deux personnages. Le pire vient surtout du grand méchant, un docteur fou qui se filme en direct pour buter de jeunes donzelles et qui a le charisme d’une noix en fin de vie. Stephen Rea n’est pas du tout convaincant et manque d’un côté fou. Quant au fantôme, il y a là aussi un gros souci d’écriture et de cohérence.

Chaque personne qui se connecte au site reçoit alors un message de ce fantôme qui veut jouer à un jeu, puis décide de tuer ces personnes en utilisant leur plus grande peur. Et là, deux problèmes vont surface. Premièrement, à chaque fois que le docteur se connecte et se filme, il y a plus de 1000, voire 10 000, personnes qui se connectent. Pourquoi seulement une paire meurt ? Ce n’est pas logique et normalement, tout le monde devrait subir la malédiction en allant sur ce site. L’autre gros problème, c’est que l’on va apprendre que ce fantôme, cette entité, n’est là que pour résoudre l’affaire du docteur cinglé, le retrouver et lui faire la peau. De ce fait, si elle connait l’inspecteur ou d’autres personnes qui sont là pour l’aider, pourquoi les tue-t-elle quand même ? Quel est le but si ce n’est de joncher une ligne de cadavre par rapport à ce site ? Il manque vraiment une rigueur d’écriture au sein de ce film et plus particulièrement de son élément central, internet et le fantôme qui hante les ordinateurs. Alors on veut bien comprendre que le réalisateur tente de critiquer Internet, son libre accès et le voyeurisme malsain de notre société, mais c’est tellement apporté de façon maladroite et malhonnête que le film en devient détestable.

Détestable jusque dans sa mise en scène qui est tout simplement imbuvable. Le film baigne volontairement dans une atmosphère sordide où les extérieurs sont gris et les intérieurs très sombres, allant presque parfois dans le gothique. Mais un gothique putassier qui n’a rien à faire dans un film qui ne s’en sert jamais. Les appartements des gens sont en bordel, voire à l’abandon, ressemblant plus à des taudis qu’à de vraies pièces à vivre et certains points seront carrément incompréhensibles. A titre d’exemple, la nana qui va pêcher le cadavre de la première victime (le fantôme donc) à côté d’une usine à l’abandon, on ne sait trop comment, et qui ne voit pas la cachette du tueur alors qu’elle est à même pas vingt mètres du lieu. Et là aussi, il n’y a aucune cohérence entre le gothique de la ville et l’aspect vraiment industriel craspec de l’usine qui ressemble à une centrale nucléaire. Tout comme son histoire, la mise en scène et les décors n’ont aucun liant et ne se fondent que sur une atmosphère sordide qui fait plus tape à l’œil qu’autre chose. Enfin, parlons un peu des effets spéciaux, ignobles, qui ont pris un sale coup dans la tronche, un peu à la manière du film Le Cobaye. Le final est d’une laideur insoutenable et ne devait même pas être à la hauteur lors de sa sortie en 2003.

Au final, Terreur Point Com est un bon gros navet des familles. Se voulant sale, glauque et sordide, le film n’a aucune cohérence, que ce soit dans l’écriture, la mise en scène ou encore l’ambiance. Se voulant très sombre pour instaurer une ambiance horrifique au sein d’un thriller fantastique, le film se perd dans les relations entre les personnages, dans son méchant en carton et même dans sa cohérence globale en fonction du sujet principal, le site internet qui tue. Bref, un film très mauvais, qui ne se réhabilite pas une seule seconde, même dans son message nauséabond, où l’on veut nous faire croire qu’internet, c’est nocif et que nous sommes tous des voyeurs malsains.

Note : 02/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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