septembre 28, 2020

Swallow – Mangez-Moi

De : Carlo Mirabella-Davis

Avec Haley Bennett, Austin Stowell, Denis O’Hare, Elizabeth Marvel

Année: 2019

Pays: Etats-Unis, France

Genre: Drame

Résumé:

Hunter semble mener une vie parfaite aux côtés de Richie, son mari qui vient de reprendre la direction de l’entreprise familiale. Mais dès lors qu’elle tombe enceinte, elle développe un trouble compulsif du comportement alimentaire, le Pica, caractérisé par l’ingestion d’objets dangereux. Son époux et sa belle-famille décident alors de contrôler ses moindres faits et gestes pour éviter le pire : qu’elle ne porte atteinte à la lignée des Conrad… Mais cette étrange et incontrôlable obsession ne cacherait-elle pas un secret plus terrible encore ?

Avis:

Réalisateur américain, Carlo Mirabella-Davis n’est pas vraiment connu et c’est normal, puisque le cinéaste débute, et « Swallow » est son premier long-métrage. S’il a touché un peu à la production, ou encore à l’écriture de scénarios, c’est bien dans le domaine de la réalisation qu’il a l’air d’avoir trouvé sa voie et il lui aura fallu une dizaine d’années et quatre courts-métrages pour enfin arriver à réaliser son premier film.

Parmi la sélection du Festival de Deauville, il y a un titre qui est très vite arrivé dans beaucoup de conversations, et même dans les attentes du festival. Ce film, c’est « Swallow« , un film au sujet osé et pour le moins original. Un film qui, avec ses quelques images dévoilées, attisait encore plus la curiosité. Bref, « Swallow » avait bien des arguments pour lui, en plus d’avoir une critique plutôt positive, mais voilà, après la séance, le premier film de Carlo Mirabella-Davis se trouve être une belle déception. Une déception presque injuste, tant le film a de l’idée, et ose aller au bout de lui-même. Malheureusement, si on voit bien l’idée, jamais on ne l’a ressent, et finalement, entre des personnages agaçants et un manque d’empathie, « Swallow » n’arrive pas à convaincre. Dommage.

Hunter est une jeune femme à la vie parfaite, mais pourtant cette dernière va vaciller avec la découverte de sa grossesse. Normalement période de joie, ne sachant pourquoi, Hunter commence à avaler des objets divers et variés dans le dos de ses proches. Ce toc tourne vite à la maladie et bientôt, Hunter se demande si cette chose qui est entré dans sa vie au moment même où elle va devenir mère, ne cacherait pas quelque chose en elle…

Voici une séance qui fut assez frustrante tant « Swallow » est un film singulier. Pour son premier film, Carlo Mirabella-Davis n’a pas fait dans la facilité, puisqu’il a choisi de s’arrêter sur le Pica qui est un trouble alimentaire assez peu connu et qui pousse les gens qui en sont atteints à manger des éléments non-comestibles. Le sujet est assez osé et il est vrai que j’étais terriblement curieux de voir ce que le réalisateur allait bien pouvoir raconter avec cette idée. « Swallow« , c’est un film qui dégage beaucoup de caractère, car derrière l’idée de base, Carlo Mirabella-Davis a choisi aussi de livrer un film de genre, ce qui donne un cachet supplémentaire à son film, en plus d’en dire long sur les ambitions du cinéaste.

D’emblée, le film dégage quelque chose de peu commun et l’on se plaît à entrer dans son intrigue. Carlo Mirabella-Davis tient son sujet, qu’il apporte avec intrigue, suspens et un soupçon de thriller, allant presque jusque dans le film d’horreur. Mais voilà, très vite, l’idée géniale va se dégonfler et finalement, « Swallow« , malgré tout ce qui peut y avoir derrière comme réflexion, car le film tient plusieurs niveaux de lecture, n’arrive pas à nous entraîner et nous convaincre. Ce sentiment est très frustrant, car beaucoup trop d’éléments sont bons dans ce film, mais le film a aussi tendance à se faire « choquant » presque gratuitement. Certes, le sujet en lui-même peut mettre mal à l’aise, mais si l’idée et l’écriture sont bonnes, le film pouvait nous tenir, mais une fois l’idée évoquée, Carlo Mirabella-Davis donne surtout l’impression de tenir une idée provocante et de se dire que cela fera un film. Malheureusement, ça ne fonctionne pas ainsi, et l’on se retrouve devant un film qui veut tant être marquant, qu’il s’annule lui-même.

On ajoutera alors à cela des comédiens qui ne sont pas spécialement très convaincants, notamment la jeune Haley Bennett, qui ne dégage vraiment pas grand-chose. Si le film a des comédiens peu marquants, on se disait qu’on aurait pu alors avoir de l’affection, de l’empathie pour ces personnages, mais là encore, ce n’est pas ça, car ils vont tous ou presque se révéler assez agaçants et au-delà de cela, finalement assez peu intéressants et c’est d’autant plus dommage que le personnage principal, sur le papier, a une évolution et une double lecture qui est intéressante. Pourquoi fait-elle ceci ? Cherche-t-elle à combler un manque ? Et si oui, quel est-il ? Bref, autant de questions qu’on se pose par curiosité. Et c’est bien là le problème, on reste curieux, alors qu’on devrait presque frémir à la découverte de ces réponses.

« Swallow« , malgré les bonnes idées et autres bonnes intentions, s’est révélé être une déception. Une de ces déceptions qui frustrent plus qu’autre chose, car ce premier film de Carlo Mirabella-Davis démontre l’envie d’un jeune cinéaste de proposer autre chose, d’oser autre chose. En espérant maintenant que le suivant soit mieux.

Note : 08/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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