Hiver 54 – L’Abbé Pierre

De : Denis Amar

Avec Lambert Wilson, Claudia Cardinale, Robert Hirsch, Bernie Bonvoisin

Année : 1989

Pays : France

Genre : Historique

Résumé :

1954, l’hiver est particulièrement rigoureux et neuf ans après la guerre, la priorité n’est pas au logement. Des sans-abris dorment dans la rue, alors que certains trouvent asile dans la maison de l’abbé Pierre. Ancien député, ancien résistant et créateur des Chiffonniers Bâtisseurs d’Emmaüs, il se consacre aux plus déshérités. Il propose au Sénat le projet de « cités d’urgence » qui le refusera dans la nuit du 3 au 4 janvier. Cette même nuit, un bébé meurt gelé par le froid. Il lance alors un appel poignant à la radio afin de recueillir des dons et le Figaro publie une lettre ouverte.

Avis :

Dans la famille du cinéma français, aujourd’hui, je tire la carte du nom oublié, celui de Denis Amar. Très sincèrement, je n’ai jamais entendu parler du réalisateur, et quand je me penche sur sa filmographie, qui dans un sens est assez conséquente, les titres qui la composent ne me disent absolument rien. Curieux, je suis alors parti à sa découverte sur le net et là encore, je n’avais pas vraiment trouvé grand-chose, ce n’est donc peut-être pas pour rien que le réalisateur ait finalement parti jouer sur le terrain de la télévision avec des séries telles que « Commissaire Moulin« , « Les bœufs Carottes » ou encore « Femmes de loi« .

« Hiver 54, l’Abbé Pierre » est le quatrième long-métrage de Denis Amar et si je m’y suis intéressé, c’est notamment parce que l’excellentissime Lambert Wilson tient le rôle-titre. Long métrage ambitieux qui s’arrête sur une partie on ne peut plus intéressante de la vie de cet homme de bien, Denis Amar livre-là un film qui se suit avec plaisir et charme. « Hiver 54, l’Abbé Pierre« , s’il n’est pas parfait, ayant parfois des problèmes de rythme, aura toutefois l’intérêt de mettre en lumière encore un peu plus les actions de cet homme et l’instruction fut vraiment plaisante.

Hiver 1954, la température est polaire et le thermomètre descend en permanence sous les -15 °C. Alors que la politique sociale du gouvernement en place stagne, et que les expulsions d’hommes, de femmes et d’enfants sont monnaies courantes, l’Abbé Pierre ne peut rester sans rien faire. Audacieux, il lance alors un appel à la radio, pour que chacun, dans la mesure de ses moyens, vienne en aide à ces invisibles, dont le sort n’a pas l’air d’inquiéter grand monde. Alors que le gouvernement ne comprend pas le sens du message, commence en France la révolution de la bonté…

L’Abbé Pierre, qui ne connaît pas son nom. Mais derrière le nom, il y a l’homme et je dois avouer que je ne connais pas son histoire et le film de Denis Amar est donc une bonne occasion d’en apprendre un peu plus sur l’homme. Comme son titre l’indique, « Hiver 54, l’Abbé Pierre » n’est pas un film qui va raconter la vie entière de l’Abbé. Non, « Hiver 54 … », c’est une tranche de vie que va mettre en lumière Denis Amar. Une tranche de vie qui se déroule donc pendant l’hiver 1954 à un moment crucial de la vie du Père, mais aussi de la vie politique française et plus largement de la vie du pays.

Ce qui fut très bon avec le film de Denis Amar, c’est l’instruction qu’il offre. Plongé dans une belle reconstitution d’époque, le réalisateur français nous invite à suivre le Père et ceux qu’il a recueilli et aidé dans son combat contre les expulsions, du moins en hiver. Bien écrit, bien pensé et bien raconté, malgré ses petits coups de mou, l’intrigue se passe dans les années 50 et pourtant elle résonne comme encore très actuelle, et c’est ce qui fait l’une des forces du film de Denis Amar. A travers le combat de son personnage principal, parfaitement tenu par un Lambert Wilson habité qui, si la ressemblance n’y est pas, le comédien arrive très facilement à nous convaincre et nous emporter, « Hiver 54, l’Abbé Pierre » évoque tout un tas de sujets qui résonnent comme encore actuels, la misère, la difficulté de vivre et de vivre de son travail. Le film aborde des projets sociaux qui sont importants, le mal-logement, les expulsions en plein hiver. Comme on pouvait l’imaginer, le film de Denis Amar est une œuvre politique et s’il ne tombe pas dans le pointage du doigt, il expose très bien ses idées, son propos et rend par la même un joli hommage à l’Abbé, livrant un film humain, touchant et tristement beau. Un film qui nous dit de dépasser les limites et d’oser pour défendre une cause.

Si dans son scénario, le film de Denis Amar demeure bon, voire même très bon, on notera toutefois que la mise en scène n’est pas toujours juste. S’il est clair que Denis Amar avait de l’ambition, le film n’a pas toujours un rythme égal et souffre de quelques coups de mou et de répétitions. De plus, si les sujets et autres thèmes sont bons, on peut reprocher à Denis Amar de faire parfois dans le bon sentiment, ce qui peut avoir tendance à nous sortir, l’espace de quelques instants, de l’intrigue. Heureusement, le réalisateur se rattrape toujours et malgré tout, on suit son film avec plaisir et intérêt.

Je ressors donc satisfait de cette première incursion dans le cinéma de Denis Amar. « Hiver 54, l’Abbé Pierre » demeure un bon et joli film, qui de surcroît se fait intéressant et instructif. Bref, pour faire simple, c’est une bonne découverte qui mérite son coup d’œil, au moins une fois.

Note : 12/20

Par Cinéted

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