Conquêtes T.01 – Islandia

Auteurs : Jean-Luc Istin et Zivorad Radivojevic

Editeur : Soleil

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Les vaisseaux humains sont arrivés en vue de l’exoplanète Islandia. L’oberleutnant Kirsten Konig, à peine réveillée, est envoyée sur la planète de glace pour entrer en contact avec les Islandiens.

Avis :

La série Conquêtes des éditions Soleil est un concept que ses auteurs et dessinateurs semblent apprécier et qui est aussi très aimé des lecteurs. Les séries Oracle, Elfes, Nains, Orcs et gobelins, Androïdes ou Brocéliande sont basées sur le même principe et marchent bien ! Dans Conquêtes, chaque tome détaille la visite d’une exoplanète par une partie de la flotte spatiale terrestre. Bien que cela ne soit pas clairement précisé dans les résumés, on imagine que notre planète n’est plus du tout habitable et que les humains d’alors ont été forcés de la quitter pour pouvoir survivre et recommencer de zéro.

Chaque tome est donc une histoire à part entière, avec des héros et des intrigues complètement différentes. Le nombre de pages se voit ainsi augmenté, par rapport à une BD traditionnelle, plus ou moins en quantité selon les histoires. Chaque auteur nous donne sa vision du nouveau monde qu’il espère trouver et nous détaille la future cohabitation avec les autochtones et les problèmes qui en découleront. Pour rester cohérent dans les critiques, chaque tome aura la sienne sur le site lavisqteam.fr.

Le premier tome, Islandia, se déroule sur une planète glaciaire. Cette dernière n’apparaît pas comme hostile et ses habitants accueillent nos héros avec simplicité. Ils ressemblent à des humains, marchent sur deux jambes et ont une langue bien à eux, mais ils sont bleus et supportent apparemment bien le froid. Ils sont très mystérieux, tant pour les lecteurs que pour les terriens qui essayent d’établir le contact. La BD nous en apprend un peu plus sur eux au fil des pages, bien que cela reste minime. Le centre de la BD n’est pas ici et cela se ressent, ce qui n’est pas gênant. Les conquérants sont à l’honneur, et ce n’est pas forcément une bonne chose pour eux !

L’héroïne, Kirsten Konig, plutôt froide et distante, a un caractère bien trempé, et on l’apprécie rapidement malgré cette distance. Un peu rebelle sur les bords, elle n’hésite pas à dire ce qu’elle pense et à contourner les ordres, ce qui n’est clairement pas bien perçu par ses supérieurs ou ses collègues. Sa vie de famille est compliquée et seule sa fille semble lui faire battre son cœur. Cette relation privilégiée est touchante et émouvante.

On ressent chez elle une envie de justice et de faire le bien. Elle veut recommencer une nouvelle vie et ne pas refaire les erreurs du passé, qui ont mené à la destruction de la Terre. Femme forte jusqu’au bout et assumant ses choix, Kirsten ne déçoit pas. Le fait qu’elle ne flanche jamais, ou presque, et qu’elle donne la sensation d’avoir toutes les clés en main, est un peu dommage. Il aurait été intéressant qu’elle s’ouvre plus aux lecteurs, pour que son personnage ait davantage de facettes et de complexité.

L’histoire mêle science-fiction et fantastique d’une manière subtile. On ne le voit pas venir ! Ce parallèle est intéressant et est la source de conflits majeurs au sein de la flotte spatiale. Il n’y a pas vraiment de méchants ou de gentils dans cette histoire. On retrouve principalement, comme trait problématique, le besoin de domination de l’Homme, et cette envie irrépressible va le mener, une fois de plus, à sa perte. La fin de ce tome apporte un message de paix intéressant et change la donne. L’humain a ses parts d’ombre et de lumière.

Les personnages sont crédibles, même si l’amiral, le chef de Kirsten, paraît quelque peu cliché, notamment lorsqu’il croit sans discuter de fausses preuves données par ses supérieurs, ou quand ses ordres ne sont pas très réfléchis. On ne voit pas beaucoup l’équipe de Kirsten et c’est dommage. Leur présentation les faisait ressembler à une équipe de bras cassés plutôt atypique, mais nous ne sommes pas amenés à les côtoyer beaucoup, si ce n’est dans l’espace, en tant que flotte unifiée, ou dans les profondeurs. Ils manquent de personnalité quand ils sont ensemble.

Un peu comme à la Avatar, le film de James Cameron, on a l’impression que le scénario de ce tome un n’est pas vraiment nouveau car il en reprend plusieurs idées. En effet, on sent quelque peu l’intrigue et les révélations venir. Nous ne sommes ainsi pas énormément surpris à la fin, tant l’auteur a laissé de pistes et tant l’idée n’est pas spécialement innovante. Cependant, la conclusion est intelligente et bien écrite, et rassure le lecteur qui avait bien tout compris. Les dernières pages apportent malgré tout de petits évènements que l’on n’attendait pas tournés de cette manière, et quelques coups bas aux répercussions intéressantes. Le côté fantastique est plaisant à voir évoluer et s’intègre parfaitement à l’univers.

Un petit aspect mythologique est également incorporé, avec quelques passages sur les dieux nordiques, un des héritages culturels de nos héros. Il est plutôt intéressant de voir toutes les transpositions faites d’une planète à une autre de se rendre compte que notre vision des faits peut être altérée par tout ce que l’on a vécu auparavant.

Ce tome un, Islandia, est un bon début pour la série, bien que toutes les idées du scénario ne soient pas particulièrement novatrices. Le rythme est bien mené, on ne s’ennuie pas sur les plus de soixante-dix pages. L’histoire progresse d’une manière agréable, apportant son lot de suspense et d’horreur. La violence est présente, aussi bien physique que psychologique. Le message sur l’Homme était attendu mais passe bien, sans être lourd. Enfin, les dessins sont époustouflants et on se sent complètement immergés dans cette histoire spatiale, un peu ésotérique.

Le début de la série Conquêtes est prometteur !

Note : 16/20

Par Lildrille

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