octobre 26, 2020

La Porte du Paradis

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Titre Original: Heaven’s Gate

De : Michael Cimino

Avec Kris Kristofferson, Christopher Walken, John Hurt, Isabelle Huppert

Année : 1980

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame, Western

Résumé :

Deux anciens élèves de Harvard se retrouvent en 1890 dans le Wyoming. Averill est shérif fédéral tandis que Billy Irvine, rongé par l’alcool, est membre d’une association de gros éleveurs en lutte contre les petits immigrants venus pour la plupart d’Europe centrale. Averill s’oppose à l’intervention de l’association sur le district et tente de convaincre son amie Ella, une prostituée d’origine française, de quitter le pays.

Avis :

Michael Cimino est un réalisateur qui n’a pas fait énormément de film durant sa carrière. Mais il faut dire qu’avec seulement trois films, il a su se faire un nom et à la fin des années 70 et il a même créé une polémique. Après avoir fait Le Canardeur en 1974 avec Clint Eastwood et Jeff Bridges, le réalisateur fait son chef d’œuvre, Voyage au Bout de l’Enfer avec un certain Robert De Niro. C’est donc en 1978 que tout le grand Hollywood lui fait les yeux doux et lui offre un budget conséquent pour faire son troisième film, le western La Porte du Paradis, narrant de façon romancée la bataille du comté de Johnson. Mais le résultat fut une grosse claque pour les américains, car le film est une critique ouverte sur le capitalisme et le racisme des américains. Le film fait un four et se fait massacrer par la critique. Heureusement pour nous, Carlotta, génial éditeur, ressort dans une version restaurée inédite le film pour que nous puissions jouir une nouvelle fois de ce chef d’œuvre qui fait la nique aux amerloques ! Retour sur un film indispensable.

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Je te jure chérie, cette jument est canon !

L’histoire en elle-même est assez simple à comprendre, même si elle se déroule dans un contexte historique particulier. Mais le film durant 3h37, il y a bien évidemment quelques complexités dans le métrage, dont une rivalité entre deux amis et une histoire d’amour à trois qui va poser des problèmes. Pour faire simple, Averill est un shérif respecté et plein aux as. Il retourne en 1890 dans le Wyoming pour retrouver Ella une prostituée qu’il aime. Il retrouve aussi Billy, un ancien ami d’Harvard qui est rongé par l’alcool et qui fait partie de l’Association de gros éleveurs de bétail. C’est durant cette période qu’une vague d’immigrés d’Europe de l’Est arrive et tente de survivre en réclamant des terres. Malheureusement, ces gens meurent de faim et le gouvernement refuse de leur donner des terres. Ils n’ont aucuns autres moyens que de voler du bétail pour survivre. L’Association établit alors une liste noire de 250 personnes à abattre pour arrêter les vols et la mendicité. Averill s’oppose farouchement à cette liste et veut partir avec Ella car elle fait partie de cette liste. Cela va la voir s’opposer à son ami Nathan qui travaille pour l’Association, mais qui va découvrir petit à petit toutes les dérives de ce groupe. Bref, comme on peut le lire, le film n’est pas forcément complexe, mais il contient une histoire à tiroirs, mêlant intrigue amoureuse, film mélancolique d’une époque libertaire et film acide sur la société américaine, capitaliste et raciste. C’est d’ailleurs pourquoi le film s’est pris une volée de bois vert dans la tronche lors de sa sortie en salles en 1980, car il critique ouvertement le comportement américain qui n’a pas tellement changé depuis cette époque.

Il s’agit donc d’un sujet fort et d’un brûlot contre une population qui veut sa tranquillité et tous les pouvoirs. Mais au-delà de ça, il s’agit d’une immense fresque mélancolique sur une époque révolue où la liberté était encore pleine. On peut ressentir cette sensation sur de longs plans inspirés, avec des chevauchées, des couchers de soleil ou encore des scènes pleines de non-dits qui sont poignantes. Mais il s’agit aussi d’un film grandiose, car Michael Cimino se permet de filmer des scènes grandiloquentes avec une maîtrise incroyable, comme des tableaux de danse sublimes, don on retiendra surtout les rondes de début de film ou encore le passage de danse sur patins à roulettes. Les fusillades sont hyper maîtrisées, rendant, sur la fin, une scène digne des plus grands films de guerre. Mais le plus frappant, c’est que ces scènes immenses côtoient des scènes très intimistes et d’une rare finesse. On pourra par exemple apprécier les jeux d’amour entre Ella la prostituée et Averill le shériff. On pourra se délecter de la dualité entre les deux amis que sont Averill et Nathan. Bref, on obtient un film complet, beau, puissant et très intelligent.

Le casting est, à juste titre, exceptionnel. On retrouve dans le rôle principal, Kris Kristofferson, que les plus jeunes connaissent grâce à son rôle dans la trilogie Blade et qui est juste remarquable. Touchant, beau, mystérieux et profondément mélancolique, il livre une prestation sans faille, montrant qu’il est un grand acteur. Christopher Walken (Sleepy Hollow, Pulp Fiction) est extraordinaire aussi dans son rôle, glaçant et détestable au début du film et devenant vraiment touchant sur la fin, il livre lui aussi une prestation exceptionnelle. John Hurt, incarnant Billy, le riche alcoolique est excellent dans son rôle lui aussi, étant le rigolo de service, mais surement le plus lucide aussi sur la situation. Jeff Bridges, encore jeune est assez discret, mais livre, comme à son habitude, une prestation sans faille. On pourra aussi voir dans ce film les débuts de Mickey Rourke, qui joue dans une scène très drôle et qui deviendra par la suite l’acteur fétiche de Cimino. Au niveau féminin, on retrouve Isabelle Huppert dans le rôle d’Ella la prostituée et elle est vraiment troublante et excellente. Il s’agit certainement de l’un des personnages pour lequel on aura le plus d’empathie. Bref, le casting est parfait et les acteurs sont gigantesques.

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Un petit cours de Roller Derby en jouant du violon ?

Au final, La Porte du Paradis (Heaven’s Gate en VO) est un film sublime, un chef d’œuvre indispensable pour tout cinéphile. Intelligent et surtout profondément riche, il s’agit de l’un des plus beaux films du cinéma américain, ni plus, ni mois. Carlotta sort trois versions du film, dans une version restaurée inédite, supervisée par Michael Cimino lui-même, avec une version double DVD et une version double Bluray bourrée de bonus, ainsi qu’un coffret collector avec trois livrets inédits. Un objet qui semble indispensable !

Note : 20/20

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Par AqME

ServalNote de Serval: 20/20

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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