Ambratiya – Aby Mery

Auteure : Aby Mery

Editeur : Stories by Fyctia

Genre : Fantasy

Résumé:

Pour la vérité, jusqu’où sera-t-elle prête à aller ? Les clans du royaume d’Ery cohabitaient sans heurts depuis plus d’un siècle, mais aujourd’hui, cet équilibre est menacé. À cause de l’Ambratiya… Comment une bague en apparence si banale peut-elle créer tant de tensions ? Et quel est son véritable pouvoir ? Appôline est prête à le découvrir, quoi qu’il lui en coûte. Quels secrets de son monde exhumera-t-elle dans sa quête ?

Avis :

La couverture d’Ambratiya, entre fond nuageux et monde imaginaire, nous emmène déjà au sein de son univers féerique détonnant. La lecture se traverse avec calme ; les paysages de neige, ou parfois forestier, permettent d’installer une atmosphère plutôt détendue, même si les pages regorgent d’aventure. L’écriture belle, toute en simplicité et poésie dans les descriptions, et dans l’efficacité pour les dialogues, nous plonge rapidement dans l’intrigue, dans l’action.

Le roman décrit un gouvernement sombre, inégalitaire et violent qui, avec une ambiance plus sereine, la présence de créatures magiques charismatiques, et une héroïne sensée, se voit finalement occulté, devenant presque invisible dans le doux ambiant du roman. Un bien ou un mal, cela dépendra des lecteurs. Ambratiya ne s’axe pas sur les violences que peuvent provoquer les conflits et ne met pas en scène de passages sanglants. Les scènes de bataille manquent quelque peu d’instants épiques et ne durent pas, même si les descriptions données suffisent à nous rendre compte des différents évènements.

L’auteure s’intéresse davantage aux personnages, à leurs liens et à leurs avenirs, alors que les situations qu’elle décrit pourraient très bien donner des scènes aussi dures que dans Le trône de fer. Ceux qui détiennent le pouvoir ne sont pas décrits avec une grande profondeur, et cela nous amène à les considérer comme des clichés des dirigeants « méchants » que l’on croise souvent, ce qui est dommage. Ils auraient mérité un peu plus de descriptions pour qu’on les prenne véritablement au sérieux.

De plus, bien que ses sentiments soient clairement justifiés, l’héroïne éprouve une grande haine contre ses souverains et l’exprime dès les premières lignes, ce qui nous amène rapidement à juger ces figures alors qu’on ne sait rien d’eux, si ce n’est leur besoin de pouvoir. Ambratiya ouvre les portes d’un univers manichéen qui, sans que cela soit désagréable, frustre tout de même un peu devant l’absence de figures noires et sombres, alors que l’univers le permettrait aisément, pour contrebalancer un coté lumineux confortablement installé. Le lecteur a du mal à douter de la puissance des ennemis de la jeune femme, ce qui supprime une certaine tension dans la lecture.

La première partie avance vite, peut-être un petit peu trop. Le mystère qui entoure le personnage principal se voit, par exemple, finalement vite révélé au lecteur, alors que le chapitre initial mettait en place un suspense bien construit, qui s’efface presque juste après. Les ennemis se trouvent également identifiés dès les premières lignes.

Ambratiya nous offre à suivre une belle guerrière. On s’attache à l’héroïne, Appôline, grâce à son caractère rebelle, ses réflexions intéressantes et un tempérament tout feu tout flamme qui nous offre de belles scènes mouvementées, tant au niveau guerrier que verbal. La jeune fille nous émeut lorsqu’elle est en compagnie de sa famille, et de ses camarades guerriers. Ses émotions sont bien décrites, sont belles, tout en étant crédibles et cohérentes. Il est plaisant de voir Appôline évoluer dans cet univers intéressant et plein de promesses, même si son changement de grade dans l’armée semble lui convenir peut-être un peu trop facilement.

Ses relations avec les magiciens constituent également des scènes prenantes, tant à cause de ce qu’elle apprendra sur son objectif, que de l’attachement et de l’amour qui s’en dépeint. Via des explications quelque peu énigmatiques, ces magiciens apportent une touche de mystère qui restera plus longtemps que celui mis en place lors des premières lignes.

La prophétie du roman, dont la jeune fille en constitue le centre, étonne sur sa résolution finale. En effet, Appôline n’apparait finalement pas comme étant l’élément unique permettant de sauver le monde, mais comme un des atouts nécessaires pour y parvenir. Cette conclusion, à la fois originale et rafraîchissante, apporte de la nouveauté en termes de prophéties et de fins préméditées. Par ailleurs, l’intrigue principale de guerre des clans, bien que foncièrement peu innovante en premier lieu, reste très plaisante à suivre, notamment grâce à la présence de créatures magiques époustouflantes, au parler lumineux, et au charisme fascinant.

Ils apportent au roman sa force, ainsi qu’une autre dimension plus poétique. Les passages lors desquels ces êtres fabuleux discutent avec Appôline constituent certainement les plus beaux passages du roman, notamment grâce aux mots qu’ils emploient, mais aussi grâce à la majesté qu’ils dégagent. Les noms inventés par l’auteure sont également géniaux. « Gronambul » ou « sytalole » sont des mots qui sonnent agréablement à nos oreilles, qu’en dites-vous ? La prophétie tourne également autour du peuple de ces créatures, et les idées de l’auteure nous ravissent.

L’épilogue apporté par l’auteure passe bien trop vite, et ne nous laisse pas le temps d’apprécier tout ce que la prophétie a permis d’accomplir dans le royaume. On aurait aimé plusieurs chapitres, ou même peut-être un roman complet qui décrive la réparation du monde, pas à pas. La toute fin reste tout de même très belle, et positive, à l’image d’un roman qui s’intéresse d’abord à la poésie du monde, et à ses relations entre ses personnages principaux.

Ambratiya est un récit imaginaire peu approfondi au niveau politique et guerrier, mais qui joue sur bien d’autres tableaux. Créatures fascinantes, belle héroïne, des clans anciens qui s’affrontent, des magiciens énigmatiques, de beaux paysages, de la poésie et un souffle nouveau vers la fin, apportent à l’univers une atmosphère féerique prenante, qui ravira les plus sensibles d’entre vous.

Note : 15/20

Par Lildrille

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net