Criminal Squad

Titre Original : Den of Thieves

De : Christian Gudegast

Avec Gerard Butler, Pablo Schreiber, Curtis Jackson, O’Shea Jackson Jr.

Année: 2018

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller, Policier

Résumé:

Chaque jour, 120 millions de dollars en liquide sont retirés de la circulation et détruits par la Réserve fédérale de Los Angeles. Un gang de braqueurs multirécidivistes va tenter l’audacieux tour de force de mettre la main dessus. Mais, ils vont se heurter à une unité d’élite de la police qui n’a pas l’intention de jouer dans les règles de l’art. Tous les coups sont permis pour coincer ces gangsters prêts à tout.

Avis :

En règle générale, les films d’action sont représentatifs du traitement infligé au cinéma de genre puisqu’on a tendance à les mésestimer avec bienveillance. D’où l’usage courant de « plaisir coupable » à leur égard. Aussi, on peut s’interroger sur la volonté de réaliser un tel métrage avec une portée autre que le divertissement pur et simple. Toujours est-il que la majeure partie de la production actuelle se partage entre les DTV bon marché, les blockbusters parfaitement assumés et des projets qui se veulent un peu plus ambitieux que la masse. Ce dernier point semble être le cas pour Criminal Squad. Cette première impression se confirme-t-elle ou est-elle rapidement contredite par une propension à la violence basique ?

Il est vrai que l’intégration dans la catégorie « film de braquages » tend à fournir un exercice plus cérébral qu’à l’accoutumée. Le fait d’élaborer des plans pour voler un bien ou une somme, si triviale soit cette motivation pécuniaire, incite à travailler l’histoire par une approche plus subtile. En ce sens, on apprécie certains éléments propres à rendre l’initiative criminelle moins primaire dans son mode opératoire. À la manière de la réalisation, les préparatifs sont méticuleux et viennent justifier la logistique de l’organisation pour maîtriser tous les aspects des braquages. Seulement, l’intelligence du scénario possède ses limites. Les spectateurs rompus à ne pas prendre pour argent comptant ce qu’on leur sert ne seront guère surpris de la tournure des événements.

Avec près de 140 minutes, on notera également que le format pour étayer le propos se veut plus long que la moyenne. On dispose alors d’un potentiel initial assez prometteur pour atteindre les objectifs escomptés. Seulement, le contrat n’est qu’à moitié respecté. Globalement assez soignée et sympathique pour le genre, ce n’est pas la qualité de l’intrigue qui fait défaut à Criminal Squad, mais plutôt la caractérisation. En effet, celle-ci vient contredire la volonté d’offrir un traitement nuancé et moins rentre-dedans. Pour preuve, la durée de métrage démontre une patience évidente pour développer les deux aspects du braquage (flics et criminels), ainsi que les relations qui en découlent.

Seulement, la confrontation tourne très vite à un concours de testostérones binaire. Ce n’est même pas à qui sera plus malin que l’autre, mais uniquement qui a la paire la plus grosse. Rien de plus, rien de moins. Muscles apparents, gueules marquées par la défiance, échanges de regards hostiles soutenus par l’ambiance pesante des situations… Les exemples ne manquent pas pour traduire la lourdeur des personnages, comme l’affrontement au restaurant ou la séance au stand de tir. Il n’y a qu’à voir la maladresse des uns dans leur vie privée et la cupidité des autres pour se rendre compte que les portraits dépeints sont davantage proches d’une série B standard des années 1990 plutôt que de références cultes. On peut notamment évoquer Heat ou Un Après-midi de chien, en raison de brèves allusions en fin de parcours.

Il est vrai que l’on pourrait apprécier cette absence de contraste entre les forces de l’ordre et les criminels. De même, le titre est assez parlant pour illustrer cet état de fait. Les méthodes peu scrupuleuses des policiers renvoient directement à la violence déployée lors des braquages. Seulement, ce machisme omnipotent présente un aspect désuet auquel il est difficile d’apporter un crédit dans le paysage actuel. Par ailleurs, il relègue la femme à un objet esthétique. Il n’y a aucun rôle féminin secondaire frappant. Il faut se contenter de prostituées à la plastique parfaite et d’une future ex-épouse délaissée. Qu’on se le dise, Criminal Squad est un « film de mecs », des durs où la moindre faiblesse se paie comptant.

On peut donc considérer Criminal Squad sous deux angles, accentuant le sentiment partagé qu’il laisse dans son sillage. D’une part, on apprécie la mise en scène et la volonté de privilégier le réalisme des fusillades et des braquages par un autre moyen que des courses-poursuites ou d’interminables échanges de coups de feu. D’autre part, ce rejet du spectaculaire dissimule une image machiste où l’ego démesuré des protagonistes transpire la testostérone comme rarement. Malgré quelques rebondissements assez attendus, il en ressort un traitement des personnages lisse, prônant la valorisation de figures archétypales. Si l’appellation de « western urbain » n’est guère usurpée, elle supplante tous les autres aspects de la narration. Ce qui rend l’ensemble beaucoup moins riche qu’escompté, n’en déplaise aux sommes dérobées par les braqueurs.

Note : 12/20

Par Dante

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