décembre 4, 2021

Les Epées de Haven – Simon R. Greene

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Résumé :

Haven est une ville sombre et dangereuse, qui grouille de lanceurs de sorts, voleurs et monstres en tout genre. Tout y est à vendre. Tout, sauf Hawk et Fisher, deux gardes, mari et femme, qui n’ont ni leur épée ni leur langue dans leur poche.

Ce sont les deux seuls êtres intègres à cent lieues à la ronde, craints par tous les malfrats des bas-fonds, et ils ont décidé de faire le grand ménage !

 

Avis :

Les romans d’Héroïc-Fantasy ont tous un dénominateur commun : Le Seigneur des Anneaux de J.R.R Tolkien. Il est vrai que cette œuvre a marqué tout un pan de la littérature, en proposant une vision dont bon nombre de lecteurs et d’écrivains ont du mal à se distancier. Les elfes, les orcs, les gobelins, les nains, les dragons, on retrouve bien souvent ce bestiaire dans toutes les œuvres qui font de l’héroïc-fantasy. Néanmoins, certains auteurs essayent de s’en éloigner pour proposer des œuvres différentes, plus ou moins ancrées dans le réel et avec des petites touches qui rappellent le genre de référence. Simon R. Green est un auteur assez prolifique qui a officié dans le roman de fantasy et qui s’attache à narrer les histoires de deux gardes incorruptibles et qui font régner la loi dans une ville très dangereuse. Non, il ne s’agit pas d’un western, même si la fantasy est abordée de manière très légère, par petites pointes. Alors que vaut la trilogie Les Epées de Haven, qui regroupe trois romans courts (pas plus de 150 pages à chaque fois) ?

La trilogie parle donc de deux gardes, Hawk et sa femme Fisher, qui sont les seuls gardes incorruptibles et qui ont une réputation longue comme le bras. Tout le monde les connait et s’en méfie, car leurs méthodes sont expéditives et souvent violentes. Ils sont bien entendus au centre des trois romans et montrent à chaque fois leurs caractères. C’est d’ailleurs assez bien fichu, car l’auteur reste cohérent avec son idée de base et propose deux héros vieillissants mai fortement attachants et souvent drôles. C’est d’ailleurs grâce à ces personnages que les livres deviennent intéressants, car les histoires sont assez maigres.

Le premier livre est un huis-clos. Un magicien donne une fête dans sa demeure et Hawk et Fisher doive assurer la protection d’une personne politique. Malheureusement, cette personne finira par être tuée. Le magicien ferme alors de façon magique toute la maison et les deux gardes vont mener une enquête. Dans ce premier roman, on sent l’inspiration du roman policier, notamment Agatha Christie, mais dans un univers différent. Si le départ est intéressant, car on n’a pas toujours l’occasion de lire un policier dans un univers fantasy, la suite est un peu moins réjouissante. On trouvera assez vite le tueur, et on se doutera de suite de la nature du tueur. Heureusement, un double twist va venir nous surprendre un petit peu et surtout, on va apprendre quelques petits trucs dans la vie de Hawk et Fisher.

Le deuxième livre est beaucoup plus politique. Adamant est un jeune politicien qui se présente aux élections. Manque de pot pour lui, il est réformateur et veut faire cesser la corruption dans la ville, ce qui n’est pas au gout de Hardcastle, celui qui se présente du côté des conservateurs. Hawk et Fisher ont donc pour mission de protéger Adamant et de comprendre les rouages de la politique dans la ville pourrie de Haven. Il s’agit certainement du roman le plus intéressant, car il montre une rivalité qui pourrait se transférer à notre époque. Avec les magiciens, les liches et les prêcheurs en moins, c’est sûr. Cette histoire est donc pleine de mystères, pleine de rebondissements, mais reste très, même trop simple.

Enfin, la dernière histoire est une pure enquête policière dans la rue des dieux, une rue où des adorateurs vénèrent leurs êtres et où des choses magiques se passent. Mais un tueur sévit dans cette rue et commence à tuer des dieux. Pour éviter une émeute et une rébellion des dieux, Hawk et Fisher doivent intégrer la brigade des dieux, composée d’un sorcier, Tombe, d’une herboriste, Rowan et d’un guerrier, Buchan. Dans ce récit, on apprend comment fonctionne cette rue qui parsème les autres romans. On apprend aussi les relations entre différents quartiers de la ville et la puissance des certaines personnes, qui deviennent des Etres. Malheureusement, tout cela est plombé par une enquête très simpliste, où l’on trouve le tueur bien avant la fin du récit et c’est bien dommage.

Mais, tout comme dans le cinéma, ce qui est important, c’est le situationnisme. C’est-à-dire qu’il faut replacer le roman dans  son époque. En effet, les romans que l’on retrouve dans cette trilogie datent du début des années 90 et l’avènement de ce genre n’était pas encore complet. Il aura fallu attendre les adaptations de Peter Jackson pour que le genre reprenne du poil de la bête. Le style est assez fluide et le ton se laisse lire assez facilement.

Au final, Les Epées de Haven est une trilogie plaisante à défaut d’être riche et épique. Nous sommes en présence de romans simples, à hauteur d’hommes et qui ne cherchent pas forcément à faire dans le grandiloquent. Les personnages sont très attachants, assez vulnérables, ce qui les rend d’autant plus crédibles. Bref, même si ce n’est pas la panacée, ça reste quand même fort sympathique !

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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