octobre 29, 2020

Alex de la Iglesia

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Né à Bilbao, région de Castille-La Manche, Espagne

Le 04 Décembre 1965

Alex De La Iglesia, grande figure du cinéma ibérique, connu pour ses délires visuelles et scénaristiques. Faisant un cinéma à part, où règne l’humour trash, le gore, le fantastique et le réalisme. Mélangeant habillement des réflexions sur notre société avec espoir et cynisme, en plus de vingt ans de carrière, il s’est bâti une filmographie aussi variée qu’elle est imposante. C’est l’un des cinémas les plus riches d’aujourd’hui.

Le jeune De la Iglesia se passionne très vite pour l’univers de la bande dessinée, dont il commence a en faire vers l’âge de dix ans, ce qui lui permet très tôt de développer son imaginaire.

Une fois sur les bancs de la fac, où il suit un cursus de philosophie, le jeune homme préfère déserter et passer son temps dans les vidéo clubs à découvrir des œuvres qui vont le nourrir en attendant de pouvoir tourner les siennes.

Les années 1990.

Il commence en 1988 comme directeur de production pour les besoins de « Mama » de Pablo Berger. en 1991, il est le décorateur de « Tout pour le fric » qui est réalisé par Enrique Urbizu, qui a entre autre réalisé dernièrement « Pas de paix pour les canailles« . Puis commence l’écriture de son premier et seul court métrage « Mirindas asesinas« . Le rêve arrive, il le tourne dans la foulée avec trois fois rien. Tourné en noir et blanc, le film dure douze minutes , mais quand on le regarde, on y retrouve tout ce qui fait déjà le caractère unique de son cinéma, des personnes étranges, un gout déjà prononcé pour la violence. (Il est trouvable sur Youtube, ou dans les bonus DVD de « Mes chers voisins« ).

Ce petit court métrage différent, va alors taper dans l’œil de Pedro Almodovar. Séduit par les qualités, les genres et l’histoire de ce film, il propose de financer le premier de Alex De La Iglesia.

Le tout jeune réalisateur se lance dans un projet ambitieux, dont il a écrit le scénario, ce sera « Action Mutante« , un film de science-fiction déjanté qui se passe dans une société future. Un groupe de rebelles enlèvent la fille d’un riche industriel et demande une rançon qui sera livré sur une autre planète. Le film rencontre un joli succès et remporte même trois Goya (Meilleurs effets spéciaux, meilleur maquillage et meilleure direction de production).

Mais c’est avec son deuxième film « Le jour de la bête » que le réalisateur trouve son premier gros succès, public et critique, il remportera même le Goya du meilleur réalisateur en 1995. Le nom de De La Iglesia traverse les frontières avec cette comédie horrifique sur la fin du monde et remporte le grand prix du festival du film fantastique de Gérardmer.

Ce triomphe devenu culte, maintenant permet au cinéaste de tourner « Perdita Durango » un road movie déjanté entre le Mexique et les USA, avec au menu sexe, drogue et hold-up. On trouve au casting un jeune acteur qui tient la tête d’affiche nommée Javier Bardem. Deux ans plus tard Alex De Iglesia revient avec « Mort de rire » une comédie satirique sur l’univers impitoyable de la télévison, des stars, de leur égo, du public aussi. De La Iglesia se moque gentiment de tout ce petit monde avec un duo d’acteur en grande forme Santiago Segura et El Gran Wyoming.

Les années 2000

On peut donc dire que le réalisateur termine très bien cette décennie 90 et il aborde en mieux celle des années 2000, avec cette comédie, « Mes chers voisins« , surement son meilleur film. Quand « Perdita Durango » et « Mort de rire » n’ont pas traversé les frontières, le réalisateur les traverse de nouveau avec cette comédie brillamment emmené par la grande Carmen Maura. Le film est un petit bijou d’humour noir. Alex De La Iglesia se fait plaisir et suit les aventures de Julia, un agent immobilier qui découvre lors d’une visite dans un appartement en vente, que le propriétaire du dessus est décédé. En voulant porter secours au vieil homme, elle trouve une valise contenant trois cents millions de pesetas. Une grosse somme que tous les résidents de l’immeuble cherchent à avoir depuis des années. Julia arrivera-t-elle à sortir indemne de cet immeuble. Le film est drôle, bourré de référence, de créativité, de moments avec des scènes complètement improbables, on rigole du début à la fin. De La Iglesia s’offre un retour en grande forme, le film sort en 2002 soit trois ans après son dernier.

Par la suite il enchaîne des projets très différents, mais tous intéressants. La même année il fait rimer western avec émeute et CSR, dans l’excentrique et touchant « 800 balles« , puis il nous fait mourir de rire en 2004 avec l’improbable et jubilatoire « Le crime farpait » qui suit la malchance du pauvre Rafael incarné par l’excellent Guillermo Toledo et surtout sa « promise » la perturbée Mónica Cervera. L’année suivante il fera même un petit tour par la case télévision le temps d’un téléfilm horrifique « La chambre du fils« .

2008 marque un tournant dans sa carrière. Jusque-là, tous ses films étaient différents, mais avaient pour base la comédie. Avec « Crimes à Oxford« , De La Iglesia signe son premier thriller, sans humour et pour le coup le réalisateur tourne en langue étrangère pour la première fois. Si « Perdita Durango » était fait au Mexique et Las Vegas, le film était en espagnol et tenu par des acteurs espagnols. Là c’est différent, le film est en anglais et De la Iglesia y dirige entre autre Elijah Wood, John Hurt, ou Dominique Pinon. Le film a un succès mitigé et l’on a du mal à trouver le punch du cinéaste, le film est trop classique. C’est à ce jour le seul que le réalisateur a fait à l’étranger. On pourra quand même noter que le réalisateur s’essaie à un autre genre et prend des risques. Et c’est d’ailleurs ce qu’il fera dorénavant.

Quand d’autres seraient retournés dans ce qu’ils savaient faire de mieux après un échec, le réalisateur espagnol va alors partir loin, très loin. D’abord, il fait son retour sur le petit écran avec la série « Plutón B.R.B. Nero » dont il est le créateur avec Jorge Guerricaechevarria ami de toujours, qui a participé à l’écriture de presque tous les films du réalisateur. Il fait aussi une courte apparition dans le film « Spanish movies« , un hommage au cinéma espagnol de ces dernières années en formes de « Scary movies« .

Les années 2010

Il tourne en 2011 son œuvre la plus aboutie, la plus dingue, la plus profonde, la plus sombre, l’extraordinaire « Balada Triste » sur lequel il rencontre celle qui est désormais sa compagne la belle Carolina Bang.

Ce film nous raconte avec excentricité, humour, démesure et émerveillement la confrontation entre un clown triste et un clown drôle dans l’Espagne de Franco pour les beaux yeux de Nathalia une belle trapéziste.

Le film a un fabuleux succès et récolte même quinze nominations aux Goya et remporte aussi au festival de Venise le prix du meilleur réalisateur.

En 2012, il repart dans une autre direction avec « Un jour de chance » qui suit avec un sens pas possible du drame, l’histoire d’un homme qui, après un accident, se retrouve avec une barre de métal enfoncé dans son crâne. Le film est simple et décrit avec une certaine virulence les médias et les phénomènes de société. Le film est dur et passionnant, brillamment emmené par José Mota, Salma Hayek, Carolina Bang ou encore Blanca Portillo, Santiago Segura et Antonio de la Torre. Le film passera inaperçu ce qui est vraiment dommage.

Alex De La Iglesia s’est construit une famille de cinéma. Le réalisateur a ses fidèles et aime tourner avec. Pendant toutes ces années, son cinéma a été parcouru par des têtes connues qui continue d’épaissir son univers. Ainsi dans ses acteurs fétiches on trouve Santiago Segura, Carlos Areces, Carolina Bang, Carmen Maura, Alex Angulo et Antonio de la Torre.

Réalisateur devenue culte, cinéaste visionnaire et déjanté.

Le cinéma d’Alex De La Iglesia est unique. En plus de vingt ans de carrière, le réalisateur le plus fou d’Espagne s’est bâti une sacrée filmographie, riche, divers, amusante et passionnante à la fois, capable de passer du comique, au loufoque, du drame, au fantastique religieux, du thriller, à l’épouvante. Alex De La Iglesia est un homme que j’admire, un réalisateur qui ose, qui fait des choses qui changent de ce que l’on a l’habitude de voir et même quand c’est un raté c’est toujours intéressant.

A l’heure où je termine cette chronique son nouveau film « Les Sorcières de Zugarramurdi » cartonne en Espagne et s’apprête à débarquer chez nous. Et au vu des premières affiches et images dans les bandes annonces, « Les Sorcières de Zugarramurdi » s’annonce, comme d’habitude, bien déjanté. Ça risque d’être une sacrée expérience.

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Filmographie

Réalisateur

Álex de la Iglesia est scénariste de tous ses films, sauf peut-être La Chispa de la Vida.

  • 1992 : Action mutante (Acción mutante)
  • 1996 : Le Jour de la bête (El día de la bestia)
  • 1997 : Perdita Durango
  • 1999 : Mort de rire (Muertos de risa)
  • 2000 : Mes chers voisins (La comunidad)
  • 2002 : 800 balles (800 balas)
  • 2004 : Le Crime farpait (Crimen ferpecto)
  • 2006 : La Chambre de du fils (La habitación del niño) (TV)
  • 2008 : Crimes à Oxford (The Oxford Murders)
  • 2010 : Balada triste (Balada triste de trompeta)
  • 2012 : Un Jour de Chance (La chispa de la Vida)
  • 2013 : Les Sorcières de Zugarramurdi (Las brujas de Zugarramurdi )

Producteur

  • 2002 : 800 balles (800 balas)
  • 2004 : Le Crime farpait (Crimen ferpecto)

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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