AFI – AFI (The Blood Album)

Avis :

Plus les années passent pour les groupes, plus les styles changent et évoluent. Si certains groupes deviennent plus violents et virulents, comme pour AqME par exemple, d’autres se sont bien calmés et ont même carrément changé de style, à l’image de Linkin Park et sa lente dérive vers de l’électro poussive. On peut aussi noter le changement d’orientation de groupes comme Devildriver qui mélange maintenant dans la country à son Groove Métal. Mais le plus étonnant va provenir de AFI, groupe de punk, à la base, fondé au milieu des années 90 aux Etats-Unis. Le groupe va effectuer pas moins de trois changements de style durant sa carrière sans pour autant changer de line-up. Le quatuor commence alors avec du punk hardcore au chant crié, s’inspirant de Sick of it All, avant, après quatre album, de vriller pour du horror punk, un peu plus accessible, mais aux looks complètement improbables. Néanmoins, ce n’est pas avec ce style que AFI se fait connaître du grand public. En 2006, la formation signe avec le label de Dreamworks pour un énorme changement de style, allant plutôt vers le pop rock et le mainstream. Sort alors Decemberunderground, le septième album du groupe et le hit en puissance Miss Murder, et c’est la porte ouverte pour un succès public immédiat. Les fans de la première heure seront bien évidemment déçus, mais ce label leur permet de s’ouvrir à un public plus large. Aujourd’hui, AFI en est à son douzième album et on peut clairement dire que la phase Emo est terminée, même si on retrouve quelques traces par-ci, par-là.

Le skeud débute avec Dark Snow et malgré l’aspect rougeoyant de la pochette, il faut croire que c’est le blanc qui a donné des motivations au groupe. Pour autant, le morceau débute de façon assez sombre, avec toujours ce petit côté Emo qui a fait le succès du groupe. Mais très rapidement, le chanteur pose sa voix sur une rythmique en mid-tempo qui n’est pas désagréable, avant de lâcher un refrain un peu plus pêchu, même si cela reste assez mou du genou. Il faut dire que le groupe se contente ici du minimum et semble vouloir faire simple pour renouer avec un succès un peu passé aujourd’hui. Still a Stranger et sa guitare acoustique en début avant de livrer une mélodie très accrocheuse et plus punk est efficace. Le morceau s’avère assez simple dans sa structure, mais il est plus entrainant que le précédent titre et surtout, il montre toute la palette vocale du chanteur qui possède un bel organe. Aurelia, qui arrive juste après, est par contre une petite baffe dans la tronche. Très calme, avec des paroles simples mais d’une douceur extrême, le groupe livre une prestation ultra touchante et un morceau de rock original, entre la ballade et le hit en puissance. C’est beau et doté d’une belle ambiance. Bref, un gros coup de cœur sur ce titre. Pour la suite, c’est assez stéréotypé, même si ça reste écoutable. Hidden Knives monte un peu en puissance et démontre que le groupe est toujours capable de faire des morceaux un plus ardus, alors que Get Hurt et Above the Bridge sont des titres assez transparents malgré leur efficacité ponctuelle. Reste So Beneath You et son punk naturel qui donne envie de sautiller de partout.

La seconde moitié de l’album sera du même acabit. Snow Cats est un titre un peu surfait, qui gagne en puissance au fur et à mesure, mais qui s’avère finalement assez classique, et à l’image du groupe, assez inoffensif. On a d’ailleurs bien du mal à voir le groupe jouer sur scène de tels titres, car ils ne sont pas calibrés pour des prestations scéniques. Avec Dumb Kids, mais aussi avec Pink Eyes, le groupe retrouve sa verve d’antan et livre deux pistes très courtes, mais terriblement efficaces. C’est punk dans l’âme, ça bouge beaucoup plus que d’habitude et on ne peut qu’être heureux de trouver un peu d’énergie dans cet album qui en manque cruellement. Mais chassez le naturel, il revient au galop et le groupe propose alors Feed From the Floor, un titre passe-partout inutile et qui ne marquera personne. Cela en est même tristounet, mais c’est globalement à l’image du groupe aujourd’hui, qui peine à retrouver sa meilleure forme. White Offerings fera par contre du bien, allant chercher des ressources dans un Hard Rock plus puissant, notamment vocalement et c’est là l’un des meilleurs titres de l’album. Comme quoi, tout arrive. Malheureusement, les deux derniers morceaux, She Speaks the Language et The Wind That Carries me Away, sont très décevants, n’arrivant jamais à emporter son auditeur, que ce soit dans l’énergie ou dans l’émotion, et cela malgré quelques refrains plus entêtants. Bref, on reste sur notre faim…

Au final, AFI (The Blood Album), le dernier effort en date de AFI, est une petite déception, mais en même temps, on ne s’attendait pas à grand-chose. Si certains titres valent le détour comme Aurelia ou White Offerings, pour le reste, on n’aura pas de quoi sauter au plafond. C’est souvent mou du genou, sans énergie et sans réelle envie d’offrir quelque chose de poignant. Loin d’être désagréable pour autant, ce douzième album est inoffensif, un peu à l’image de ce qu’est devenu le groupe en coupant ses cheveux.

  • Dark Snow
  • Still a Stranger
  • Aurelia
  • Hidden Knives
  • Get Hurt
  • Above the Bridge
  • So Beneath You
  • Snow Cats
  • Dumb Kids
  • Pink Eyes
  • Feed From the Floor
  • White Offerings
  • She Speaks the Language
  • The Wind That Carries me Away

Note: 12/20

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net