octobre 28, 2020

Girls With Balls

De : Olivier Afonso

Avec Tiphaine Daviot, Manon Azem, Artus, Camille Razat

Année : 2019

Pays : France

Genre : Comédie, Horreur

Résumé :

Une équipe de volley féminine est prise pour cible par des mâles bêta, émules contemporains du Comte Zaroff. Trop sûrs d’eux et de leur connaissance du terrain forestier, les chasseurs ne se doutent pas une seule seconde que le rapport de force peut s’inverser… si tant est que les sportives fassent preuve d’esprit d’équipe.

Avis :

Olivier Afonso est un spécialiste français des effets spéciaux. Il a bossé sur des films comme Grave de Julia Ducourneau, Livide de Julien Maury et Alexandre Bustillo et La Horde de Yannick Dahan et Benjamin Rocher. Avec un tel carnet d’adresses, il a forcément créé des liens avec divers acteurs et spécialiste du septième art et c’est en 2018 qu’il se décide passer à l’écriture et à la réalisation avec Girls With Balls. Comédie horrifique à tendance gore avec un joli casting et des apparitions de qualité, ce premier film sort enfin sur Netflix après avoir écumé les salles de divers festivals de films de genre. Néanmoins, le film se traine une réputation peu glorieuse, et les premiers retours ne furent pas très accueillants, dépeignant un film peu intéressant, flirtant constamment avec le mauvais goût et le délire gênant entre potes. Disponible maintenant sur Netflix, qu’en est-il vraiment de Girls With Balls ?

La petite histoire va suivre une équipe de volley féminine qui « fuit » un match après une victoire plus ou moins douteuse. En se perdant en route, le coach et toute l’équipe fait escale dans un vieux bouge dégueulasse habité par des pécores qui semblent muets. Dès lors, une chasse à l’homme se met en place et les joueuses vont devoir suivre dans un milieu hostile. Le scénario a déjà été vu des milliers de fois, même sous le couvert de la comédie (Severance par exemple) et il ne faut pas s’attendre à être surpris par ce film, ou même à y trouvé un chef-d’œuvre. On sait d’entrée de jeu sur quoi on pose les yeux, une comédie potache, relativement fauchée, mais qui va tenter de faire des choses dans son humour bas du front et ses effets gores plus ou moins réussis. On ne va pas se mentir, ça ne vole pas très haut et effectivement, Girls With Balls respire à fond le délire entre copains qui ont décidé de faire un peu n’importe quoi pour faire rire le spectateur. Les blagues misogynes font fuser, les personnages sont tous stéréotypés et les grands méchants, menés par un Denis Lavant qui semble bien s’amuser, sont complètement demeurés. Ce n’est pas vraiment la joie au pays des rednecks et surtout, on sera atterrés par certains choix.

Car si l’humour marche de temps à autre, notamment grâce à un Artus qui fait un one man show à lui tout seul, le plus souvent, on se cache les yeux devant tant de bêtise. Le premier exemple qui vient en tête, c’est lorsque les nanas se défendent face aux méchants en leur faisant des smatchs avec des ballons de volley. Graphiquement putassier avec des ralentis et des gerbes de sang, ce passage semble en dehors du temps et même en dehors du film tant il est ridicule et montre bien à quel point Olivier Afonso ne sait que faire de son métrage. On regrettera aussi des filles qui enfoncent des portes ouvertes sur leurs relations. La sublime Manon Azem sera rapidement cataloguée méchante du film, alors que le couple lesbien se voudra assez masculin avec des remarques sexistes et un talent pour réparer les voitures. On notera aussi des histoires de tromperie qui éloigneront certaines filles ou encore des remarques sur le physique disgracieux de l’une d’entre elles. Bref, de l’humour basé sur la moquerie qui prend le dessus sur l’humour de situation ou le grotesque, plus rafraîchissant quand il est maîtrisé, notamment sur le monologue d’Artus dans le van, lorsqu’il insulte les filles qui ne font que se disputer. On ressent tout de même un gros manque d’écriture et de finesse sur l’ensemble.

Visuellement, le film est plutôt intéressant. Oliver Afonso utilise tout l’espace pour tenter de fournir quelques passages qui titillent la rétine. Le final dans la pièce en clair/obscur est plutôt sympathique, certains effets spéciaux sont plutôt réussis et on notera une mise en scène plutôt classieuse à défaut d’être totalement réussie et de proposer des nouveautés. Néanmoins, le montage contient quelques scories qui cassent le rythme. Le film se divise en trois groupes, deux avec trois filles et un avec Artus tout seul et sa conscience, et le film essaye d’alterner les phases entre chaque groupe, mais cela ne fonctionne pas vraiment car c’est fait de manière assez anarchique. Certains dialogues se retrouvent coupés en plusieurs parties et tout cela hachure la rythmique que veut imposer le film, allant d’une frénésie à une autre. Tout cela ne tient pas vraiment debout, tout comme les différents caméos qui se cachent dans le film (Guillaume Canet en chef scout, Thomas VDB et Mathieu Madénian en tueurs muets), prouvant, si besoin l’en était que l’on tient plus un film entre potes qu’un vrai film avec du fond. On pourra toujours y trouver quelques allusions faussement féministes avec des femmes fortes, et quelques références à peine dissimulées, mais globalement, le film possède trop de défauts pour pleinement convaincre.

Au final, Girls With Balls est un film potache et volontairement grossier qui se veut être un gros délire dans la veine des Shaun of the Dead, Severance ou encore Lesbian Vampire Killers.Malheureusement, le film souffre de beaucoup de défauts et notamment d’une absence d’écriture dans ses personnages et dans son histoire, montrant là un délire festif entre copains plus qu’une véritable œuvre de septième art. Si certains concepts sont plutôt marrants comme les chansons d’Orelsan, le film demeure trop décousu et se repose finalement trop sur la prestation géniale d’Artus pour convaincre pleinement. S’il faut sans cesse encourager ce genre de production française, qui n’arrive jamais à faire des films bis, voire Z, intéressants et touchant un grand public, il faut aussi avouer les faiblesses d’un métrage qui n’est pas assez solide, malgré tout l’amour du genre par son auteur…

Note : 07/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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